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Dès l’instant où vous suivez quelqu’un, vous cessez de suivre la Vérité.
Krishnamurti

Etiamsi omnes,
ego non.


Je crois que la police de caractères la plus vendue et la plus utilisée dans le monde est le Garamond...
et ça, ça me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je préférerais me faire examiner la prostate en direct à la télévision par un type aux mains bien froides plutôt qu’avoir une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie est un métier ancien et simple. Très simple. Aussi simple que de jouer du violon. Mais guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait que nous soyions courageux, pourquoi nous a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie soulève le voile sur la beauté cachée du monde.
Sei Shonagon


Si hoc legere scis nimium eruditionis habes.
Anonyme


La typographie est le seul art ayant la discrétion pour principe.
Jérôme Peignot


Quand l'avenir a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir une menace?
Chuck Palahniuk


L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol


On peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové


Je parle pas aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard


Sème le trouble et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec


Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du diable.
William Blake


Si ayant frappé quelqu'un sur une joue, il te tend l'autre, frappe le sur la même, ça lui apprendra
à faire le malin.
Cavanna


La vie est la jeunesse de l'immortalité
Goethe


Choucroute ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence


Ce monde ne fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais


On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
A. Nothomb


Un tueur est un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres que le commun des mortels.
A. Nothomb


La mort est le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne pas trop faire les malins.
/.

 

La règle du Je...

>[Le Blog de Graphos] est un endroit de liberté, ivre de plume et de peinture, de convivialité, d’amitié et de partage - sans aucune publicité d’aucune sorte – ni pop up… ni virus. >[Le Blog de Graphos] est consacré à la calligraphie latine, à l’enluminure, au mail art, aux écritures d’Orient et d’Occident, aux contre-écritures aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la Rustica du Ve siècle…, les membres de Graphos vous proposent de vous exprimer sur l’actualité du moment, de notre quotidien, de vos journées, livres, expos, films ou états d’âmes… Nos lectures, vos passions, nos coups de cœur, vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement sur >[Le Blog de Graphos]. Vous êtes artiste graphique ou simple passionné, calligraphe professionnel ou enlumineur, animateur, membre ou président d’une association, vous désirez nous faire partager vos envies, qu’elles soient tentations ou démangeaisons… >[Lire la suite...]
 
 

 Octobre 
 
 22/11/14  TV Voynich is back…

[Voynich is back…] Tel un serpent de mer qui apparait une fois de temps en temps, tel les marronniers qui encombrent notre presse magazine (les salaires des cadres, le mal de dos, le classement des hôpitaux, des lycées…) le manuscrit Voynich revient au premier plan de l’actualité, mais cette fois-ci c’est pour notre plus grand plaisir. Enfin le plaisir de ceux qui se trouvent assez payés, qui n’ont pas mal au dos et se fichent des classements sur des critères plus ou moins bidons, quand ils ne sont pas financés par ceux-là même qui prétendent se faire casser « objectivement ».

Donc à découvrir sur Arte pendant encore quelque jours grâce à la magie d’internet, un documentaire sur ce célèbrissime manuscrit dont nous avons déjà moultes fois parlé dans cette colonne. Vous ferai-je l’outrage de vous le représenter ? Bon alors pour ceux qui lirait ceci au delà de la date fatidique où Arte ne le proposera plus à la rediffusion personnalisée, donc jeudi 27 novembre si mes calculs sont exacts, sachez que c’est un manuscrit qui concentre tous les ingrédients du mystère : son auteur n’a jamais pu être identifié, sa provenance est loin d’être éclaircie, il reste nombre de trous noirs dans son histoire mouvementée et surtout, il est écrit dans un alphabet, si c’en est un, totalement inconnu et à nul autre pareil, comprenant des illustrations dont le style semble venir d’un autre monde, même si on y voit de ci de là quelques figures reconnaissables. Bref, un idéal de casse-tête pour tous les cryptographes amateurs ou professionnels qui ne se sont pas privés d’émettre un nombre incroyable d’hypothèses sur ce qu’il signifie réellement, depuis, bien entendu, les extra-terrestres, les illuminati ou autre ordre secret, un fou littéraire ou bien tout simplement le canular du millénaire.

Profitez donc vite de ces quelques jours pour visionner ce documentaire, je doute qu’il apporte quoi que ce soit de nouveau au dossier déjà fort épais de tous les mystères qui entourent ce document mais au moins, il nous distrait intelligemment pendant une petite heure.

>[Emmy Staire]

   
 19/11/14  .arg Marina Soria

[Marina Soria] Je vous en parlais pas plus tard qu'il y a quelques jours, aller voir les travaux des calligraphes étrangers est un réel enrichissement tant ils nous sortent de notre carcan, souvent inconscient, qui nous porte à l'inspiration éternelle devant nos grands anciens, inspiration qui peut parfois nous former de vraies œillères. Et je me suis conforté dans cette opinion en recevant d’une lectrice fidèle du BdG un lien vers le site d’une calligraphe argentine, Marina Soria. Les plus anciens lecteurs du BdG se souviendront peut-être qu’il y a bon nombre d’années nous avions été contactés par des calligraphes argentins ayant découvert notre blog, ce qui nous avait fait grand plaisir, non seulement parce que c’était une démonstration éclatante qu’internet peut être vraiment un extraordinaire lien pour les passionnés de tout poils de par le monde mais aussi que les calligraphes de tous les pays peuvent se rencontrer et s’apprécier au-delà des milliers de kilomètres qui nous séparent. Bref, je ne sais pas si un lien existe entre ces deux événements, mais le site de Marina montre vraiment tout une série de travaux de grande qualité mais surtout pour nous autres français métropolitains, une grande originalité.

C’est que surtout dans les travaux récents, Marina est sortie du côté historique qui hante toute la calligraphie européenne pour aller vers une démarche plus créative, plus colorée et bien plus originale. Certes vous allez me dire, des calligraphes européens ont aussi su aller dans ce sens, et je ne vous contredirai pas, sortant précisément d’un stage sur le monocondyle plus particulièrement étudiée par Sophie Verbeek. Mais tout le monde n’est pas Marion Andrews et ce genre de démarche est rare, et, pour ma part, je l’apprécie d’autant plus.

Alors prenez le temps qu’il faudra pour visiter ce site, en long, en large et en travers, cliquez sur chaque travail pour en apprécier les finesses, admirez les calligraphies brodées, les sumi-e et les travaux sur toile, vous ne regretterez aucune des minutes que vous passerez à cliquer de ci de là. Et cela vous incitera, j’espère, au grand lâcher prise hors des écritures historiques. Et si vous me dites que cela fait du bien, ce n’est pas moi qui ai suivi dimanche dernier un stage sur le monocondyle (bis) qui vous contredira !

>[Adamo Nocondile]

   
 15/11/14  Aix Typo Apeloig

[Typo Apeloig] Une bonne nouvelle ornait nos panneaux municipaux à Aix ces derniers temps, nous avions sous le nez toutes les informations, il suffisait de chercher pour trouver le bonne nouvelle : Aix accueille depuis fin octobre dernier une exposition sur les travaux de Philippe Apeloig. Ce graphiste d'exception bien qu'encore fort jeune, a déjà derrière lui une œuvre renommée et de grande qualité. Les lursiens fidèles avaient déjà eu la chance de le côtoyer lors d'une de ces sessions d'été qui font le charme de ces Rencontres et pour ma part, je garde un souvenir émerveillé de la présentation d'une sélection de ses affiches. Comme le nom de l'exposition le dit bien, Typo Apeloig, ce qui fait de Philippe Apeloig un graphiste exceptionnel, à mon avis, c'est sa façon d'utiliser la typo pour faire passer le sens, bien loin de ses nombreux collègues focalisés uniquement sur l'illustration. La lettre est très présente dans ses travaux et toujours de façon à ce qu'elle éclaire le propos, et pas seulement comme un simple ornement esthétique. Alors bien sûr, les graphistes ne sont pas des gens célèbres et vous auriez bien du mal à trouver les noms de ceux qui conçoivent les affiches qui ornent (ou souillent) nos rues, mais je suis sûr que vous avez déjà vu des affiches de Philippe Apeloig, et pour vous en convaincre je vous suggère sans plus attendre de vous rendre à la Cité du livre pour les admirer au format d’origine !

Vous trouverez tous les renseignements ici et , et sachez qu’une jeune graphosienne a déjà franchi le Rubicon, a visité cette exposition et m'a que ce qui y est montré est vraiment remarquable. Et comme elle est étudiante en graphisme, vous pouvez la croire !

>[Arletty Paux]

   
 10/11/14  Calli Musée de Moscou

[Musée de Moscou] Une très fidèle lectrice du BdG m'a envoyé un lien vers un très beau musée russe de la calligraphie situé à Moscou, et je n’hésite pas un instant à vous faire partager sa trouvaille. Si je dis un beau musée, c'est que déjà le lieu en lui-même semble magnifique, mais aussi parce que les travaux exposés sont pour beaucoup absolument superbes. Ce que j'aime quand je découvre une pratique de la calligraphie hors de France, c'est que je me rends compte de tous les codes auxquels nous sommes habitués et que nous ne voyons même plus.

Par exemple, en Russie ils utilisent le cyrillique ! Donc une partie de l’équivalent pour nous de nos bonnes vieilles sentences latines sont illisibles. De plus, leur histoire de l’écriture s’est sensiblement écartée de celle de l’Europe occidentale et on découvre des styles jamais vu chez nous, mais qui pourraient fort bien être adaptés à nos vingt-six lettres latines classiques. Et ce n’est qu’une partie du dépaysement car, je ne sais pas si c’est l’héritage de la défunte URSS ou bien une volonté spécifique de ce musée, mais ils accueillent nombre de calligraphes écrivant ce qui semble être des caractères chinois ou arabes.

Si on parcourt les catalogues des différentes expositions et des œuvres qui nous sont proposées, on retrouve les classiques, blocs de textes, sentences à méditer, etc… On retrouve même quelques noms connus montrant que la calligraphie de nos pays proches s’exporte pas trop mal en Russie. Mais on trouve aussi des travaux particulièrement créatifs, colorés, comme cette image qui se révèle en variant la taille de l’écriture des lignes de mots ou bien ce splendide trait de plume, un art qui semble chez nous complètement oublié depuis bien des années.

Notez les multiples masterclass et autres workshop sur des sujets aussi variés que la calligraphie coréenne ou le monogramme.

Prenez le temps de parcourir ce site très bien fait, extrêmement varié, et comportant de multiples ressources qui ont du nécessiter bien du travail, avec ses catalogues, ses visites virtuelles, bref bien des découvertes à faire et des moments de plaisir à visiter page après page.

Ca tombe bien, le week-end prochain est suivi d’un jour férié et pour les heureux « pontistes » nous aurons quatre jours pour aller, virtuellement, faire un petit voyage à Moscou ! En attendant d’aller voir tout ça in real life, bien sûr, lors d’un petit voyage d’études Graphos ?

>[Kalin Kakalin]

   
 06/11/14  ? Le disque de Phaistos décodé

[Le disque de Phaistos décodé] La nouvelle tombe à l'instant sur nos téléscripteurs, mais elle est à prendre avec des pincettes de plus d'un mètre de long, depuis une chambre isolée des rayonnements médiatiques et en ayant bien conscience que l'information vient de médias grand public pour qui tout est bon pour vendre : on aurait déchiffré le disque de Phaistos  !

Pour ceux qui n'auraient jamais eu la chance de voyager en Crète, et croyez-moi c'est une très belle île, à la fois pour les amateurs de vieilles pierres et pour ceux qui préfèrent les plages ensoleillées, le disque de Phaistos est la plus ancienne trace de typographie, au sens propre, puisqu'il s'agit d'un disque d'argile sur les deux faces duquel ont été imprimées en creux, du gaufrage donc, deux spirales de caractères. Le décodage de ces caractères est resté jusqu'à présent une énigme, puisqu'on ne sait ni comment les décoder, ni même quelle langue ils représentent. Comme de plus, le disque de Phaistos est le seul document portant cette écriture, le mystère est resté complet quant à la signification de ce qui y est écrit. Certains archéologues, au vu de la technique utilisée, l’impression à l’aide de typons dans de l’argile fraîche et de l’unicité de cette écriture, ont même suggéré qu’il puisse s’agir d’un faux.

En tout cas, deux chercheurs annoncent aujourd’hui par voie de presse l’avoir déchiffré en dépit de ces difficultés. Et pourquoi les pincettes ? Parce que plusieurs signaux d’alarmes se sont déclenchés lors de la lecture de l’article présentant la découverte. On nous parle tout d’abord de similitude avec la pierre de Rosette, similitude que je peine à trouver puisque la pierre de Rosette, à l’opposé du disque de Phaistos, porte le même texte en trois écritures différentes, ce qui a permis le déchiffrement des hiéroglyphes. Ce n’est absolument pas le cas du disque de Phaistos, sinon le déchiffrement aurait déjà été fait depuis longtemps. On nous parle ensuite d’un « CD-ROM antique » dont personnellement à part la forme ronde et l’écriture en spirale, je ne vois rien de commun entre une galette de polycarbonate gravé par un ordinateur portant un langage ultra-simpliste de 0 et de 1, et ce superbe document de 245 caractères. Enfin, les deux chercheurs annoncent triomphalement avoir décrypté le disque… mais n’en donnent pas le texte, leur article ne dévoie qu’un seul mot, le mot « mère » !

Bref, le coté vulgarisation à outrance de tout ceci me semble bien une nouvelle tentative de créer un de ces « buzz » dont internet est friand et qui permettra aux chercheurs brutalement portés sous les sunlights d’obtenir à leur tour leur quart d’heure de célébrité. Et sans doute aussi, me souffle mon mauvais démon, une augmentation de leur budget de recherche. Les nombreux prétendants au décodage du manuscrit Voynich dont nous nous sommes nous-mêmes fait l’écho de nombreuses fois, ont tout autant usé et abusé de ce genre d’annonces !

De toute façon je sais très bien depuis longtemps que c'est un jeu de l'oie antique !

>[Josepha Ystos]

   
 02/11/14  Boum Peter Kuran, collectionneur

[Peter Kuran, collectionneur] C’est le comble de l’horreur mais aussi parfois le comble de la beauté. Et une démonstration de plus de l’immense diversité de l’humain. Peter Kuran est le génie qui a conçu et réalisé les effets spéciaux de StarWars, ce en quoi des millions de gens lui doivent de longues heures de rêves délicieux. Mais ce n’est qu’un aspect de sa personnalité. Il est aussi collectionneur… de films montrant la détonation des bombes atomiques. Mais oui, vous avez bien lu, il collectionne les films qui ont été tournés lors des essais atomiques pour tenter d’en visualiser le déroulement et les effets. Et pour que personne ne puisse dire « je ne suis pas au courant », il tient une « chaine » YouTube dans laquelle il publie à la vue du monde entier ses trouvailles, depuis le film de propagande sur les avions et missiles qui trimballent au loin ces monstres de destruction jusqu’aux séquences tournées sur les lieux mêmes, à quelques centaines de mètres de la détonation, des explosions comme j’espère, nul d’entre nous n’en verra jamais.

La beauté du diable. C’est ce à quoi m’ont fait penser certains de ces films. Car oui, une énorme boule de feu, dans l’absolu, quand on arrive à s’abstraire du fait qu’elle est causée par un engin destiné à annihiler des milliers de vies humaines, ça peut être beau. Avec les câbles de soutien qui se volatilisent en dessinant une étoile, les diverses couleurs qui apparaissent, ce beau champignon montant doucement dans l’azur immaculé, tels les coprins chevelus qui poussent dans la pelouse devant mon bureau.

Parcourez ces films, dont beaucoup sont, à mon avis, totalement époustouflants. Cela vous démontrera, s’il le fallait encore, l’irresponsabilité de certains des dirigeants de la planète qui n’hésitent pas à faire allusion à leur terrible arsenal comptant des milliers de ces engins pour essayer de rouler des mécaniques et gagner quelques points dans le joutes internationales. Ce que vous voyez sur cette chaine est ce à quoi ils font allusion. Et c’est franchement immonde.

>[Ivy Mike]

PS : bien plus léger et rafraichissant, la seconde édition des films « Dance your PhD » (dansez votre doctorat) est sortie. Ouf, de quoi nous sortir des explosions volatilisations et pulvérisations atomiques.

   
 Novembre 
 
 29/10/14  Uh? Li Hongbo

[Li Hongbo] Vous l’aurez remarqué, je suis souvent très admiratif en art en général et en calligraphie en particulier, devant les idées simples mais créatives. Pas besoin de cache misère, pas de couleurs affriolantes pour masquer les imperfections du trait, pas besoin de plusieurs traits mous là où un seul bien tendu suffirait, bref, atteindre la beauté dans la simplicité est à mon avis la plus grande difficulté dans le domaine artistique.

J’ai donc été particulièrement ravi quand j’ai découvert Li Hongbo, grâce à un de ces petits mails d’amis signalant des individus particulièrement inventifs. Car les œuvres de Li Hongbo sont à la fois simples et créatives. A première vue, on pourrait croire que l’artiste se cantonne dans la reproduction de statues connues, depuis le David de Michel-Ange, jusqu’aux statues égyptiennes voir même parfois des vases antiques et autres sculptures d’inspiration plus contemporaines. Mais rien ne laisserait penser a priori à ce que seuls des films peuvent montrer, puisqu’en fait, chaque sculpture n’est qu’un habile trompe l’œil qui ne révèle la réalité qu’une fois manipulée : les objets sont constitués de milliers de feuilles de papier habilement collées en accordéon que l’on peut séparer légèrement, produisant ainsi dans la vraie vie ce à quoi les effets spéciaux cinématographiques nous ont habitué ces dernières années, élongations, torsions, nœuds, etc… le tout sans changer l’apparence extérieure de la forme de ces objets. L’effet est proprement stupéfiant, surtout bien filmé, et participe autant de la fabrication de la statue que de sa manipulation et de l’expertise du cameraman.

L’artiste semble assez connu puisqu’une recherche sur Google montre des milliers de références. Je vous en ai choisies quelques unes, n’hésitez pas à utiliser votre souris et votre clavier, ou votre doigt si vous utilisez un iPad, pour aller visiter et vous régaler des nombreux films et photographies disponibles sur la toile.

>[Philippa Pied]

   
 25/10/14  01 Langue électronique

[Langue électronique] Il y a des choses que je ne comprendrai jamais. Suis-je devenu un extra-terrestre, moi qui pourtant n'ai jamais décollé de plus de quelques milliers de mètres du sol de notre planète ? Pourtant c'est ce que je me suis dit en tombant tout à fait par hasard sur un article décrivant le problème, semble-t-il ardu, de savoir donner une note aux restaurants proposant des repas thaïlandais. Pour moi, la solution semble simple : on prend un groupe d'experts du domaine, et je me compte éventuellement dedans si c'est un moyen de bien manger sans payer l'addition, et on les envoie faire la tournée des restaurants plus ou moins prestigieux, avec obligation en retour de faire un rapport sur la qualité du repas. Michelin fait ça depuis plus d'un siècle et bien lui en a pris, les grands chefs de par le monde sabrent le champagne quand leur note augmente et vont parfois jusqu'à se suicider, m'a-t-on dit, quand elle diminue. Et ma foi, pour le vulgum pecus que je suis, quand le célèbre guide rouge donne son appréciation sur un restaurant, bien souvent je suis assez d’accord sur ses conclusions.

Cette façon de raisonner n’est visiblement pas du tout du goût de nos amis thaïlandais. Je connais et admire parfois la technophilie extrême-orientale, elle nous a donné de petites merveilles dans le domaine de l’électronique dont bien souvent les européens et étasuniens se sont comment dire « inspirés ». Mais alors là, ce n’est plus de l’amour c’est de la rage ! Et j’espère que nul dans notre pays civilisé n’aura l’envie de les imiter. Car pour résoudre ce problème ils ont tout simplement créé un robot goûteur de nourriture ! Alors-là j’en reste sans voix, mais pas sans clavier vous l’aurez remarqué, pourquoi fabriquer une machine coûteuse alors que sept milliards d’individus se mettraient gratuitement au service de l’avancement de l’humanité pour aller manger dans les restaurants thaïlandais et donner leur avis ?

Bref, je m’imagine, les nuits de cauchemar où j’ai un peu trop abusé de leur délicieux curries ou de leur soupe tom yum, que je suis assis aux agapes graphosiennes, devant une assiette du délicieux velouté aux châtaignes et foie gras de Patricia, avec à côté de moi un belle boite couverte de voyants qui hurle sa rage électronique par une stridente alarme en affichant en rouge clignotant « nourriture infecte » alors que je me régale. C’est en général à ce moment que je me réveille en sueur et me jurant de ne plus jamais reprendre plus de deux fois du poulet au curry rouge.

>[Roberta Ilande]

   
 15/10/14  G Chemins d'écritures

[Chemins d'écritures] Une bien belle après midi que celle de samedi dernier. Elle a réuni une quinzaine de graphosiens et d'amis de Graphos aux Archives Départementales des Bouches du Rhône pour une visite exceptionnelle de l'exposition Chemins d’Écritures dans les locaux de ces mêmes archives, locaux somptueux rue Mirès à Marseille, dans un quartier autrefois bien plus connu pour son côté french connection que pour ses collections de manuscrits !

La première surprise fut de découvrir sur le parvis de nouveaux calligraphes, ou sur le point de le devenir, qui vont nous rejoindre qui aux cours du jeudi, qui aux cours du dimanche. Nous avons eu quelques minutes pour faire connaissance avant que, deuxième surprise, ce soit la directrice des Archives en personne qui se présente à nous pour nous servir de guide dans l'exposition ! Mazette, quelle gentillesse de sa part, gentillesse que nous avons essayé de mériter en essayant de mettre en veilleuse le côté potache du graphosien moyen et en faisant plutôt ressortir ce qu'il a de plus érudit et de plus cultivé.

Il faut dire qu'au vu des documents qui sont présentés dans l'exposition, plus d'un sont restés bouche bée, et c'est rien de le dire, devant le cartulaire de l'abbaye de Saint Victor, cette magnifique charte de Frédéric II ou l'incroyable bulle papale d'Innocent V, dont la qualité d'écriture ferait baver plus d'un calligraphe, et même des plus renommés. Quelle émotion aussi devant les bulletins d'abandons que laissaient des mères en détresse du siècle dernier en abandonnant leurs nouveau-nés et espérant un jour pouvoir les retrouver grâce à ces petits papiers personnels. Une idée intéressante, je trouve, a été de placer dans les vitrines au milieu des objets des archives, des œuvres d'artistes contemporains qui s'expriment sur le thème de l'écriture, et dont beaucoup de travaux font écho aux documents historiques qu’ils avoisinent, soit par leur thème, soit par leur description soit parfois tout simplement par leur esthétique. Ces empreintes de la modernité rehaussent les témoignages que l’histoire nous a légués.

Les commentaires de notre guide nous ont permis de saisir toute la pertinence de relier ces documents entre eux, tant il est parfois difficile de dénicher les concepts communs qui les sous-tendent. Si vous voulez autant comprendre qu'admirer, et nourrir autant votre esprit que vos yeux, prévoyez-donc plutôt une visite guidée. En espérant que vous aurez un guide aussi talentueux que nous l'eûmes.

Après la visite, nous nous sommes retrouvés autour de quelques rafraichissements bien mérités sur la place de la Joliette où la conversation chaleureuse nous a permis de prendre plaisir à nous retrouver après la pause estivale mais aussi à mieux connaître nos nouveaux amis du jeudi et du dimanche. Encore une grande journée graphosienne !

Vous trouverez ici le programme de cette manifestation et des nombreuses conférences sur le thème de l'écriture avec tout une série d'intervenants prestigieux.

>[zeBdG]

   
 8/10/14  Oh! Probatio pennae…

[Probatio pennae et autres gribouillages] De temps en temps un météore dans le monde de l’information grand public nous montre que les journalistes ne sont pas forcément à la recherche du dernier ragot de base, du genre hommes politiques pourris ou infidélité de stars. J’en veux pour preuve cet article de Rue89, dont j’apprends qu’ils ont été rachetés par le Nouvel Observateur, article qui, sous le titre « On gribouillait déjà dans les livres du Moyen Age » passe en revue de détail les diverses probatio pennae ou essais de plumes des scribes médiévaux dans les marges des manuscrits, des plus humbles aux plus célèbres. J’aime beaucoup cette histoire des marges où le scribe se détend de la partie figure imposée du texte en colonnes pour se lâcher dans les marges sous la forme de petites illustrations ou de commentaires parfois assassins. Les scribes devaient parfois copier un texte avec lequel ils n’étaient pas d’accord, alors imaginez-vous Jean-Marie Le Pen devant copier huit heures par jour le traité de la constitution européenne, et comprenez que de temps en temps il aurait besoin de se défouler un petit peu et de dessiner par exemple une petite croix gammée dans la marge, pour se détendre. Souvenez-vous que je vous avais déjà parlé, il y a fort longtemps de cet autre espace de liberté du scribe, le colophon, où on retrouve également de petites textes, dont les plus savoureux ont été regroupés, hélas en anglais, dans un petit livre de Marc Drogin.

Un homme, Erik Kwakkel, a voué ce que j’imagine être de longues soirées à collectionner ces gribouillages et autres probatio pennae dans un album Tumblr, mais il gère aussi un compte Twitter et garnit même un blog sur tout ce qui touche aux manuscrits médiévaux. Si vous êtes anglophones, et que vous avez une souris sous la main, il ne vous reste plus qu’à cliquer… et à vous régaler !

>[Emma Nuscrit]

PS : je remarque de plus en plus l’usage du terme « moyenâgeux » pour désigner ce qui se rapporte au Moyen Âge. Rappelons que ce terme est péjoratif et qu’il conviendrait de l’oublier au profit du terme « médiéval », bien plus classieux comme aurait dit le regretté Serge Gainsbourg.

   
 4/10/14  0/1 Turing revient…

[Turing revient…] Vous avez sûrement déjà entendu parler du test de Turing. Je rappellerai pour les néophytes à la chose informatique qu'il s'agit d’un test permettant, suivant son auteur, de montrer qu’un ordinateur a vraiment atteint le même niveau d’intelligence, quoi que cela puisse être, que l’humain moyen, en disposant deux terminaux côte à côte, l’un opéré a distance par un humain et l’autre par l’intelligence artificielle qu’il s’agit de tester. Lorsqu’une portion suffisamment importante des cobayes placés devant ces deux terminaux n’arrive plus à distinguer qui est un humain et qui est une machine, on estimera arbitrairement que les ordinateurs, en tout cas celui-là, nous a rejoint au sommet de la pyramide de l’évolution.

Et qu’il bénéficie donc de tous les droits ordinairement réservés aux humains, dont bien entendu les 35 heures, ce qui mettra quand même une panique noire dans tous les métiers où l’exploitation 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est la règle pour nos chères congénères de silicium. Et je ne parle même pas du droit de grève que votre téléphone vous opposera quand vous l’aurez laissé tomber par terre une fois de trop ou son droit de retrait quand vous lui aurez eu, par son intermédiaire, une conversation avec trop de fautes de français.

Tout ceci pour vous dire que la réussite au test de Turing est considérée généralement, quand elle aura lieu, comme une bénédiction pour l’humanité qui aura ainsi réussi, à l’égal de son créateur, à construire de nouveaux êtres vivants intelligents. Quoiqu’en voyant ce qui se passe ici ou là dans le monde, je me demande si notre père éternel a vraiment réussi son coup. Il en va bien différemment pour les malheureux informaticiens qui luttent chaque jour contre les pourriels qui encombrent nos boites mails. Pour eux, il s’agit de faire reconnaître par une machine, le serveur de mail, les vrais humains, nous, en train d’expédier un petit mail bien tourné à sa future chère et tendre, d’un ordinateur piraté en train de diffuser à des millions d’exemplaire l’annonce de la baisse de prix sur la dernière livraison de Viagra ou tout autre substance dont l’usage n’est intéressant qu’après la phase de séduction, justement. Pour eux, il importe que la machine reconnaisse les vrais humains biologiques à base de viande, de leurs avatars en silicium. Après la défaite de plus en plus générale de CAPTCHAs de plus en plus illisibles, vous savez ce groupe de lettres qu’il faut saisir malgré le flot de traits de couleurs et de déformations qui en perturbe la lecture, des équipes de chercheurs sont à l’affut pour trouver un moyen à la fois sûr, facile et qui ne requière pas forcément un niveau intellectuel digne de l’entrée à Polytechnique que bien peu d’expéditeurs de mails pourraient atteindre.

Je trouve plutôt drôle de voir que la mode actuelle est à la résolution de petits jeux du type puzzle de maternelle, comme « remets la forme correcte dans le trou qui correspond » ou bien « gare la voiture dans un emplacement de la bonne couleur » voir même « donne à chaque animal la nourriture qui lui correspond ». J’imagine déjà qu’une partie de l’humanité aura du mal à envoyer des mails, soit qu’elle soit vraiment peu éduquée, soit qu’elle se trouve sous l’emprise de diverses substances que je ne décrirai pas ici. On pourrait aussi imaginer, pour la génération suivante, que le test soit plutôt « finis le premier niveau de Tetris ou de Call of duty pour pouvoir envoyer ton mail » auquel cas on verrait des millions de djeun’s encombrer les réseaux de mail, juste pour pouvoir jouer gratuitement avec des logiciels qui sont aujourd’hui payants !

>[Emma Chine]

PS : j’ai de plus en plus de mal à trouver des versions françaises des nouvelles ou articles que je vous propose, malheureusement, soit que les journalistes français répugnent à nous traduire ces informations, soit que les sujets ne les intéressent pas, mais en tout cas le monde de l’internet devient de plus en plus dur pour les non-anglophones. Et je ne vous parle pas des titres de films au cinéma…

   
 Septembre 
 
 30/9/14  Mars Frédo le fada

[Frédo le fada] Si vous lisez attentivement cette colonne, vous avez peut-être remarqué que dans un article récent, je vous proposais deux découvertes… tout en ne décrivant qu’une ! Alors, il est temps, je vous livre la deuxième découverte de ce dimanche, qui a été le texte de « Frédo le fada » de Henri Frédéric Blanc.

L’auteur était présent à la lecture, il en avait lui-même influencé la mise en scène, et il nous a décrit son intention : « si Marseille devait créer sa propre religion, quelle serait-elle ? » Dans ce livre, l’auteur, HFB (c’est plus court), nous narre la vie de Frédo, le seul et unique prophète de cette religion qu’il a créée, tel qu’il reçut un jour l’illumination et tel qu’il tenta de la livrer à la population indifférente. Loin de se vautrer dans les stéréotypes marseillais, c’est un texte plein d’amour pour cette ville, parfois tendre et parfois grinçant, mais jamais complaisant ni dépréciatif. Il sait montrer la beauté de ces personnages excentriques, surtout quand ils sont possédés par une spiritualité qui les dépasse complètement. Parce que contrairement à ce que l’on pourrait croire à la lecture superficielle de ce roman, le propos de Frédo est loin d’être « fada ». Il est même très profond et sous des dehors de galéjade, il pourra faire naitre chez tout un chacun sensible à ce genre de chose, de profondes réflexions que je n’hésiterai pas à qualifier de philosophiques, voir plus (c’est quoi plus ?). Après cette lecture, qui a pu m’en faire apprécier le côté humoristique, surtout servi par de bons lecteurs, il sera absolument nécessaire de se plonger dans le livre pour découvrir, sous des dehors parfois légers, la vraie profondeur du sens.

Coup de chance, ce livre est disponible dans toutes les bonnes librairies aux éditions Fioupelan. Alors lisez-le deux fois, la première pour vous esclaffer et la deuxième pour réfléchir à ce que l’auteur a envie de nous faire vraiment passer, une fois que la rigolade est terminée.

>[Alfredo Lefada]

   
 27/9/14  0€ Enfin livres !

[Enfin livres !] Une initiative intéressante m'a été signalée par une lectrice fidèle de cette colonne. Sous le nom trompeur et pas vraiment explicite de « La gratuité n’a pas de prix », il s’agit de la mise en place dans l’espace public de « boites à livres » dans lesquelles, chacun est invité à déposer mais aussi à prendre, bref, à échanger, des livres. N’importe quels livres. Plutôt des bons si vous avez le choix.

Le collectif est vraisemblablement de la région aixoise car c’est plutôt chez nous que les boites sont installées, mais j’imagine qu’une bonne idée comme celle-là peut facilement s’exporter un peu partout. Par rapport au book-crossing, dont je vous ai parlé en son temps, la boite à livres est d’une simplicité extrême et ne pose aucune contrainte : pas besoin de signaler les livres sur internet, de les marquer ou quoi que ce soit : vous les posez dans la boite et si vous y trouvez l’un ou l’autre qui vous interpelle, vous le(s) prenez. Simple efficace. Et ça marche. J’y ai moi-même placé plusieurs livres que j’avais lus et que je voulais faire partager. Et en retour j’y ai trouvé des livres que j’ai pris grand plaisir à découvrir, des livres, sans doute, que je n’aurais jamais acheté en librairie, ne sachant rien de leur auteur. Alors que là, c’est facile, si le livre me plait, je le lis, s’il ne me plait pas, je le remets dans la boite à livres.
Aux dires du site internet présentant le projet, il y a neuf boites à livres dans la région aixoise qui sont recensées sur un plan facile à consulter. Pour ma part, c’est celle du parc Jourdan que je visite le plus, et vu le public majoritairement étudiant, donc réputé fauché, qui fréquente le parc, elle a un fort débit. Il arrive parfois que du jour au lendemain, le contenu de la boite se soit complètement renouvelé.

Les boites sont fabriquées très simplement par des volontaires à partir de quatre planches et deux tôles. Mais oui, ici, tout est gratuit et c’est à l’opposé de notre monde marchandisé où tout se vend et plus rien ne se donne, voyez les succès des vides-greniers ou des sites du genre le bon coin ou dès que vous avez des vieilleries, au lieu de les donner, vous pouvez, joie et délice du consommateur averti, les vendre et gagner ainsi de l’argent que vous vous empresserez de donner aux centre commerciaux qui forment l’intégralité des centres ville modernes ! Même les pauvres doivent aujourd’hui acheter ce qui autrefois leur était donné ! Et je ne suis pas sûr que ce soit un progrès.

>[Alban Finlivre]

   
 24/9/14  IRL Lecture théâtralisée

[Lecture théâtralisée] J'ai fait deux belles découvertes ce week-end que j'aimerais vous faire partager. Dimanche dernier, au Théâtre de la Fourmi à Manosque, une discrète association aixoise proposait une lecture théâtralisée d’un texte de Henri Frédéric Blanc, « Frédo le fada ». Mais qu’est-ce donc qu’une lecture théâtralisée, vous entends-je vous exclamer du fond de votre connexion internet. Et bien c’est une lecture, donc un texte écrit lu à haute voix, mais qui comporte certains effets de mise en scène qui la rapproche du théâtre. Au lieu qu’un lecteur unique lise le texte du début à la fin, plusieurs personnes se relaient pour lire, chacun endossant la peau d’un personnage par exemple. Il y a plusieurs choses que je trouve intéressantes dans la démarche. La première c’est que comme au cinéma, le spectateur est entièrement concentré sur le texte, pas de téléphone, pas de conversation, pas de distraction, c’est une relation exclusive entre les lecteurs et vous. Un peu la même différence qu’entre le cinéma et la télévision. Le deuxième point, c’est que l’on reçoit le texte de bout en bout. On n’est pas obligé de se dire je lis une demi-heure et je m’arrête, là le spectacle commence au début du texte et se termine à la fin. C’est un moment complet dédié au texte. Et le troisième point, c’est que bien sûr, quand ce sont des lecteurs aguerris qui vous présentent le texte, ils y mettent de l’accent, de l’émotion et du ressenti qui vous remuent bien plus que quand on lit soi-même, et où même en s’y plongeant complètement, il reste tout de même une certaine distance au texte qui est la distance entre le visuel et l’auditif. La lecture théâtralisée gomme cette distance et enrichit le côté auditif par le côté visuel des lecteurs qui vivent leur texte. Bref, une immersion totale que je vous recommande d’expérimenter. Vous allez d’ailleurs pouvoir la vivre IRL si cela vous dit, car les membres de cette association, Actum Culture et Communication, vous serviront « La lettre à Denise » de Gilles Lautrec au Café Culture et Citoyen, dit les 3C, le 14 octobre prochain à 18h. Vous trouverez tous les renseignements ici, qu’on se le dise !

>[Alec Ture]

PS : si vous avez de bon yeux, vous reconaîtrez aisément l'auteur de l'enseigne de ce théâtre…

   
 21/9/14  Lyon Plaques gravées

[Plaques gravées] Bon, il y avait déjà de multiples raisons d'aller à Lyon. Tout d'abord les bouchons où l'on déguste les mille et une spécialités gastronomiques de l'endroit, depuis le saucisson brioché jusqu’au tablier de sapeur en passant par la cervelle de canut ou les quenelles. Bien entendu, à accompagner, avec modération, d’un « pot » de rouge des alentours. Mais bon, difficile de cacher sa gourmandise si on annonce à son entourage qu’on va à Lyon pour s’y remplir la panse. Alors, il faut la jouer subtile. On y va pour aller visiter la cathédrale Saint Jean, ou bien pour aller voir le Musée de l’imprimerie ou bien en dernier recours la basilique de Fourvière et le musée gallo-romain attenant. Mais quand tous ces prétextes sont grillés, si on a déjà tout vu, que trouver ?

Heureusement, Les Amis du musée de l’imprimerie (AMIs donc) ont pensé à nous autres, gourmands. Ils ont commandé à Roger Gorrindo, célèbre graveur lapidaire, six plaques gravées qui vont commémorer six imprimeurs lyonnais ou ayant œuvré à Lyon, parmi les plus célèbres. Ces plaques sont apposées sur les maisons ayant abrité les ateliers des ces imprimeurs, et où ils ont produits ces monuments de l’art typographique qui ornent les musées de la planète, et parfois quelques bibliothèques particulières pour les plus fortunés des amateurs. Et elles sont belles ces plaques, je suis sûr qu’elles pourraient presque faire oublier les lieux qu’elles repèrent, tellement tout l’art de la gravure lapidaire y est condensé dans ces chancelières élancées ou ces capitales romaines élégantes.

Que ce soit pour Husz, Gryphe ou de Tournes, ne manquez pas de faire le tour des emplacements mentionnés ici, cet exercice physique pourra salutairement vous mettre en appétit pour un repas dans un de ces petits bouchons que nous avait fait découvrir le mémorable voyage d’études Graphos dans la capitale des Gaules.

J’en salive rien que d’y penser.

>[Fro le Mage sec]

   
 16/9/14  PTT Vox timbré

[Vox timbré] Sans vouloir me lancer dans un culte de la personnalité d'un autre âge, il faut reconnaître que Maximilien Vox devait être un sacré personnage. Je suis (malheureusement ?) un peu jeune pour l'avoir connu, mais quelques compagnons de Lure qui m'en ont parlé m'ont vraiment fait un portrait de lui particulièrement élogieux. J'ai eu l'occasion de le voir sur un petit documentaire archivé par l'INA où il présente avec Jean Garcia ce qui n'étaient alors que des rencontres dans un cercle très restreint entre gens du métier de l'imprimerie, vaste métier, et qui allaient devenir soixante ans plus tard les Rencontres de Lure regroupant chaque été plus d'une centaine de personnes. Ce qui m’a frappé dans le personnage qu’il affiche dans ce film, c’est à la fois une grande compétence dans le métier mais aussi un genre d’humour que ne peuvent avoir que ceux qui n’ont plus rien à prouver, qui peuvent se permettre de faire des pitreries parce que tout le monde sait que ce ne sont pas des clowns. Alors ne serait-ce que pour avoir su créer ces Rencontres et l’état d’esprit particulier qui y préside, il est normal de rendre hommage à Maximilien Vox.

Et c’est justement ce que vient de faire la Poste. Oui, vous savez, la Poste, c’est une institution datant du fond des âges qui permet de faire parvenir des mails payants imprimés sur papier. Il vous faut pour cela vous munir d’une feuille de papier et d’un de ces objets antique appelés stylos, puis de bouger la main pour reproduire après de nombreux efforts une pâle imitation de ce que votre ordinateur arrivera à imprimer en quelques secondes. Glissez le papier dans une enveloppe, payante elle aussi, notez l’adresse postale de la personne à qui vous voulez envoyer votre lettre, bien plus longue qu’une adresse mail, elle prend parfois plusieurs lignes. Il vous faudra ensuite coller avec votre langue, beurk, une gommette en papier hors de prix vu sa surface, pour que vous n’ayez plus qu’à vous rendre, parfois à pied, trouver ces boites jaunes où votre lettre rejoindra ses semblables. Deux jours après, au mieux, votre correspondant trouvera votre missive dans une des nombreuses boites qui sont dans l’entrée de son immeuble. Si votre adresse est correcte et que tout le système postal fonctionne sans accroc.

Alors certes c’est complexe, mais au moins votre lettre, si elle est correctement calligraphiée, sera BELLE, car vous allez pouvoir y apposer un superbe timbre Maximilien Vox que la Poste mettra en vente le 20 octobre prochain, un timbre gravé à partir d’une photo de Jean Dieuzaide, photographe lursien célèbre et que je trouve assez réussi, le timbre pas Jean Dieuzaide, que je n’ai pas connu non plus.

Bon c’est dit, à partir du 20 octobre, je m’en fais livrer une caisse, je ferme mes multiples boites mail et je fais tout mes envois par la Poste. Voilà une bien belle résolution de rentrée !

>[Quentin Bré]

   
 11/9/14  Calli Portes ouvertes…

[Portes ouvertes…] L'actualité calli-typographique est chargée en ce moment... En rentrant de la librairie "Le lièvre de Mars" pour la rencontre avec les éditions Ypsilon, vous aurez tout juste le temps de sauter dans un TGV pour vous rendre incontinent aux journées portes ouvertes de l'association Calligraphis qui auront lieu ce week-end, samedi 13 et dimanche 14 septembre au 16 rue Visconti, à Paris.

Si vous voulez découvrir la calligraphie latine, arabe, persanne, chinoise ou japonaise, voir même l'enluminure pour les plus audacieux d'entre vous, c'est le moment de vous y rendre pour retrouver le gratin du top niveau des spécialistes de ces disciplines. Ils répondront bien entendu à toutes les questions que vous vous posez sur ces pratiques mais auront aussi sûrement des travaux à vous montrer et des conseils à vous donner. Et si vous croyez tout savoir déjà sur la calligraphie, je suis sûr qu'en regardant les photos qu'ils ont postées sur internet, vous trouverez des techniques que vous n'avez jamais pratiquées, parce qu'il faut dire qu'ils sont créatifs dans leurs sujets de stages, chez calligraphis ! Regardez attentivement la vignette si vous en doutez !

>[Alphonse Ezy]

   
 10/9/14  Cata2 Pierres qui roulent…

[Pierres qui roulent…] Ils ont encore frappé. Mais qu'est-ce qui leur a pris ? Tout allait pourtant bien dans la Vallée de la mort, un des lieux les plus arides de la planète, cet endroit magique à la fois brûlant le jour et glacé la nuit faisait rêver tous les humains un tant soit peu sensibles aux merveilles de la nature, et en plus, il y avait ce mystère des pierres qui avancent toutes seules. Mais oui, dans un recoin de ce morceau de désert, très justement nommé Racetrack Playa, la playa de la piste de course, des pierres parfois pesant plusieurs centaines de kilos avancent mystérieusement toutes seules en laissant derrière elles les traces de leur pérégrination, sans que personne n’ait d’autre explication qu’elles ne soient une forme de vie au métabolisme extra-lent, une bonne farce des extra-terrestres, un lieu de concentration de fluide léviteur issu de je ne sais quel monastère tibétain ou tout simplement le résidu d’un essai secret de la Zone 51. Alors le rêve pouvait avoir lieu et ce minuscule bout de désert devenait magique…

Hélas, il a fallu que débarque une bande de scientifiques avec caméras ultra rapides, balises GPS et autres détecteurs de mouvement ultra sophistiqués. Et bien sûr patatras, ils ont trouvé. Eh oui, au lieu d’une belle explication surnaturelle ou mystérieuse, ils ont compris que ce qui fait bouger les pierres ce n’est que le vent, la glace et une fine couche d’eau qui amollit la boue sur laquelle reposent ces véhicules immobiles. Bref, toute la magie du lieu s’est évanouie, le matérialisme reprend ses droits et il ne nous reste qu’à espérer que ces savants fous ne s’attaquent ni au triangle des Bermudes ni à la grotte de Lourdes !

Au moment où nous mettons sous presse (j'adore cette expression) une autre nouvelle tombe sur nos téléscripteurs (idem), grâce à une analyse ADN incontestable, c'est la première, l’identité de Jack l'éventreur a été formellement déterminée. Il s'agit de Aaron Kosminski, un immigrant juif polonais suspect de longue date. Et alors ? que vont faire les milliers d'amateurs de théorie du complot ? Finies les hypothèses sur le prince Albert Victor, un membre de la famille royale ou bien Lewis Caroll. On retombe dans une réalité sordide bien loin de la magie de ces hypothèses hélas farfelues. Honte à vous messieurs les biologistes !

>[Pierre Kiroule]

   
 7/9/14  Mars! Editions Ypsilon

[Editions Ypsilon] Si vous êtes des lecteurs réguliers de cette colonne, vous ne pouvez pas ignorer l’existence des éditions Ypsilon. Je vous en ai souvent parlé à la sortie de leurs livres les plus marquants de leur « Bibliothèque typographique », ne serait-ce que pour encenser le magnifique « Roger Excoffon et la fonderie Olive » de Sandra Chamaret & Julien Gineste & Sébastien Morlighem, leur incroyable « Le trait » de Gerrit Noordzij, que tout calligraphe doit avoir lu, ou, entres autres, « Un essai sur la typographie » d’Éric Gill. Éditeurs soit de livres tombés dans le gouffre des introuvables soit, souvent, confiant à de jeunes auteurs des tâches insurmontables « faites-moi un livre sur les travaux d’Excoffon à la fonderie Olive », ces éditions sont un incontournable de toute bibliothèque un tant soit peu portée sur l’écriture.

Et bien, nous allons avoir vendredi prochain, 12 septembre, de voir ce nébuleux et abstrait éditeur parisien devenir sous nos yeux concret à la librairie « Le lièvre de Mars » rue des trois mages en notre riante cité phocéenne puisque cette librairie spécialisée en graphisme et typographie, nous invite à rencontrer Isabella Checcaglini et Pauline Nuñez des éditions Ypsilon qui nous présenteront en avant première le livre de Cyrus Highsmith « Espaces du paragraphe : précis de typographie », mais aussi tous les autres livres de la Bibliothèque typographique et des éditions Ypsilon.

Alors, pour une fois que nous avons la possibilité de rencontrer IRL et en chair et en os des éditeurs aussi bien inspirés, n’hésitons pas !

>[Eddy Siontipeau]

   
 3/9/14  Agir La BnF nous sollicite…

[La BnF nous sollicite…] Je vous parlais récemment du problème de la sauvegarde des témoignages du passé livrés à la merci des fanatiques ou des incapables, tous autant destructeurs les uns que les autres, et bien pour une fois, au lieu de nous plaindre, de ronchonner et de déprimer dans notre coin, nous allons pouvoir agir. En effet, la BnF vient pour la deuxième fois de faire appel à la générosité du public pour lui permettre d’acquérir un document que son seul budget ne lui permet pas d’acheter, il s’agit d’un manuscrit enluminé la « Description des douze Césars avec leurs figures » (Tours, vers 1520), classé Trésor national, réalisé pour François Ier et au vu des images proposées, un chef d’œuvre absolument superbe au vu des photos qui nous sont proposées. « Il est l’unique exemplaire d’une série de trois manuscrits pratiquement identiques à pouvoir encore entrer dans les collections nationales, les deux autres exemplaires étant déjà conservés en Suisse et aux États-Unis.

Pour que ce fleuron du patrimoine français rejoigne les collections nationales, la BnF a besoin de votre aide. Soutenez-nous et rejoignez le cercle des mécènes de la Bibliothèque ! » nous dit-on, alors à vos cartes bleues, chéquiers et autres virements, sachez que votre don ne vous coutera que le tiers de la somme que vous donnerez puisque le mécénat pour la BnF est déductible directement au deux tiers du montant de vos impôts sur le revenu.
Vous trouverez toutes les informations sur cette opération sur la page qui lui est consacrée sur le site de la BnF.

>[Edmée Sénat]

   
 Août 
 
 31/8/14  Cata Je suis effondré…

[Je suis effondré…] C'est la cata... comme si les intégristes de tout poil ne suffisaient pas pour détruire les témoignages du passé, des bouddhas d'Afghanistan aux manuscrits de Tombouctou, voilà que les sociétés même qui sont chargées de restaurer les monuments contribuent à les détruire. Et pas n’importe quels monuments, la pyramide de Djoser à Saqqarah, plus ancienne pyramide d’Egypte, construite par le grand architecte Imhotep lui-même. C’est vous dire l’importance de cette pyramide, certes moins grande ou majestueuse que les pyramides de Gizeh, certes aux parois construites en degrés et non pas en un seul plan, mais plus ancienne et surtout associée à celui qui fut non seulement le vizir du roi Djoser, mais aussi médecin, philosophe, architecte, bref un Leonard de Vinci de l’époque, le grand Imhotep. Ce serait même lui qui aurait été divinisé sous le nom de Thot. En tout cas, c’est lui qui inventa la pyramide à degrés, monument qui fut le premier des tombeaux qui font aujourd’hui la gloire des monuments égyptiens. Et pour certains même, un des plus grands initiés d’Egypte, puisque c’est lui qui aurait introduit le mythe osirien, et donc le culte d’Isis, dans la religion égyptienne. Rappelons, que depuis ce temps-là, le culte d’Isis a perduré, traversant les dynasties égyptiennes, puis l’époque grecque et romaine, continuant même à l’époque chrétienne puisqu’on dit que c’est en fait Isis sous les traits d’une vierge noire, qui était encore représentée et donc adorée jusqu’à la révolution au Puy en Velay.

Et tout ce désastre parce que visiblement le gouvernement égyptien (ou ce qu’il en reste) a confié le soutènement de l’ouvrage à une société totalement incapable en la matière qui a carrément reconstruit une partie des murs en un matériau moderne… et qui a tout simplement fait s’effondrer une partie des murs d’origine. Les détails manquent dans les divers articles que j’ai pu consulter et j’imagine que les responsables ne s’en vantent pas, mais je trouve lamentable que des témoignages uniques de notre passé partent ainsi en morceaux alors qu’ils sont irremplaçables et appartiennent au patrimoine de l’humanité et non plus aux pays ou aux gouvernements qui ont la chance de les avoir sur les territoires qu’ils contrôlent. Faudrait-il créer une force de protection de l’ONU pour les protéger ? A deux semaines de la journée du patrimoine, la question a de quoi interpeller.

>[Freddy Motèpe]

   
 23/8/14  eBook Alors oui ou non ?

[Alors oui ou non ?] Le moins qu'on puisse dire c'est que le sujet fait débat. Pas moins de trois articles (ici, et , désolé, en anglais), et donc trois études, citées dans des médias grand public à propos de la lecture sur écran depuis six mois. Il est vrai que s'il devait s'avérer que les appareils de lecture électronique soient réellement incapables de rivaliser avec le médium matériel, papier, parchemin et autres, que nous utilisons depuis la nuit des temps, il serait temps de s'en préoccuper, parce que de nos jours, il faut être un réactionnaire militant pour oser encore dire que l'on lit des livres et non pas un écran. D'ailleurs, si je prends un exemple de la vie réelle, moi, il est clair que je lis bien plus de textes sur écran que sur papier, depuis celui de mon ordinateur jusqu'à celui de mon téléphone en passant par les nombreux afficheurs numériques, écrans dans la voiture ou sur les appareils ménagers, jusqu'aux nouveaux panneaux publicitaires à LED qui bordent nos routes.

Bien entendu, le pli que nous avons pris de systématiquement remplacer les documents papiers par des équivalents, ou prétendus tels, électroniques comporte une face cachée commerciale absolument gigantesque, depuis le marché des liseuses, des ebooks jusqu'aux millions de tablettes et d'ordinateurs portables qui sont chaque année utilisées pour prendre des notes par des millions d'écoliers, de collégiens, de lycéens, d'étudiants et tout simplement d'humains normaux comme vous et moi dans le cadre de leur travail.

Alors qu'en est-il vraiment ? Je pense qu'il en est du texte électronique comme du réchauffement climatique ou des problèmes politiques au Moyen Orient. Les intérêts politiques, financiers et idéologiques qui sont en jeu sont tels qu’il sera pour longtemps impossible de se faire une idée objective. L’étude est-elle financée par Amazon ou bien par l’industrie du papier ? Les résultats sont immédiatement suspects, même si on reconnaitra qu’il parait peu probable qu’une entreprise de yoghourts soit intéressée par ce genre de sujet et en finance l’étude. Elle est demandée par EDF ou bien par le syndicat du livre ? Idem, même s’il faut bien reconnaître qu’il est peu probable que l’amicale bouliste du Parc Jourdan aie les moyens de mettre des sommes conséquentes dans une étude portant sur des centaines d’expérimentations.

Alors je crois que seule l’expérimentation sur notre cas personnel pourrait fournir un semblant de réponse, en tout cas pour l’individu qui nous importe le plus, nous-mêmes. Je dois vous avouer, à ma grande honte et malgré les puissants intérêts idéologiques et financiers qui me portent à promouvoir les médias électroniques, que j’ai lu récemment le sublime Faust de Goethe en livre de poche alors qu’il est du domaine public depuis des lustres et qu’en deux clics j’en ai trouvé le texte sur internet, lisible sur ma liseuse, mon téléphone ou mon ordinateur. Mais après quelques pages lues sur écran, mon grand âge et mon manque d’adaptabilité m’ont fait farfouiller dans les piles de volumes qui encombrent mon logement pour en sortir une vieille édition des années 80, mille neuf cent quatre vingt j’entends, et me plonger avec délice dans ce texte plein de sens, au pluriel, alors qu’il me semble que les premières pages lues sur ordinateur étaient bien moins riches en symboles et en philosophie.

« L’homme raisonnable s’adapte au monde; l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable » disait G.B. Shaw, il reste donc encore de l’espoir !

>[Annie Bouque]

   
 19/8/14  Lien Les guides de CASA

[Les guides de CASA] Au cours des pérégrinations estivales, des errances vacancières ou des déplacements plus ou moins erratiques qui marquent nos journées de congés, il est courant, pour ceux qui savent garder l’œil frais et l’esprit ouvert, de faire de belles découvertes. Oh rassurez-vous je ne vais pas vous asséner une litanie de lieux où vous pourriez trouver de belles écritures, des trésors en pierres gravées ou en beaux livres manuscrits ou typographiés.

Non, je voudrais vous parler d’une organisation qui s’est trouvée sur mon chemin à bien des reprises cet été. La première rencontre a été fortuite. Elle a eu lieu sur le parvis de l’abbatiale Saint Austremoine d’Issoire où nous comptions déjeuner et passer quelques heures au cours d’un de nos déplacements en Auvergne. En passant à côté d’un petit groupe de trois personne, je me rends compte qu’il s’agit d’une visite guidée de l’édifice dont le guide commente en ce moment même la façade. Bigre, me dis-je, profitons de ce puis de science et laissons trainer nos oreilles. Je m’approche et feins justement de me prendre d’un soudain intérêt moi aussi pour cette façade, splendide au demeurant. On en est à l’explication de toute la symbolique de la géométrie de la façade, ce qui me passionne absolument. Et au bout de quelques minutes, je me fais harponner par la guide qui me demande si je veux me joindre à la visite, ce qui est rarissime car souvent les visites sont payantes et sont une redite d’un discours pré-formaté dont il est difficile voir impossible de rentrer au milieu. J’accepte et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de CASA, la Communauté d’Accueil dans les Sites Artistiques.

Cette communauté place chaque été des guides bénévoles dans divers monuments religieux de France en des groupes plus ou moins nombreux suivant l’importance du monument. Et ces jeunes (ou moins jeunes) gens sont à la disposition du touriste curieux qui passe pour proposer gratuitement une visite des églises, abbatiales et autres cathédrales. Mais là où est tout le plaisir, pour le touriste en tout cas, c’est que la visite est beaucoup plus un dialogue entre le guide et ses visiteurs qu’un rabâchage du même sempiternel discours. Comme les visites ont lieu souvent en petits groupes, il est très facile de poser des questions ou de faire des remarques qui vont orienter la visite et fournir au guide l’occasion d’expliciter plus ou moins la symbolique des chapiteaux du chœur ou bien les péripéties de la construction de telle ou telle partie, les usages de tailleurs de pierres ou des sculpteurs voir même les détails de telle ou telle éléments de la liturgie. Du coup, il est vrai que la visite dure souvent assez longtemps, d’abord parce que des monuments construits en de longues décennies ont souvent bien des choses à dire, mais aussi parce qu’entre passionnés, il est facile de se laisser emporter par la joie de rencontrer une âme sœur. Notez que bien que la communauté soit chrétienne à la base, il ne nous fut jamais asséné un discours dogmatique ou prosélyte, il nous est seulement proposé d’apprécier la beauté de l’édifice, qui se trouve être chrétien. En fin de visite il est d’usage de remercier cette association en donnant un don que le guide lui remettra. Je rappelle que les guides sont bénévoles.

Il faut bien avouer que, muni de la carte de localisation de ces guides un peu spéciaux, je me suis fait un plaisir d’aller visiter ces monuments de l’art chrétien auvergnat où chaque fois j’ai rencontré des gens érudits, arrivant à faire passer leur connaissance profonde de l’art chrétien et de l’histoire quelque soit l'auditoire, en s’adaptant au profil de tous les visiteurs. Bref, un régal à chaque fois que nous les avons croisés, et ce fut le cas à de nombreuses reprises cet été !

Un grand merci donc à tous ces individus qui prennent une partie de leur temps de vacances pour faire ainsi apprécier au mieux notre patrimoine commun. Et notez que tous les jeunes entre 18 et 35 ans sont à même d’y participer, même si leurs connaissances en histoire de l’art sont aussi succinctes que celles qu’on leur inculque au collège. C'est une bonne occasion de connaître pour soi et de transmettre aux autres l’émerveillement devant le génie humain.

>[Guy De Bénévole]

   
 15/8/14  Bits Liaisons informatiques

[Liaisons informatiques] Mais que pourrait donc apporter l'informatique à l'histoire de l'art ? Bon, des réponses évidentes et classiques viennent vite à l'esprit : mémoriser et pouvoir ressortir au moindre click de souris des milliers d’œuvres d’art, fournir et analyser les images en infrarouge, ultraviolet ou rayon X de tel ou tel tableau, bref rien qu’une application à ce domaine de ce que l’informatique fournit comme services à n’importe quelle banque ou service de renseignement.

Mais des chercheurs sont allés plus loin. Ils ont créé un programme qui est chargé de rechercher les similitudes de sujet et de composition entre deux tableaux. Cela peut paraître simple dit comme ça, mais apprendre à un ordinateur à reconnaître des objets simples, une chaise, un journal ou un violon est une des choses les plus difficiles et donc les moins maitrisées à faire apprendre à ces débiles tas de silicium. Le défi est donc d’autant plus difficile à surmonter puisqu’il s’agit non pas d’objets de la réalité photographique mais d’objets vus par l’œil averti du peintre et donc représentés sous une forme parfois bien différente de ce que nos yeux de béotiens peuvent percevoir.

Et le plus formidable est que ça semble marcher. Le programme a notamment retrouvé tout seul des influences que les historiens de l’art connaissaient par des témoignages écrits des peintres eux-mêmes. Ainsi Francis Bacon s’est inspiré de Velasquez pour peindre son tableau d’Innocent X, son témoignage en fait foi, et le programme a tout seul, et sans le savoir au préalable, retrouvé la similitude de composition.

Plus dur, il a retrouvé des similitudes entre deux tableaux de Braque et de Picasso, qui ont travaillé ensemble, similitudes dont j’aurais été bien incapable de les trouver moi-même.

Bref, grâce à ce programme, et surtout si les influences sont répétées et multiples, il est possible de trouver des pistes de recherche afin de confirmer, ou d’infirmer, ces divagations électroniques par une réelle recherche dans les archives. Ou bien tout simplement de comprendre un peu mieux la façon dont notre esprit créateur utilise ses perceptions de tous les jours pour créer les œuvres d’art de demain.

>[Madmacs]

   
 1/8/14  SJMM Voyage d'études 2014 (3)

[Voyage d'études 2014 (3)] Nous avons aussi eu la chance de parcourir la forêt de Grandbois guidés par Patrick Berlier, qu’il est inutile de présenter aux lecteurs de « La société angélique » parue aux éditions Arqa, dont la connaissance des lieux et de leur histoire nous a permis à tous d’apprécier ces coins et recoins dont on s’attendait à tout instant à voir surgir des farfadets, des sylves ou même des druides égarés dans notre époque contemporaine. Son érudition sur les endroits parfois fort discrets où ils nous a menés, du Creux du loup aux Grandes rochettes, nous a fait voyager aussi bien du côté des Bons cousins charbonniers, dont quelques témoignages sont encore visibles ça et là, que du Bois paradis ou de la Croix des fosses dont le sous-sol, à l’en croire, recèlerait les nombreux cadavres des victimes d’une lointaine bataille des guerres de religion, bataille que nous eûmes bien sûr la joie de nous voir contée par le menu. Un grand voyage dans le temps et dans l’espace, au cours duquel eu lieu le premier pique-nique graphosien dont le faste gastronomique n'eut d'égal que l'intensité la communion que nous eûmes avec la nature.

Enfin tant que vous visitez la région, ne repartez pas sans avoir vu la Chartreuse de Sainte Croix en Jarez, dans cette magnifique abbaye où pendant que les pères se recueillaient dans la prière et se confinaient en pamoison, les frères convers utilisaient des talents incroyables de maitres de forge pour fabriquer de l’acier destiner à former splendides croix en fer forgé, dont certaines sont encore visibles sur les lieux et dans les villages aux alentours. Hélas, à la révolution, l’abbaye a été vendue et elle est aujourd’hui l’habitation de familles du village qui n’hésitent pas à amener leur voiture dans les lieux historiques, ce qui, à mon avis leur ôte tout de même un peu de charme et de majesté que l’histoire avait su leur donner. Mais en les faisant disparaitre de votre vision et en étant bien attentifs aux mille détails dont l’histoire a marqué le lieu, vous y retrouverez toute la magie de l’endroit et la beauté de ces vieilles pierres.

En tout cas, de bien belles découvertes dans cette belle région, vallonnée et verdoyante, la météo n'y est pas pour rien, une destination que je vous engage à parcourir durant l’été si vous manquez d’idées !

>[Edmond Dupilat]

   
 
 
 

 
 

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