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Etiamsi omnes,
ego non.

Je crois que la police de caractères la plus vendue et la plus utilisée dans le monde est le Garamond...
et ça, ça me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je préférerais me faire examiner la prostate en direct à la télévision par un type aux mains bien froides plutôt qu’avoir une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie est un métier ancien et simple. Très simple. Aussi simple que de jouer du violon. Mais guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait que nous soyions courageux, pourquoi nous a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie soulève le voile sur la beauté cachée du monde.
Sei Shonagon


Si hoc legere scis nimium eruditionis habes.
Anonyme


La typographie est le seul art ayant la discrétion pour principe.
Jérôme Peignot


Quand l'avenir a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir une menace?
Chuck Palahniuk


L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol


On peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové


Je parle pas aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard


Sème le trouble et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec


Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du diable.
William Blake


Si ayant frappé quelqu'un sur une joue, il te tend l'autre, frappe le sur la même, ça lui apprendra
à faire le malin.
Cavanna


La vie est la jeunesse de l'immortalité
Goethe


Choucroute ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence


Ce monde ne fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais


On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
A. Nothomb


Un tueur est un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres que le commun des mortels.
A. Nothomb


La mort est le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne pas trop faire les malins.
/.

 

La règle du Je...

>[Le Blog de Graphos] est un endroit de liberté, ivre de plume et de peinture, de convivialité, d’amitié et de partage - sans aucune publicité d’aucune sorte – ni pop up… ni virus. >[Le Blog de Graphos] est consacré à la calligraphie latine, à l’enluminure, au mail art, aux écritures d’Orient et d’Occident, aux contre-écritures aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la Rustica du Ve siècle…, les membres de Graphos vous proposent de vous exprimer sur l’actualité du moment, de notre quotidien, de vos journées, livres, expos, films ou états d’âmes… Nos lectures, vos passions, nos coups de cœur, vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement sur >[Le Blog de Graphos]. Vous êtes artiste graphique ou simple passionné, calligraphe professionnel ou enlumineur, animateur, membre ou président d’une association, vous désirez nous faire partager vos envies, qu’elles soient tentations ou démangeaisons… >[Lire la suite...]
 
 

 Octobre 
 
 8/10/14  Oh! Probatio pennae…

[Probatio pennae et autres gribouillages] De temps en temps un météore dans le monde de l’information grand public nous montre que les journalistes ne sont pas forcément à la recherche du dernier ragot de base, du genre hommes politiques pourris ou infidélité de stars. J’en veux pour preuve cet article de Rue89, dont j’apprends qu’ils ont été rachetés par le Nouvel Observateur, article qui, sous le titre « On gribouillait déjà dans les livres du Moyen Age » passe en revue de détail les diverses probatio pennae ou essais de plumes des scribes médiévaux dans les marges des manuscrits, des plus humbles aux plus célèbres. J’aime beaucoup cette histoire des marges où le scribe se détend de la partie figure imposée du texte en colonnes pour se lâcher dans les marges sous la forme de petites illustrations ou de commentaires parfois assassins. Les scribes devaient parfois copier un texte avec lequel ils n’étaient pas d’accord, alors imaginez-vous Jean-Marie Le Pen devant copier huit heures par jour le traité de la constitution européenne, et comprenez que de temps en temps il aurait besoin de se défouler un petit peu et de dessiner par exemple une petite croix gammée dans la marge, pour se détendre. Souvenez-vous que je vous avais déjà parlé, il y a fort longtemps de cet autre espace de liberté du scribe, le colophon, où on retrouve également de petites textes, dont les plus savoureux ont été regroupés, hélas en anglais, dans un petit livre de Marc Drogin.

Un homme, Erik Kwakkel, a voué ce que j’imagine être de longues soirées à collectionner ces gribouillages et autres probatio pennae dans un album Tumblr, mais il gère aussi un compte Twitter et garnit même un blog sur tout ce qui touche aux manuscrits médiévaux. Si vous êtes anglophones, et que vous avez une souris sous la main, il ne vous reste plus qu’à cliquer… et à vous régaler !

>[Emma Nuscrit]

PS : je remarque de plus en plus l’usage du terme « moyenâgeux » pour désigner ce qui se rapporte au Moyen Âge. Rappelons que ce terme est péjoratif et qu’il conviendrait de l’oublier au profit du terme « médiéval », bien plus classieux comme aurait dit le regretté Serge Gainsbourg.

   
 4/10/14  0/1 Turing revient…

[Turing revient…] Vous avez sûrement déjà entendu parler du test de Turing. Je rappellerai pour les néophytes à la chose informatique qu'il s'agit d’un test permettant, suivant son auteur, de montrer qu’un ordinateur a vraiment atteint le même niveau d’intelligence, quoi que cela puisse être, que l’humain moyen, en disposant deux terminaux côte à côte, l’un opéré a distance par un humain et l’autre par l’intelligence artificielle qu’il s’agit de tester. Lorsqu’une portion suffisamment importante des cobayes placés devant ces deux terminaux n’arrive plus à distinguer qui est un humain et qui est une machine, on estimera arbitrairement que les ordinateurs, en tout cas celui-là, nous a rejoint au sommet de la pyramide de l’évolution.

Et qu’il bénéficie donc de tous les droits ordinairement réservés aux humains, dont bien entendu les 35 heures, ce qui mettra quand même une panique noire dans tous les métiers où l’exploitation 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est la règle pour nos chères congénères de silicium. Et je ne parle même pas du droit de grève que votre téléphone vous opposera quand vous l’aurez laissé tomber par terre une fois de trop ou son droit de retrait quand vous lui aurez eu, par son intermédiaire, une conversation avec trop de fautes de français.

Tout ceci pour vous dire que la réussite au test de Turing est considérée généralement, quand elle aura lieu, comme une bénédiction pour l’humanité qui aura ainsi réussi, à l’égal de son créateur, à construire de nouveaux êtres vivants intelligents. Quoiqu’en voyant ce qui se passe ici ou là dans le monde, je me demande si notre père éternel a vraiment réussi son coup. Il en va bien différemment pour les malheureux informaticiens qui luttent chaque jour contre les pourriels qui encombrent nos boites mails. Pour eux, il s’agit de faire reconnaître par une machine, le serveur de mail, les vrais humains, nous, en train d’expédier un petit mail bien tourné à sa future chère et tendre, d’un ordinateur piraté en train de diffuser à des millions d’exemplaire l’annonce de la baisse de prix sur la dernière livraison de Viagra ou tout autre substance dont l’usage n’est intéressant qu’après la phase de séduction, justement. Pour eux, il importe que la machine reconnaisse les vrais humains biologiques à base de viande, de leurs avatars en silicium. Après la défaite de plus en plus générale de CAPTCHAs de plus en plus illisibles, vous savez ce groupe de lettres qu’il faut saisir malgré le flot de traits de couleurs et de déformations qui en perturbe la lecture, des équipes de chercheurs sont à l’affut pour trouver un moyen à la fois sûr, facile et qui ne requière pas forcément un niveau intellectuel digne de l’entrée à Polytechnique que bien peu d’expéditeurs de mails pourraient atteindre.

Je trouve plutôt drôle de voir que la mode actuelle est à la résolution de petits jeux du type puzzle de maternelle, comme « remets la forme correcte dans le trou qui correspond » ou bien « gare la voiture dans un emplacement de la bonne couleur » voir même « donne à chaque animal la nourriture qui lui correspond ». J’imagine déjà qu’une partie de l’humanité aura du mal à envoyer des mails, soit qu’elle soit vraiment peu éduquée, soit qu’elle se trouve sous l’emprise de diverses substances que je ne décrirai pas ici. On pourrait aussi imaginer, pour la génération suivante, que le test soit plutôt « finis le premier niveau de Tetris ou de Call of duty pour pouvoir envoyer ton mail » auquel cas on verrait des millions de djeun’s encombrer les réseaux de mail, juste pour pouvoir jouer gratuitement avec des logiciels qui sont aujourd’hui payants !

>[Emma Chine]

PS : j’ai de plus en plus de mal à trouver des versions françaises des nouvelles ou articles que je vous propose, malheureusement, soit que les journalistes français répugnent à nous traduire ces informations, soit que les sujets ne les intéressent pas, mais en tout cas le monde de l’internet devient de plus en plus dur pour les non-anglophones. Et je ne vous parle pas des titres de films au cinéma…

   
 Septembre 
 
 30/9/14  Mars Frédo le fada

[Frédo le fada] Si vous lisez attentivement cette colonne, vous avez peut-être remarqué que dans un article récent, je vous proposais deux découvertes… tout en ne décrivant qu’une ! Alors, il est temps, je vous livre la deuxième découverte de ce dimanche, qui a été le texte de « Frédo le fada » de Henri Frédéric Blanc.

L’auteur était présent à la lecture, il en avait lui-même influencé la mise en scène, et il nous a décrit son intention : « si Marseille devait créer sa propre religion, quelle serait-elle ? » Dans ce livre, l’auteur, HFB (c’est plus court), nous narre la vie de Frédo, le seul et unique prophète de cette religion qu’il a créée, tel qu’il reçut un jour l’illumination et tel qu’il tenta de la livrer à la population indifférente. Loin de se vautrer dans les stéréotypes marseillais, c’est un texte plein d’amour pour cette ville, parfois tendre et parfois grinçant, mais jamais complaisant ni dépréciatif. Il sait montrer la beauté de ces personnages excentriques, surtout quand ils sont possédés par une spiritualité qui les dépasse complètement. Parce que contrairement à ce que l’on pourrait croire à la lecture superficielle de ce roman, le propos de Frédo est loin d’être « fada ». Il est même très profond et sous des dehors de galéjade, il pourra faire naitre chez tout un chacun sensible à ce genre de chose, de profondes réflexions que je n’hésiterai pas à qualifier de philosophiques, voir plus (c’est quoi plus ?). Après cette lecture, qui a pu m’en faire apprécier le côté humoristique, surtout servi par de bons lecteurs, il sera absolument nécessaire de se plonger dans le livre pour découvrir, sous des dehors parfois légers, la vraie profondeur du sens.

Coup de chance, ce livre est disponible dans toutes les bonnes librairies aux éditions Fioupelan. Alors lisez-le deux fois, la première pour vous esclaffer et la deuxième pour réfléchir à ce que l’auteur a envie de nous faire vraiment passer, une fois que la rigolade est terminée.

>[Alfredo Lefada]

   
 27/9/14  0€ Enfin livres !

[Enfin livres !] Une initiative intéressante m'a été signalée par une lectrice fidèle de cette colonne. Sous le nom trompeur et pas vraiment explicite de « La gratuité n’a pas de prix », il s’agit de la mise en place dans l’espace public de « boites à livres » dans lesquelles, chacun est invité à déposer mais aussi à prendre, bref, à échanger, des livres. N’importe quels livres. Plutôt des bons si vous avez le choix.

Le collectif est vraisemblablement de la région aixoise car c’est plutôt chez nous que les boites sont installées, mais j’imagine qu’une bonne idée comme celle-là peut facilement s’exporter un peu partout. Par rapport au book-crossing, dont je vous ai parlé en son temps, la boite à livres est d’une simplicité extrême et ne pose aucune contrainte : pas besoin de signaler les livres sur internet, de les marquer ou quoi que ce soit : vous les posez dans la boite et si vous y trouvez l’un ou l’autre qui vous interpelle, vous le(s) prenez. Simple efficace. Et ça marche. J’y ai moi-même placé plusieurs livres que j’avais lus et que je voulais faire partager. Et en retour j’y ai trouvé des livres que j’ai pris grand plaisir à découvrir, des livres, sans doute, que je n’aurais jamais acheté en librairie, ne sachant rien de leur auteur. Alors que là, c’est facile, si le livre me plait, je le lis, s’il ne me plait pas, je le remets dans la boite à livres.
Aux dires du site internet présentant le projet, il y a neuf boites à livres dans la région aixoise qui sont recensées sur un plan facile à consulter. Pour ma part, c’est celle du parc Jourdan que je visite le plus, et vu le public majoritairement étudiant, donc réputé fauché, qui fréquente le parc, elle a un fort débit. Il arrive parfois que du jour au lendemain, le contenu de la boite se soit complètement renouvelé.

Les boites sont fabriquées très simplement par des volontaires à partir de quatre planches et deux tôles. Mais oui, ici, tout est gratuit et c’est à l’opposé de notre monde marchandisé où tout se vend et plus rien ne se donne, voyez les succès des vides-greniers ou des sites du genre le bon coin ou dès que vous avez des vieilleries, au lieu de les donner, vous pouvez, joie et délice du consommateur averti, les vendre et gagner ainsi de l’argent que vous vous empresserez de donner aux centre commerciaux qui forment l’intégralité des centres ville modernes ! Même les pauvres doivent aujourd’hui acheter ce qui autrefois leur était donné ! Et je ne suis pas sûr que ce soit un progrès.

>[Alban Finlivre]

   
 24/9/14  IRL Lecture théâtralisée

[Lecture théâtralisée] J'ai fait deux belles découvertes ce week-end que j'aimerais vous faire partager. Dimanche dernier, au Théâtre de la Fourmi à Manosque, une discrète association aixoise proposait une lecture théâtralisée d’un texte de Henri Frédéric Blanc, « Frédo le fada ». Mais qu’est-ce donc qu’une lecture théâtralisée, vous entends-je vous exclamer du fond de votre connexion internet. Et bien c’est une lecture, donc un texte écrit lu à haute voix, mais qui comporte certains effets de mise en scène qui la rapproche du théâtre. Au lieu qu’un lecteur unique lise le texte du début à la fin, plusieurs personnes se relaient pour lire, chacun endossant la peau d’un personnage par exemple. Il y a plusieurs choses que je trouve intéressantes dans la démarche. La première c’est que comme au cinéma, le spectateur est entièrement concentré sur le texte, pas de téléphone, pas de conversation, pas de distraction, c’est une relation exclusive entre les lecteurs et vous. Un peu la même différence qu’entre le cinéma et la télévision. Le deuxième point, c’est que l’on reçoit le texte de bout en bout. On n’est pas obligé de se dire je lis une demi-heure et je m’arrête, là le spectacle commence au début du texte et se termine à la fin. C’est un moment complet dédié au texte. Et le troisième point, c’est que bien sûr, quand ce sont des lecteurs aguerris qui vous présentent le texte, ils y mettent de l’accent, de l’émotion et du ressenti qui vous remuent bien plus que quand on lit soi-même, et où même en s’y plongeant complètement, il reste tout de même une certaine distance au texte qui est la distance entre le visuel et l’auditif. La lecture théâtralisée gomme cette distance et enrichit le côté auditif par le côté visuel des lecteurs qui vivent leur texte. Bref, une immersion totale que je vous recommande d’expérimenter. Vous allez d’ailleurs pouvoir la vivre IRL si cela vous dit, car les membres de cette association, Actum Culture et Communication, vous serviront « La lettre à Denise » de Gilles Lautrec au Café Culture et Citoyen, dit les 3C, le 14 octobre prochain à 18h. Vous trouverez tous les renseignements ici, qu’on se le dise !

>[Alec Ture]

PS : si vous avez de bon yeux, vous reconaîtrez aisément l'auteur de l'enseigne de ce théâtre…

   
 21/9/14  Lyon Plaques gravées

[Plaques gravées] Bon, il y avait déjà de multiples raisons d'aller à Lyon. Tout d'abord les bouchons où l'on déguste les mille et une spécialités gastronomiques de l'endroit, depuis le saucisson brioché jusqu’au tablier de sapeur en passant par la cervelle de canut ou les quenelles. Bien entendu, à accompagner, avec modération, d’un « pot » de rouge des alentours. Mais bon, difficile de cacher sa gourmandise si on annonce à son entourage qu’on va à Lyon pour s’y remplir la panse. Alors, il faut la jouer subtile. On y va pour aller visiter la cathédrale Saint Jean, ou bien pour aller voir le Musée de l’imprimerie ou bien en dernier recours la basilique de Fourvière et le musée gallo-romain attenant. Mais quand tous ces prétextes sont grillés, si on a déjà tout vu, que trouver ?

Heureusement, Les Amis du musée de l’imprimerie (AMIs donc) ont pensé à nous autres, gourmands. Ils ont commandé à Roger Gorrindo, célèbre graveur lapidaire, six plaques gravées qui vont commémorer six imprimeurs lyonnais ou ayant œuvré à Lyon, parmi les plus célèbres. Ces plaques sont apposées sur les maisons ayant abrité les ateliers des ces imprimeurs, et où ils ont produits ces monuments de l’art typographique qui ornent les musées de la planète, et parfois quelques bibliothèques particulières pour les plus fortunés des amateurs. Et elles sont belles ces plaques, je suis sûr qu’elles pourraient presque faire oublier les lieux qu’elles repèrent, tellement tout l’art de la gravure lapidaire y est condensé dans ces chancelières élancées ou ces capitales romaines élégantes.

Que ce soit pour Husz, Gryphe ou de Tournes, ne manquez pas de faire le tour des emplacements mentionnés ici, cet exercice physique pourra salutairement vous mettre en appétit pour un repas dans un de ces petits bouchons que nous avait fait découvrir le mémorable voyage d’études Graphos dans la capitale des Gaules.

J’en salive rien que d’y penser.

>[Fro le Mage sec]

   
 16/9/14  PTT Vox timbré

[Vox timbré] Sans vouloir me lancer dans un culte de la personnalité d'un autre âge, il faut reconnaître que Maximilien Vox devait être un sacré personnage. Je suis (malheureusement ?) un peu jeune pour l'avoir connu, mais quelques compagnons de Lure qui m'en ont parlé m'ont vraiment fait un portrait de lui particulièrement élogieux. J'ai eu l'occasion de le voir sur un petit documentaire archivé par l'INA où il présente avec Jean Garcia ce qui n'étaient alors que des rencontres dans un cercle très restreint entre gens du métier de l'imprimerie, vaste métier, et qui allaient devenir soixante ans plus tard les Rencontres de Lure regroupant chaque été plus d'une centaine de personnes. Ce qui m’a frappé dans le personnage qu’il affiche dans ce film, c’est à la fois une grande compétence dans le métier mais aussi un genre d’humour que ne peuvent avoir que ceux qui n’ont plus rien à prouver, qui peuvent se permettre de faire des pitreries parce que tout le monde sait que ce ne sont pas des clowns. Alors ne serait-ce que pour avoir su créer ces Rencontres et l’état d’esprit particulier qui y préside, il est normal de rendre hommage à Maximilien Vox.

Et c’est justement ce que vient de faire la Poste. Oui, vous savez, la Poste, c’est une institution datant du fond des âges qui permet de faire parvenir des mails payants imprimés sur papier. Il vous faut pour cela vous munir d’une feuille de papier et d’un de ces objets antique appelés stylos, puis de bouger la main pour reproduire après de nombreux efforts une pâle imitation de ce que votre ordinateur arrivera à imprimer en quelques secondes. Glissez le papier dans une enveloppe, payante elle aussi, notez l’adresse postale de la personne à qui vous voulez envoyer votre lettre, bien plus longue qu’une adresse mail, elle prend parfois plusieurs lignes. Il vous faudra ensuite coller avec votre langue, beurk, une gommette en papier hors de prix vu sa surface, pour que vous n’ayez plus qu’à vous rendre, parfois à pied, trouver ces boites jaunes où votre lettre rejoindra ses semblables. Deux jours après, au mieux, votre correspondant trouvera votre missive dans une des nombreuses boites qui sont dans l’entrée de son immeuble. Si votre adresse est correcte et que tout le système postal fonctionne sans accroc.

Alors certes c’est complexe, mais au moins votre lettre, si elle est correctement calligraphiée, sera BELLE, car vous allez pouvoir y apposer un superbe timbre Maximilien Vox que la Poste mettra en vente le 20 octobre prochain, un timbre gravé à partir d’une photo de Jean Dieuzaide, photographe lursien célèbre et que je trouve assez réussi, le timbre pas Jean Dieuzaide, que je n’ai pas connu non plus.

Bon c’est dit, à partir du 20 octobre, je m’en fais livrer une caisse, je ferme mes multiples boites mail et je fais tout mes envois par la Poste. Voilà une bien belle résolution de rentrée !

>[Quentin Bré]

   
 11/9/14  Calli Portes ouvertes…

[Portes ouvertes…] L'actualité calli-typographique est chargée en ce moment... En rentrant de la librairie "Le lièvre de Mars" pour la rencontre avec les éditions Ypsilon, vous aurez tout juste le temps de sauter dans un TGV pour vous rendre incontinent aux journées portes ouvertes de l'association Calligraphis qui auront lieu ce week-end, samedi 13 et dimanche 14 septembre au 16 rue Visconti, à Paris.

Si vous voulez découvrir la calligraphie latine, arabe, persanne, chinoise ou japonaise, voir même l'enluminure pour les plus audacieux d'entre vous, c'est le moment de vous y rendre pour retrouver le gratin du top niveau des spécialistes de ces disciplines. Ils répondront bien entendu à toutes les questions que vous vous posez sur ces pratiques mais auront aussi sûrement des travaux à vous montrer et des conseils à vous donner. Et si vous croyez tout savoir déjà sur la calligraphie, je suis sûr qu'en regardant les photos qu'ils ont postées sur internet, vous trouverez des techniques que vous n'avez jamais pratiquées, parce qu'il faut dire qu'ils sont créatifs dans leurs sujets de stages, chez calligraphis ! Regardez attentivement la vignette si vous en doutez !

>[Alphonse Ezy]

   
 10/9/14  Cata2 Pierres qui roulent…

[Pierres qui roulent…] Ils ont encore frappé. Mais qu'est-ce qui leur a pris ? Tout allait pourtant bien dans la Vallée de la mort, un des lieux les plus arides de la planète, cet endroit magique à la fois brûlant le jour et glacé la nuit faisait rêver tous les humains un tant soit peu sensibles aux merveilles de la nature, et en plus, il y avait ce mystère des pierres qui avancent toutes seules. Mais oui, dans un recoin de ce morceau de désert, très justement nommé Racetrack Playa, la playa de la piste de course, des pierres parfois pesant plusieurs centaines de kilos avancent mystérieusement toutes seules en laissant derrière elles les traces de leur pérégrination, sans que personne n’ait d’autre explication qu’elles ne soient une forme de vie au métabolisme extra-lent, une bonne farce des extra-terrestres, un lieu de concentration de fluide léviteur issu de je ne sais quel monastère tibétain ou tout simplement le résidu d’un essai secret de la Zone 51. Alors le rêve pouvait avoir lieu et ce minuscule bout de désert devenait magique…

Hélas, il a fallu que débarque une bande de scientifiques avec caméras ultra rapides, balises GPS et autres détecteurs de mouvement ultra sophistiqués. Et bien sûr patatras, ils ont trouvé. Eh oui, au lieu d’une belle explication surnaturelle ou mystérieuse, ils ont compris que ce qui fait bouger les pierres ce n’est que le vent, la glace et une fine couche d’eau qui amollit la boue sur laquelle reposent ces véhicules immobiles. Bref, toute la magie du lieu s’est évanouie, le matérialisme reprend ses droits et il ne nous reste qu’à espérer que ces savants fous ne s’attaquent ni au triangle des Bermudes ni à la grotte de Lourdes !

Au moment où nous mettons sous presse (j'adore cette expression) une autre nouvelle tombe sur nos téléscripteurs (idem), grâce à une analyse ADN incontestable, c'est la première, l’identité de Jack l'éventreur a été formellement déterminée. Il s'agit de Aaron Kosminski, un immigrant juif polonais suspect de longue date. Et alors ? que vont faire les milliers d'amateurs de théorie du complot ? Finies les hypothèses sur le prince Albert Victor, un membre de la famille royale ou bien Lewis Caroll. On retombe dans une réalité sordide bien loin de la magie de ces hypothèses hélas farfelues. Honte à vous messieurs les biologistes !

>[Pierre Kiroule]

   
 7/9/14  Mars! Editions Ypsilon

[Editions Ypsilon] Si vous êtes des lecteurs réguliers de cette colonne, vous ne pouvez pas ignorer l’existence des éditions Ypsilon. Je vous en ai souvent parlé à la sortie de leurs livres les plus marquants de leur « Bibliothèque typographique », ne serait-ce que pour encenser le magnifique « Roger Excoffon et la fonderie Olive » de Sandra Chamaret & Julien Gineste & Sébastien Morlighem, leur incroyable « Le trait » de Gerrit Noordzij, que tout calligraphe doit avoir lu, ou, entres autres, « Un essai sur la typographie » d’Éric Gill. Éditeurs soit de livres tombés dans le gouffre des introuvables soit, souvent, confiant à de jeunes auteurs des tâches insurmontables « faites-moi un livre sur les travaux d’Excoffon à la fonderie Olive », ces éditions sont un incontournable de toute bibliothèque un tant soit peu portée sur l’écriture.

Et bien, nous allons avoir vendredi prochain, 12 septembre, de voir ce nébuleux et abstrait éditeur parisien devenir sous nos yeux concret à la librairie « Le lièvre de Mars » rue des trois mages en notre riante cité phocéenne puisque cette librairie spécialisée en graphisme et typographie, nous invite à rencontrer Isabella Checcaglini et Pauline Nuñez des éditions Ypsilon qui nous présenteront en avant première le livre de Cyrus Highsmith « Espaces du paragraphe : précis de typographie », mais aussi tous les autres livres de la Bibliothèque typographique et des éditions Ypsilon.

Alors, pour une fois que nous avons la possibilité de rencontrer IRL et en chair et en os des éditeurs aussi bien inspirés, n’hésitons pas !

>[Eddy Siontipeau]

   
 3/9/14  Agir La BnF nous sollicite…

[La BnF nous sollicite…] Je vous parlais récemment du problème de la sauvegarde des témoignages du passé livrés à la merci des fanatiques ou des incapables, tous autant destructeurs les uns que les autres, et bien pour une fois, au lieu de nous plaindre, de ronchonner et de déprimer dans notre coin, nous allons pouvoir agir. En effet, la BnF vient pour la deuxième fois de faire appel à la générosité du public pour lui permettre d’acquérir un document que son seul budget ne lui permet pas d’acheter, il s’agit d’un manuscrit enluminé la « Description des douze Césars avec leurs figures » (Tours, vers 1520), classé Trésor national, réalisé pour François Ier et au vu des images proposées, un chef d’œuvre absolument superbe au vu des photos qui nous sont proposées. « Il est l’unique exemplaire d’une série de trois manuscrits pratiquement identiques à pouvoir encore entrer dans les collections nationales, les deux autres exemplaires étant déjà conservés en Suisse et aux États-Unis.

Pour que ce fleuron du patrimoine français rejoigne les collections nationales, la BnF a besoin de votre aide. Soutenez-nous et rejoignez le cercle des mécènes de la Bibliothèque ! » nous dit-on, alors à vos cartes bleues, chéquiers et autres virements, sachez que votre don ne vous coutera que le tiers de la somme que vous donnerez puisque le mécénat pour la BnF est déductible directement au deux tiers du montant de vos impôts sur le revenu.
Vous trouverez toutes les informations sur cette opération sur la page qui lui est consacrée sur le site de la BnF.

>[Edmée Sénat]

   
 Août 
 
 31/8/14  Cata Je suis effondré…

[Je suis effondré…] C'est la cata... comme si les intégristes de tout poil ne suffisaient pas pour détruire les témoignages du passé, des bouddhas d'Afghanistan aux manuscrits de Tombouctou, voilà que les sociétés même qui sont chargées de restaurer les monuments contribuent à les détruire. Et pas n’importe quels monuments, la pyramide de Djoser à Saqqarah, plus ancienne pyramide d’Egypte, construite par le grand architecte Imhotep lui-même. C’est vous dire l’importance de cette pyramide, certes moins grande ou majestueuse que les pyramides de Gizeh, certes aux parois construites en degrés et non pas en un seul plan, mais plus ancienne et surtout associée à celui qui fut non seulement le vizir du roi Djoser, mais aussi médecin, philosophe, architecte, bref un Leonard de Vinci de l’époque, le grand Imhotep. Ce serait même lui qui aurait été divinisé sous le nom de Thot. En tout cas, c’est lui qui inventa la pyramide à degrés, monument qui fut le premier des tombeaux qui font aujourd’hui la gloire des monuments égyptiens. Et pour certains même, un des plus grands initiés d’Egypte, puisque c’est lui qui aurait introduit le mythe osirien, et donc le culte d’Isis, dans la religion égyptienne. Rappelons, que depuis ce temps-là, le culte d’Isis a perduré, traversant les dynasties égyptiennes, puis l’époque grecque et romaine, continuant même à l’époque chrétienne puisqu’on dit que c’est en fait Isis sous les traits d’une vierge noire, qui était encore représentée et donc adorée jusqu’à la révolution au Puy en Velay.

Et tout ce désastre parce que visiblement le gouvernement égyptien (ou ce qu’il en reste) a confié le soutènement de l’ouvrage à une société totalement incapable en la matière qui a carrément reconstruit une partie des murs en un matériau moderne… et qui a tout simplement fait s’effondrer une partie des murs d’origine. Les détails manquent dans les divers articles que j’ai pu consulter et j’imagine que les responsables ne s’en vantent pas, mais je trouve lamentable que des témoignages uniques de notre passé partent ainsi en morceaux alors qu’ils sont irremplaçables et appartiennent au patrimoine de l’humanité et non plus aux pays ou aux gouvernements qui ont la chance de les avoir sur les territoires qu’ils contrôlent. Faudrait-il créer une force de protection de l’ONU pour les protéger ? A deux semaines de la journée du patrimoine, la question a de quoi interpeller.

>[Freddy Motèpe]

   
 23/8/14  eBook Alors oui ou non ?

[Alors oui ou non ?] Le moins qu'on puisse dire c'est que le sujet fait débat. Pas moins de trois articles (ici, et , désolé, en anglais), et donc trois études, citées dans des médias grand public à propos de la lecture sur écran depuis six mois. Il est vrai que s'il devait s'avérer que les appareils de lecture électronique soient réellement incapables de rivaliser avec le médium matériel, papier, parchemin et autres, que nous utilisons depuis la nuit des temps, il serait temps de s'en préoccuper, parce que de nos jours, il faut être un réactionnaire militant pour oser encore dire que l'on lit des livres et non pas un écran. D'ailleurs, si je prends un exemple de la vie réelle, moi, il est clair que je lis bien plus de textes sur écran que sur papier, depuis celui de mon ordinateur jusqu'à celui de mon téléphone en passant par les nombreux afficheurs numériques, écrans dans la voiture ou sur les appareils ménagers, jusqu'aux nouveaux panneaux publicitaires à LED qui bordent nos routes.

Bien entendu, le pli que nous avons pris de systématiquement remplacer les documents papiers par des équivalents, ou prétendus tels, électroniques comporte une face cachée commerciale absolument gigantesque, depuis le marché des liseuses, des ebooks jusqu'aux millions de tablettes et d'ordinateurs portables qui sont chaque année utilisées pour prendre des notes par des millions d'écoliers, de collégiens, de lycéens, d'étudiants et tout simplement d'humains normaux comme vous et moi dans le cadre de leur travail.

Alors qu'en est-il vraiment ? Je pense qu'il en est du texte électronique comme du réchauffement climatique ou des problèmes politiques au Moyen Orient. Les intérêts politiques, financiers et idéologiques qui sont en jeu sont tels qu’il sera pour longtemps impossible de se faire une idée objective. L’étude est-elle financée par Amazon ou bien par l’industrie du papier ? Les résultats sont immédiatement suspects, même si on reconnaitra qu’il parait peu probable qu’une entreprise de yoghourts soit intéressée par ce genre de sujet et en finance l’étude. Elle est demandée par EDF ou bien par le syndicat du livre ? Idem, même s’il faut bien reconnaître qu’il est peu probable que l’amicale bouliste du Parc Jourdan aie les moyens de mettre des sommes conséquentes dans une étude portant sur des centaines d’expérimentations.

Alors je crois que seule l’expérimentation sur notre cas personnel pourrait fournir un semblant de réponse, en tout cas pour l’individu qui nous importe le plus, nous-mêmes. Je dois vous avouer, à ma grande honte et malgré les puissants intérêts idéologiques et financiers qui me portent à promouvoir les médias électroniques, que j’ai lu récemment le sublime Faust de Goethe en livre de poche alors qu’il est du domaine public depuis des lustres et qu’en deux clics j’en ai trouvé le texte sur internet, lisible sur ma liseuse, mon téléphone ou mon ordinateur. Mais après quelques pages lues sur écran, mon grand âge et mon manque d’adaptabilité m’ont fait farfouiller dans les piles de volumes qui encombrent mon logement pour en sortir une vieille édition des années 80, mille neuf cent quatre vingt j’entends, et me plonger avec délice dans ce texte plein de sens, au pluriel, alors qu’il me semble que les premières pages lues sur ordinateur étaient bien moins riches en symboles et en philosophie.

« L’homme raisonnable s’adapte au monde; l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable » disait G.B. Shaw, il reste donc encore de l’espoir !

>[Annie Bouque]

   
 19/8/14  Lien Les guides de CASA

[Les guides de CASA] Au cours des pérégrinations estivales, des errances vacancières ou des déplacements plus ou moins erratiques qui marquent nos journées de congés, il est courant, pour ceux qui savent garder l’œil frais et l’esprit ouvert, de faire de belles découvertes. Oh rassurez-vous je ne vais pas vous asséner une litanie de lieux où vous pourriez trouver de belles écritures, des trésors en pierres gravées ou en beaux livres manuscrits ou typographiés.

Non, je voudrais vous parler d’une organisation qui s’est trouvée sur mon chemin à bien des reprises cet été. La première rencontre a été fortuite. Elle a eu lieu sur le parvis de l’abbatiale Saint Austremoine d’Issoire où nous comptions déjeuner et passer quelques heures au cours d’un de nos déplacements en Auvergne. En passant à côté d’un petit groupe de trois personne, je me rends compte qu’il s’agit d’une visite guidée de l’édifice dont le guide commente en ce moment même la façade. Bigre, me dis-je, profitons de ce puis de science et laissons trainer nos oreilles. Je m’approche et feins justement de me prendre d’un soudain intérêt moi aussi pour cette façade, splendide au demeurant. On en est à l’explication de toute la symbolique de la géométrie de la façade, ce qui me passionne absolument. Et au bout de quelques minutes, je me fais harponner par la guide qui me demande si je veux me joindre à la visite, ce qui est rarissime car souvent les visites sont payantes et sont une redite d’un discours pré-formaté dont il est difficile voir impossible de rentrer au milieu. J’accepte et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de CASA, la Communauté d’Accueil dans les Sites Artistiques.

Cette communauté place chaque été des guides bénévoles dans divers monuments religieux de France en des groupes plus ou moins nombreux suivant l’importance du monument. Et ces jeunes (ou moins jeunes) gens sont à la disposition du touriste curieux qui passe pour proposer gratuitement une visite des églises, abbatiales et autres cathédrales. Mais là où est tout le plaisir, pour le touriste en tout cas, c’est que la visite est beaucoup plus un dialogue entre le guide et ses visiteurs qu’un rabâchage du même sempiternel discours. Comme les visites ont lieu souvent en petits groupes, il est très facile de poser des questions ou de faire des remarques qui vont orienter la visite et fournir au guide l’occasion d’expliciter plus ou moins la symbolique des chapiteaux du chœur ou bien les péripéties de la construction de telle ou telle partie, les usages de tailleurs de pierres ou des sculpteurs voir même les détails de telle ou telle éléments de la liturgie. Du coup, il est vrai que la visite dure souvent assez longtemps, d’abord parce que des monuments construits en de longues décennies ont souvent bien des choses à dire, mais aussi parce qu’entre passionnés, il est facile de se laisser emporter par la joie de rencontrer une âme sœur. Notez que bien que la communauté soit chrétienne à la base, il ne nous fut jamais asséné un discours dogmatique ou prosélyte, il nous est seulement proposé d’apprécier la beauté de l’édifice, qui se trouve être chrétien. En fin de visite il est d’usage de remercier cette association en donnant un don que le guide lui remettra. Je rappelle que les guides sont bénévoles.

Il faut bien avouer que, muni de la carte de localisation de ces guides un peu spéciaux, je me suis fait un plaisir d’aller visiter ces monuments de l’art chrétien auvergnat où chaque fois j’ai rencontré des gens érudits, arrivant à faire passer leur connaissance profonde de l’art chrétien et de l’histoire quelque soit l'auditoire, en s’adaptant au profil de tous les visiteurs. Bref, un régal à chaque fois que nous les avons croisés, et ce fut le cas à de nombreuses reprises cet été !

Un grand merci donc à tous ces individus qui prennent une partie de leur temps de vacances pour faire ainsi apprécier au mieux notre patrimoine commun. Et notez que tous les jeunes entre 18 et 35 ans sont à même d’y participer, même si leurs connaissances en histoire de l’art sont aussi succinctes que celles qu’on leur inculque au collège. C'est une bonne occasion de connaître pour soi et de transmettre aux autres l’émerveillement devant le génie humain.

>[Guy De Bénévole]

   
 15/8/14  Bits Liaisons informatiques

[Liaisons informatiques] Mais que pourrait donc apporter l'informatique à l'histoire de l'art ? Bon, des réponses évidentes et classiques viennent vite à l'esprit : mémoriser et pouvoir ressortir au moindre click de souris des milliers d’œuvres d’art, fournir et analyser les images en infrarouge, ultraviolet ou rayon X de tel ou tel tableau, bref rien qu’une application à ce domaine de ce que l’informatique fournit comme services à n’importe quelle banque ou service de renseignement.

Mais des chercheurs sont allés plus loin. Ils ont créé un programme qui est chargé de rechercher les similitudes de sujet et de composition entre deux tableaux. Cela peut paraître simple dit comme ça, mais apprendre à un ordinateur à reconnaître des objets simples, une chaise, un journal ou un violon est une des choses les plus difficiles et donc les moins maitrisées à faire apprendre à ces débiles tas de silicium. Le défi est donc d’autant plus difficile à surmonter puisqu’il s’agit non pas d’objets de la réalité photographique mais d’objets vus par l’œil averti du peintre et donc représentés sous une forme parfois bien différente de ce que nos yeux de béotiens peuvent percevoir.

Et le plus formidable est que ça semble marcher. Le programme a notamment retrouvé tout seul des influences que les historiens de l’art connaissaient par des témoignages écrits des peintres eux-mêmes. Ainsi Francis Bacon s’est inspiré de Velasquez pour peindre son tableau d’Innocent X, son témoignage en fait foi, et le programme a tout seul, et sans le savoir au préalable, retrouvé la similitude de composition.

Plus dur, il a retrouvé des similitudes entre deux tableaux de Braque et de Picasso, qui ont travaillé ensemble, similitudes dont j’aurais été bien incapable de les trouver moi-même.

Bref, grâce à ce programme, et surtout si les influences sont répétées et multiples, il est possible de trouver des pistes de recherche afin de confirmer, ou d’infirmer, ces divagations électroniques par une réelle recherche dans les archives. Ou bien tout simplement de comprendre un peu mieux la façon dont notre esprit créateur utilise ses perceptions de tous les jours pour créer les œuvres d’art de demain.

>[Madmacs]

   
 1/8/14  SJMM Voyage d'études 2014 (3)

[Voyage d'études 2014 (3)] Nous avons aussi eu la chance de parcourir la forêt de Grandbois guidés par Patrick Berlier, qu’il est inutile de présenter aux lecteurs de « La société angélique » parue aux éditions Arqa, dont la connaissance des lieux et de leur histoire nous a permis à tous d’apprécier ces coins et recoins dont on s’attendait à tout instant à voir surgir des farfadets, des sylves ou même des druides égarés dans notre époque contemporaine. Son érudition sur les endroits parfois fort discrets où ils nous a menés, du Creux du loup aux Grandes rochettes, nous a fait voyager aussi bien du côté des Bons cousins charbonniers, dont quelques témoignages sont encore visibles ça et là, que du Bois paradis ou de la Croix des fosses dont le sous-sol, à l’en croire, recèlerait les nombreux cadavres des victimes d’une lointaine bataille des guerres de religion, bataille que nous eûmes bien sûr la joie de nous voir contée par le menu. Un grand voyage dans le temps et dans l’espace, au cours duquel eu lieu le premier pique-nique graphosien dont le faste gastronomique n'eut d'égal que l'intensité la communion que nous eûmes avec la nature.

Enfin tant que vous visitez la région, ne repartez pas sans avoir vu la Chartreuse de Sainte Croix en Jarez, dans cette magnifique abbaye où pendant que les pères se recueillaient dans la prière et se confinaient en pamoison, les frères convers utilisaient des talents incroyables de maitres de forge pour fabriquer de l’acier destiner à former splendides croix en fer forgé, dont certaines sont encore visibles sur les lieux et dans les villages aux alentours. Hélas, à la révolution, l’abbaye a été vendue et elle est aujourd’hui l’habitation de familles du village qui n’hésitent pas à amener leur voiture dans les lieux historiques, ce qui, à mon avis leur ôte tout de même un peu de charme et de majesté que l’histoire avait su leur donner. Mais en les faisant disparaitre de votre vision et en étant bien attentifs aux mille détails dont l’histoire a marqué le lieu, vous y retrouverez toute la magie de l’endroit et la beauté de ces vieilles pierres.

En tout cas, de bien belles découvertes dans cette belle région, vallonnée et verdoyante, la météo n'y est pas pour rien, une destination que je vous engage à parcourir durant l’été si vous manquez d’idées !

>[Edmond Dupilat]

   
 Juillet 
 
 28/7/14  SJMM Voyage d'études 2014 (2)

[Voyage d'études 2014 (2)] Et savez-vous que si les papeteries Canson Montgolfier ont ces deux noms accolés, c’est que justement, ce sont les membres de la même famille qui ont créé ces vénérables fabriques mais aussi les premiers aérostats qui portent leur nom ! Alors toute une partie du musée est consacrée à cette conquête du ciel avec moult documents, gravures et autres illustrations sur les débuts de l’envol de l’humanité. Un petit coin est également consacré aux conflits sociaux qui ont émaillé la vie des papeteries, où l’on découvre avec émotion les lettres de plainte des ouvriers ou bien les récits de la solidarité entre employés, bref, une foule de témoignages d’un passé dont les valeurs sont bien passées de mode.

Un bon conseil, prévoyez bien du temps pour pouvoir apprécier la richesse du lieu et l’érudition du guide, vous ne le regretterez pas.

Et puis, tant que vous êtes dans la région, vous pourrez aller voir un des derniers parcheminier de France, au « Musée du parchemin et du cuir », toujours à Annonay où l’on vous expliquera par le menu le long chemin qui mène d’une peau tout juste sortie de l’abattoir à ce précieux matériau quasiment éternel qu’est le parchemin. Eh oui, ceux qui ont eu la chance déjà d’écrire sur parchemin à l’encre gallo ferrique et à la plume d’oie, qui chante encore quand on l’utilise, ont reproduit ces mêmes gestes qui ont procédé en des mains plus habiles (je parle pour moi) à la création de ces merveilleux documents enluminés qui font notre admiration encore aujourd’hui pas loin de mille ans après.

Vous découvrirez les diverses manipulations pour enlever les poils, pour attendrir ou pour affiner cette peau brute qui une fois bien tendue dans un cadre ah doc et laissée sécher le temps qu’il faut, donne cette surface sur laquelle l’encre se dépose sans fuser, sur laquelle on peut gratter et réécrire quasiment sans que cela se voie (merci les faussaires) et surtout, qui une fois diversement calligraphiée et enluminée perdure dans le temps sans varier pour témoigner auprès des générations futures du talent des artisans et artistes du passé. Et au cas où vous seriez intéressés par la tannerie, le musée explique également comment se tanne une peau issue d’un processus partiellement identique pour donner des chaussures, enfin celles qui ne sont pas en plastique, des sacs, même remarque, ou bien tous ces petits objets de la vie courante desquels les matières synthétiques ne se sont pas encore emparés.

(À suivre…)

>[Edmond Dupilat]

   
 24/7/14  SJMM Voyage d'études 2014 (1)

[Voyage d'études 2014 (1)] Il faut que je vous avoue que cette année graphosienne est une grande année. Non seulement parce qu’un stage de juin sur le thème du tatouage est en soi un événement exceptionnel, digne successeur de celui sur les tags qui avait vu une rangée de graphosiens, chacun sa bombe à la main en train de graffiter sur des nappes en papier dans le jardin du couvent. Cette année, nous avons pu chacun nous exercer au maniement de la machine à tatouer, sur une peau artificielle, je vous rassure, nul humain n’a été support de nos folles écritures de ce jour là.

Mais de plus, nous avons eu le bonheur de vivre la semaine dernière un voyage d’études exceptionnel. Quatre jours de pur bonheur chez Patricia et Marc à Saint Julien Molin Molette, où la passion de la gastronomie et celle de l’écriture ont réuni la douzaine de graphosiens et consorts dans une vraie fraternité, avec un agréable équilibre entre humour et sérieux, entre régal des sens et nourriture de l’esprit, bref, un grand moment comme seul Graphos peut en produire. Car Graphos est grand, au cas où vous l’auriez oublié.

Je ne vous détaillerai pas le menu des agapes qui entre nourritures solides et liquides ont été un summum de délices divers et variés. Ce serait trop cruel pour ceux qui n’ont pas été des nôtres, même s’ils ne peuvent que douloureusement le regretter. Je ne vous parlerai pas non plus de ces moments de complicité où la bande des calligraphes, imprimeurs, aquarellistes et consorts se sont retrouvés dans un vrai bonheur d’être ensemble, ces moments de grâce sont ineffables et se doivent d'être vécus.

Non, je vais vous inciter à nous suivre dans nos visites culturelles qui ont régalé les esprits de tout un chacun. Tout d’abord la visite des papeteries Canson Montgolfier. Inutile de présenter leurs produits, je suis persuadé que si vous regardez autour de vous, vous en trouverez un à portée de votre regard. Situées à Annonay, leur musée est un site incontournable si vous voulez comprendre comment est fabriqué le papier, surtout si vous avez la chance comme nous d’être guidé dans vos découvertes par un guide chevronné ayant quarante ans de métier qui pourra vous expliquer chacun des procédés de fabrication, des machines qui les supportent et des produits papetiers si divers, depuis le calque jusqu’au papier vergé, depuis le papier chiffon à la forme jusqu’au A4 de base qui est le support de nos impressions de tous les jours.

Car voir une machine est une chose, mais comprendre comment elle fonctionne, ou même la voir fonctionner sous nos yeux est indispensable pour bien pouvoir comprendre les propriétés du papier et donc mieux les exploiter. Nous avons même eu la chance de pouvoir nous mêmes fabriquer une feuille de papier à la main, précieux souvenir de ce moment donc je doute d’avoir l’audace un jour de l’utiliser pour écrire dessus ! Mais loin de se limiter au papier, le musée propose aussi plusieurs presses à bras et autres machines d’imprimerie, comme de vénérables massicots et même une Linotype en parfait état.

(À suivre…)

>[Edmond Dupilat]

   
 20/7/14  Radio Des idées sous les platanes

[Des idées sous les platanes] Les grilles d'été des stations de radio recèlent parfois de bien belles découvertes, et France Culture, cet été, ne déroge pas à la règle. Après une passionnante « Grande traversée » sur Shakespeare, pour les amateurs dix heures de reportages divers et variés, voici qu’une nouvelle émission « Des idées sous les platanes » nous propose une heure quotidienne de parlottes sur le thème du texte. Alors bien sûr, il y a de tout, plus ou moins passionnants pour les amateurs d'écriture que nous sommes. Comme l'émission est enregistrée à Avignon, un certain nombre d'invités ont une relation étroite avec le théâtre. Mais je vous signale une heure absolument passionnante avec Clarisse Herrenschmidt dont le livre « Les Trois Écritures, Langue, nombre, code » nous avait déjà régalés il y a quelques années avec une vision très particulière de l’histoire de l’écriture plus basée sur le contenu que sur le contenant. A lire absolument si ce n’est pas déjà fait. Puis, plus pour la curiosité une émission avec Pierre Morel un diplomate duquel vous apprendrez tout de l’écriture diplomatique, ses raffinements, ses pièges, ses réussites ou ses échecs. Même Massin est de la partie pour nous parler de ses travaux.

Bon certes, la forme de ces interviews peut agacer tant elle essaye parfois de prendre un style télévisuel, du genre, « répondez en cinq secondes sur le moment le plus important de votre vie professionnelle » alors que laisser l’invité réfléchir un instant permettrait d’obtenir une réponse sans doute moins influencée par son inconscient mais sûrement plus pertinente.

Toutes les émissions sont podcastables depuis la page consacrée à « Des idées sous les platanes » sur le site de France Culture. Ou comment bronzer à la plage sans perdre trop de neurones.

>[Sarah Diaux]

PS : à l'heure où nous mettons sous presse, deux nouvelles tombent sur nos téléscripteurs, la première est que Stella Baruk est l'invité de l'émission du 24 juillet et la deuxième est que les inscriptions aux Rencontres de Lure de cette année sont closes, le nombre maximum de participants ayant été atteint. Je vous avais dit de vous dépécher !

   
 16/7/14  Print Nanostructures

[Nanostructures] Si j'en crois un article mentionné sur le blog le plus célèbre du monde... geek, j'ai nommé Slashdot, une nouvelle technique va bientôt révolutionner le petit monde bien tranquille de l'imprimerie.

Car depuis cinq siècles, on n'avait rien inventé de mieux pour imprimer que de déposer de l'encre plus ou moins colorée sur un support pour obtenir ainsi l'image ou le texte désiré. Certes, les techniques de dépose de cette encre ont énormément varié, depuis les bons vieux caractères en plomb de notre ami Johannes Gutenberg jusqu'aux plus modernes imprimantes numériques dont le laser version Darth Vador permet d'obtenir ces tirages de bien piètre qualité que tout le monde considère comme étant le niveau normal de l'impression de l'époque actuelle. Et je passe sous silence la photocomposition ou l'offset, rien que de subtiles variantes sans jamais changer le principe de base.

Mais depuis peu, des ingénieurs ont réussi à trouver un principe complètement différent pour créer des images. Bon, le procédé est encore balbutiant mais je le crois promis à un bel avenir. Son fonctionnement repose sur une modulation de la lumière réfléchie par des petits plots de quelques millionièmes de millimètres qui font interférer la lumière incidente avec elle même en sélectionnant la seule couleur qui sera réfléchie et que notre œil percevra. C’est exactement ce que fait l’encre, absorber toutes les couleurs sauf celle qui sera réfléchie et qui sera perçue par la rétine, mais par de la chimie, alors que là aucune molécule n'est en jeu. Pour simplifier, c'est une version incroyablement sophistiquée de ces « hologrammes » colorés qui ornent nos cartes de crédit et qui au lieu de ne montrer qu'un bête oiseau, permettent de choisir en tout point et avec tout angle de vision la couleur de la zone qui sera perçue par l'œil humain.

Alors bon, aujourd’hui, le prototype n'arrive qu’à créer des images de quelques millièmes de millimètres de côté mais avec une incroyable précision comme le montre l'article qui en décrit le principe. Et tout est encore à faire, car pour l'instant le procédé ne marche que sur du métal et sur une toute petite surface mais le rendu des couleurs est modulable à l'infini contrairement aux procédés à base d'encre qui sont limités au minimum par la quadrichromie et au mieux par le nombre de passages nécessaires pour rendre à peu près correctement un éventail de couleurs sommaire.

Néanmoins, en attendant le futur plus ou moins proche où ce procédé sera diffusé largement, nos vieilles (?) presses typo ont encore de beaux jours devant elles !

>[Arletty Pau]

   
 12/7/14  Nosce Insoutenables pensées…

[Insoutenables pensées…] Je m'imaginais bien que le monde actuel avec son cortège d'appareils de communication instantanés et collectifs ne nous incitait plus à cultiver notre connaissance de nous-mêmes, transformant notre être intérieur en un désert spirituel digne de celui d'Atacama. Mais la réalité que nous révèle une récente étude fait vraiment froid dans le dos.

Certes la méditation n'a jamais été vraiment le domaine de monsieur tout le monde. Il suffit de voir combien de conducteurs sortent leur téléphone portable à un feu rouge ou dans les embouteillages plutôt que de rester deux minutes seuls avec leurs pensées, alors que cela peut leur couter quatre points de permis si la maréchaussée est dans les environs, pour comprendre que le gnothi seauton, le nosce te ipsum bref le connais-toi toi-même est franchement devenu aussi ringard que le vélo sans assistance ou les mots de trois syllabes. Une étude récente vient de mesurer quantitativement cet effet. Elle a consisté à placer des individus lambda sur une chaise dans une pièce vide et de leur demander de rester un quart d'heure avec leurs pensées pour toute distraction. Savez-vous le résultat ? Plus de la moitié ont trouvé l'expérience « désagréable ». Que penser des yogis qui restent des jours et des jours en méditation ? Que penser des moines zen dont c'est la pratique quotidienne pendant de longues heures ? Des ringards. Imaginez-vous que pendant tout ce temps, il ne savent rien de ce qui se passe dans le monde merveilleux (?) de Facebook ou Twitter ! Bon vous me direz que ceux qui ont été connectés auront certes eu accès à des informations, mais qu'ils les auront oubliées l'heure d'après, tant le flux est constant mais la densité et l'intérêt est faible.

Poussant plus loin l'étude, les scientifiques se sont dit que c'était peut-être parce que la pièce était vide que la sensation était si peu appréciée. Ils ont donc demandé aux cobayes de faire la même expérience chez eux, dans leur environnement familier. Même résultat, si ce n'est qu'en plus, certains ont avoué ne pas avoir réussi à tenir pendant un quart d'heure et avoir triché en regardant leurs ordinateurs ou leurs téléphones. Incroyable.

Alors ils ont décidé d'y aller à fond. Ils ont remis les cobayes dans la pièce vide pour leur quart d'heure de méditation mais avec un bouton qui leur permettait de se donner à eux-mêmes un choc électrique désagréable. J'espère que vous êtes assis, mais deux tiers des hommes ont préféré se distraire en s'administrant une bonne dose d'électricité, quitte à en souffrir, plutôt que de rester un quart d'heure tout seuls avec leurs pensées ! Et ceci en éliminant un cobaye plutôt spécial qui s'est administré 190 chocs électriques en quinze minutes... bon il faut de tout pour faire un monde.

Bref, j'ai bien peur que l’irruption de ces moyens de communications rendus obligatoires ces dernières années par le poids de la prétendue normalité, et la suspicion qui surgit dès que vous en sortez, le monde de la marchandise nous ait bien éloigné de l'illumination que nous promettait le Bouddha, mais aussi nous ait aussi tout simplement fait oublier les bases de la sagesse grecque que l’on prisait encore il n’y a pas si longtemps. Et vous ? Vous êtes plutôt Socrate ou Facebook?

>[Aimé Ditation]

   
 8/7/14  Aïe Désillusions…

[Désillusions…] Il faut le dire, les perfectionnements technologiques n'ont pas que du bon. Déjà au tournant du XXe siècle, Max Weber nous parlait du désenchantement du monde, qui fait que le tonnerre n'est plus le petit Jésus jouant aux boules, légende familiale, ni l'éclair la foudre de Zeus, mais tout simplement la décharge d'un excès d'électrons des nuages vers ou depuis la terre. Bref, le merveilleux disparait derrière la brutale simplification du réel par un retour à l'explication simplement matérielle.

Et ce n'est pas fini. Ainsi notre environnement devient une pure application des lois physiques. Il reste à nous expliquer de façon matérielle pourquoi celles-ci sont ce qu'elles sont et non pas ce qu'elles ne sont pas, et là, je dirais presque heureusement, le surnaturel revient au galop, tel le retour du refoulé : c'est comme ça parce que c'est comme ça, autant dire, parce qu'un être transcendant a conçu le monde ainsi. Ouf, la cause incausée de Kant rentre par la fenêtre puisqu'on l'avait chassée par la porte.

J'ai été tout particulièrement déçu récemment par l'utilisation pour le moins scandaleuse des tests ADN pour déterminer la nature de ces êtres que les crypto-zoologues portent à notre attention depuis des années, comme par exemple les bigfoots américains ou les yétis de l'Himalaya. Hélas, il a fallu un biologiste avide de célébrité pour se lancer dans l'analyse des quelques échantillons issus de ces êtres fabuleux que possèdent certains de nos musées. Et bien entendu, patatras, voilà-t-y pas que bien loin de s'écrier « OMG c'est incroyable, un ADN totalement inconnu », notre savant désillusionneur en chef nous révèle qu'il ne s'agit que de poils de chiens, de chevaux voir même d'humains. La seule découverte un peu inattendue serait que le yéti, en fait un ours des montagnes, partage une partie de son patrimoine génétique avec les ours polaires alors qu'il en est éloigné de plusieurs milliers de kilomètres. Bref, rien de bien excitant, et en tout cas, la réalité reste bien éloignée de ce qui nous est décrit dans Tintin au Tibet, hélas.

Alors je crois qu'il est temps de dire stop. Bientôt, on analysera tout et n'importe quoi, on nous dira que finalement tel ou tel prophète de telle ou telle religion monothéiste, vous remarquerez que par les temps qui courent je ne m'avance pas plus que ça, bref, tel prophète n'a pas fini sa vie de façon surnaturelle mais bien d’une cirrhose du foie ou d'un cancer des testicules. Et bientôt on nous dira que le Père Noël ne peut pas faire sa tournée en temps et en heure parce qu'il est limité par la vitesse de la lumière ou que le lapin de Pâques ne pond pas d'œufs en chocolat ! Comment voulez vous ne pas vous tourner vers l'intégrisme religieux quand on vous casse toutes vos illusions ?

>[Ella Daisy Lusion]

   
 4/7/14  Vite! Rencontres de Lure

[Rencontres de Lure] Certes l'été arrive et l'envie du moment est de se prélasser les doigts de pieds en éventail dans une chaise longue, alors que les saucisses grillent tranquillement sur le barbecue et que les glaçons tintent dans un verre d'américano bien frais. Mais non, resaisissez-vous ! Car avant de profiter ainsi d'un été tranquille bien mérité, il vous reste une dernière chose à faire : vous inscrire pour la session d'été des Rencontres de Lure 2014 !

Eh oui, pensez-y rapidement, tout d'abord parce que jusqu'au 14 juillet vous bénéficierez d'un tarif préférentiel avec remise de vingt pour-cent. Mais comme je vous sais éloignés du monde de la marchandise et donc peu attaché(e)s aux valeurs de l'argent (hum hum), il vous faut une raison supplémentaire. Donc vous devez vous inscrire sans tarder parce que l'année dernière, la session était complète et que donc si vous voulez être sûr de pouvoir vous y rendre, il n'est pas de méthode plus radicale que d'être parmi les « early birds » (tôtifs oiseaux) comme disent nos amis américains, dont c'est justement la fête nationale aujourd'hui.

Mais pourquoi s'assurer de ne manquer le rendez-vous de cette année sous aucun prétexte ? C'est d'abord parce que vous y retrouverez pleins d'amis, mais ça vous le savez déjà. Mais parce que se trouveront sur place non seulement deux calligraphes célébrissimes, j'ai nommé Denise Lach et Roger Druet, mais aussi Claude Laurent François dont l'éclipse de ces dernières années nous a fait sentir encore plus cruellement la nécessité de sa présence ! Et ceci bien sûr pour ne mentionner que ceux qui seront sur la scène et non dans le public. Bref, il y aura du people ! Alors vite vite inscrivez-vous, amenez vos carnets d'autographes, vos photos à faire dédicacer ou vos membres à faire tatouer et participez à ce qui se présente d’ores et déjà comme une mémorable semaine lursienne, comme toutes celles qui l'ont précédée et sans doute comme toutes celles qui suivront.

Toutes les informations sur le programme ici et sur les inscriptions . Il vous suffit de cliquer.

>[Alain Scription]

   
 
 
 

 
 

Marchands du temple
et autres stratèges du marketing, désolé il n’y a rien à vendre ici…
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>TEG & PFB roulent en [Blogmobile] 16 soupapes.
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>[Info Blog] Temps très lourd pouvant tourner aux averses et aux orages pour le week-end.
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>Le petit André Bloggo, est attendu par ses parents caisse 11. Je répète, le petit André Bloggo (…)
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>La République populaire de Chine menace le [BdG] de sanctions économiques si ce dernier persiste à maintenir un embargo sur les rillettes du Mans (infos AFP).
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