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Décembre



Je crois que
la police de caractères la plus vendue et
la plus utilisée dans le monde est le Garamond... et ça, ça
me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait
des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je
préférerais me faire examiner la
prostate en direct à la télévision
par un type
aux mains bien froides plutôt qu’avoir
une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie
est un métier ancien et simple. Très simple.
Aussi simple que de jouer du violon. Mais
guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait
que nous soyions courageux, pourquoi nous
a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie
soulève le voile sur la beauté cachée du
monde.
Sei Shonagon

Si hoc legere
scis nimium eruditionis habes.
Anonyme

La typographie
est le seul art ayant la discrétion pour
principe.
Jérôme Peignot

Quand l'avenir
a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir
une menace?
Chuck Palahniuk

L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol

On
peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové

Je parle pas
aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard

Sème le trouble
et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec

Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du
diable.
William Blake

Si ayant
frappé quelqu'un
sur une joue, il te tend l'autre, frappe
le sur la même, ça lui apprendra à faire
le malin.
Cavanna

La vie est
la jeunesse de l'immortalité
Goethe

Choucroute
ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence

Ce monde ne
fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais

On n'a rien
inventé de mieux que la bêtise pour
se croire intelligent.
A. Nothomb

Un tueur est
un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres
que le commun des mortels.
A. Nothomb

La mort est
le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne
pas trop faire les malins.
/.
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La règle du Je...
|
>[Le Blog de Graphos] est
un endroit de liberté, ivre de plume et
de peinture, de convivialité, d’amitié et
de partage - sans aucune publicité d’aucune
sorte – ni pop up… ni virus. >[Le
Blog de Graphos] est consacré à la
calligraphie latine, à l’enluminure,
au mail art, aux écritures d’Orient
et d’Occident, aux contre-écritusres
aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag
au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la
Rustica du Ve siècle…, les membres
de Graphos vous proposent de vous exprimer
sur l’actualité du
moment, de notre quotidien, de vos journées,
livres, expos, films ou états d’âmes… Nos
lectures, vos passions, nos coups de cœur,
vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement
sur >[Le Blog de Graphos].
Vous êtes artiste graphique ou simple passionné,
calligraphe professionnel ou enlumineur,
animateur, membre ou président d’une
association, vous désirez nous faire partager
vos envies, qu’elles soient tentations ou
démangeaisons… >[Lire
la suite...]
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Janvier
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| 20/1/12 |
15! |
Programme Graphos 2012 |
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[Programme Graphos 2012] Je
me rends compte que le premier stage
Graphos de l'année est proche et que je
ne vous ai toujours pas exposé notre programme
pour l’année 2012 !
Comme vous
le savez peut-être, cette année
sera doublement festive, d'abord pour
les 60 ans des Rencontres
de Lure,
certes, mais aussi pour
les 15 ans de Graphos ! Et comme on
ne laisse jamais passer une occasion de faire
la
fête
dans notre association, nous vous avons
concocté un
programme tout ce qu'il y a de plus
festif et inoubliable.
On commence calmement,
si on peut dire,
avec le 22 janvier un stage sur la
Quadrata, le 19 février un autre sur
la Bénéventine
et le 18 mars un troisième sur la Mérovingienne
(quel délice !).
Une fois les brause
bien chauffées,
on va attaquer du lourd : le 22
avril « Méli-mélo » un
de ces stages surprise que notre
Thierry aime à nous
concocter avec la réalisation d’un
projet sur un thème à lui
seul connu !
Le 13 mai, sortie familiale aux
Baux
de Provence sur le thème « À la
rencontre de Louis
Jou », avec
visite de la fondation éponyme, de
son atelier, encore en activité,
et du musée
dans l’hôtel de Brion. Le repas
n’aura
sans doute pas lieu à l’Oustaou
de Beaumanière, hélas,
vu le budget réduit du week-end,
mais on passera devant et on regardera le
menu.
Le 27 mai, stage sur la Bâtarde flamande à la
Chancellerie de Lurs,
en ce lieu magique qui a vécu tant
de moments uniques, où sont
passés tant de personnages pittoresques, érudits
et en tout cas passionnants,
et où seront
fêtées en août prochain
les soixantièmes sessions d’été de
typographie ! Visite des lieux, parcours
du Chemin
des écritures et
ballade sur la promenade des Évêques
seront des étapes
indispensables pour cette journée
d'exception !
Le 10 juin, rencontre
avec Laurent
Rébéna (le
vrai, en chair et en os !)
pour un stage d’approfondissement
sur la bâtarde flamande et ses
ligatures (non, il ne s’agit pas
de médecine).
La fin de l’année
ira crescendo avec le 21
octobre un stage sur le Monocondyle (à vos
dictionnaires !) puis
le 18 novembre un stage sur
les majuscules d’Anglaise (du
sang, de la sueur et des
larmes au rendez-vous) et
pour finir en apothéose,
le 16 décembre
notre traditionnel stage
de fin d’année
sur le thème du mail-art avec
la participation de nos invités,
dont le jubilatoire Henri
Mérou qui fera le déplacement
depuis la campagne reillanaise !
Vous
trouverez ce programme en
téléchargement
ici, marquez ces dates sur
votre calendrier, une telle année,
la dernière à ce
qu’en disent les Mayas, ne se
reproduira pas de sitôt !
>[ze BdG]
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| 16/1/12 |
Oh! |
Faux iPads |
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[Faux iPads] Si
vous suivez un peu attentivement les
nouvelles technologiques, vous êtes peut-être
tombé(e) sur cette
annonce incroyable :
certains usagers ayant acheté un iPad ont
eu une drôle de surprise au moment où ils
ont ouvert la boîte de leur merveille informatique,
il y ont découvert une plaque d'argile
au lieu de l'habituel engin au design
incomparable !
Des journalistes bêtement
matérialistes
en ont immédiatement déduit qu'un
gang de fraudeurs achetaient les iPad,
les remplaçaient
par un morceau d'argile, scellaient à nouveau
le paquet, rendaient le tout au marchand
en demandant le remboursement et ainsi
faisaient une sale
blague à leurs frères consommateurs...
Faux que tout ceci ! Propagande de
la firme à la
pomme ! La réalité est bien plus
simple mais certes un peu gênante pour
Apple... je m'en vais donc tout vous
la dévoiler
au risque de me retrouver sur la liste
noire des ennemis de la pomme, mais
bon, je dois la vérité aux
amis du BdG.
En fait, les produits Apple
ont une âme.
Et c'est pour ça qu'ils savent si bien
plaire à leurs utilisateurs, jusqu'à susciter
une empathie qui frôle parfois le fanatisme.
Et comme tous les lecteurs de Gustave
Meyrink le savent bien, il se trouve
qu'à sa
conception l'iPad n'est qu'un morceau
de glaise informe,
image parfaite du chaos originel
et de tout organisme inanimé. Pour
lui concéder
enfin la vie, il faut qu'une personne
habitée
par une vision de la grandeur technologique,
un équivalent
du divin informatique, lui souffle
dessus et lui donne enfin son âme. Depuis
que Steve Jobs est mort, d'autres
personnalités
ont du s'y mettre pour continuer à insuffler
la vie pour nous aux nouveaux iPhones,
iPods, iPads
et autres Macintosh. Mais voilà, les
disciples n'ont pas encore atteint
la perfection du maître
et il laissent parfois échapper quelques
« ratés »…
Alors bien sur, on préfère accuser
d'hypothétiques escrocs (dont je suis
sûr
qu'on ne les attrapera jamais) plutôt
que d'avouer à la face du monde que
Steve a du mal à être remplacé. Ça
ruinerait leur réputation et ferait
baisser le cours des actions.
Alors bon, faisons
semblant d'y croire pour leur faire
plaisir…
>[Athanasius Pernath]
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| 13/1/12 |
Livre |
Athanasius Kircher |
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[Athanasius Kircher] Un
très beau livre sur Athanasius
Kircher,
célèbre érudit de la Renaissance
est paru en 2009 chez Actes Sud dans
la collection l'Imprimerie Nationale
(quel montage intéressant !) sous
le titre « Athanasius
Kircher, le théâtre du monde » de
Joscelyn Godwin.
Et pour tout vous avouer, il nous est
passé absolument
inaperçu, ce qui est ma foi fort rare pour
un ouvrage de cette ampleur !
Si vous voulez connaître
mieux ce personnage hors du commun,
toutologue comme on dirait aujourd'hui, à la
fois mathématicien, linguiste, archéologue,
naturaliste, historien des religions,
ingénieur,
géologue... il a été le
découvreur
de nombre de phénomènes naturels,
comme les taches solaires ou les anneaux
de Saturne et a étudié le premier
nombre de langues étrangères comme
le chinois ou le sanskrit. Bref un érudit
total comme la Renaissance a été la
dernière
période à en produire.
Mais comme
le dit pudiquement sa biographie,
ses erreurs sont à sa mesure, grandioses.
Il n'a jamais cru que les hiéroglyphes
véhiculaient une langue mais a maintenu,
parfois contre toute évidence, qu'il
ne s'agissait que de symboles. Ses
traductions des
textes sur les faces des obélisques égyptiens
sont d'une poésie à couper le
souffle... même si elles passent totalement à côté du
message. Il est aussi resté jusqu'à la
fin un farouche partisan du géocentrisme,
bien plus politiquement correct à l'époque
que les théories héliocentriques
de Galilée ou Copernic. Ses théories
sur les sciences naturelles
reprennent à la
lettre les textes bibliques et la
génération
spontanée est pour lui une évidence
tant la puissance du souffle divin
emplit le monde. Et je m'arrête ici
pour ne pas l'accabler... Mais il
parait qu'à cette époque,
la notion de vérité n'était
pas aussi rigoureusement scientifique
qu'elle nous est imposée aujourd'hui
et que si on arrivait à produire une
théorie
particulièrement esthétique,
elle pouvait être considérée
comme vraie rien qu'à cause de sa beauté,
car elle reflétait ainsi la beauté du
monde telle qu'il avait été conçu
par Dieu. Quelle belle idée !
Cela
dit, vous pourrez en apprendre
bien plus sur le personnage en lisant
une biographie, sans doute légèrement
romancée, parue il y a quelques années
sous le titre « Là où les
tigres sont chez eux » de Jean-Marie
Blas de Roblès qui obtint le prix
Médicis
pour son travail.
Un personnage
fascinant qu'il est passionnant
de découvrir
un peu plus en profondeur.
>[Ataxerxes Kärcher]
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| 10/1/12 |
Site |
Imprimerie Nationale |
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[Imprimerie Nationale] Et l'année
commence bien avec un autre site déniché par
un de nos informateurs toujours à l’affût
des perles cachées du web. Il s'agit cette
fois d'un recoin
peu connu du site de l'Imprimerie Nationale où elle dévoile
dans « les
voyages temporels » les différents
lieux où elle a œuvré et une
foule de documents sur son histoire depuis
sa création en 1538. Dans « la
création typographique », elle
expose les différents domaines dans lesquels
elle pratique la création de caractères,
depuis la carte d'identité jusqu'aux ouvrages
de bibliophilie en passant par le Brive,
caractère
institutionnel de la ville éponyme. Enfin,
cerise sur le gâteau, perle des perles,
merveille des merveilles, elle montre
dans les « maîtres
d'art » tous les métiers qui
se côtoient autour de la conception, de
la fabrication et de l'édition de ces ouvrages
magnifiques que nous proposent « l'atelier
du livre d'art et de l'estampe ».
Certains
retrouveront au détour des vidéos
quelques amis de l'IN comme Nelly Gable
que l'on voit graver un
poinçon
d'euro et le porter au fondeur de caractères
ou Frank Jalleau qui apparaît dès
qu'il s'agit d'évoquer la création
de caractères, domaine d'excellence de
l'Imprimerie Nationale. Il est particulièrement
heureux que l'on puisse ainsi montrer
au grand public
ce qui se cache derrière les murs parfois épais
(métaphoriquement) de cette vénérable
institution et comment on perpétue une
tradition de l’excellence de la pratique
de métiers pour la plupart vieux de plus
de cinq siècles, tout en mariant ce lourd
passé avec une modernité radicale
quand il s’agit de concevoir les futurs
documents administratifs comme les
cartes d’identité ou
les passeports.
Ne manquez pas également
de passer par le site
complet de l'IN, vous
y découvrirez
toutes les facettes de l'institution,
comme les Maîtres d'Art distingués
en son sein et si vous avez la chance de passer à New
York, ne manquez pas l'exposition
au Grolier Club qui doit être de toute beauté,
si on en croit les photos qui nous sont données à voir.
Enfin, Noël est déjà passé mais
pour les plus fortunés de nos lecteurs,
flânez un peu dans la boutique de l'atelier
du livre d'art, si vous aimez les belles éditions
(et que vous en avez les moyens !),
vous ne pourrez pas rester insensible aux charmes
des livres d'artistes
qui vous sont proposés !
>[David Eaux]
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| 7/1/12 |
New! |
Le BdG sur Twitter |
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[Le BdG sur Twitter] En
ce début d'année 2012, quinzième
depuis la naissance de Graphos, une importante
concession à la modernité est en
passe d'être faite par le BdG, concession
qui vous permettra de suivre de façon encore
plus directe toute l'actualité calli-,
typo- et tout simplement -graphique du
monde merveilleux de l'écriture dans tous
ses états
: nous venons d'ouvrir un fil Twitter !
Ce « réseau
social »,
comme on dit maintenant, vous permet
gratuitement de créer votre propre compte,
si vous n'en avez pas encore, de vous
abonner aux flux d'information
qui vous intéressent et de recevoir dans
la minute toute nouvelle information
qui y est postée. Bien entendu, vous
pouvez, vous aussi, poster vos nouvelles ou
re-poster
celles
qui vous plaisent aux gens qui sont
abonnés à votre
flux. Seule contrainte, mais elle est
de taille, le message doit faire moins
de 140 caractères… ce
qui oblige à une certaine concision,
et à pas
mal de trouvailles graphiques et informatiques !
Vous
me direz que certains utilisent ce
genre de moyen de communication
pour signaler à toute
heure du jour et de la nuit ce qui
leur arrive, depuis le menu de leur repas ou
l'état
des embouteillages sur leur trajet
jusqu'à la
fin de leur rouleau de papier toilette
! Rien de tel sur le fil du BdG, nous
ne vous enverrons
que des nouvelles fraîches et intéressantes,
dont certaines seront reprises dans
des articles futurs… ou pas.
Alors abonnez-vous
au fil « BlogDeGraphos » et étonnez
vos proches en sachant tout (et même plus)
avant tout le monde sur le monde merveilleux
de l'écriture !
>[Madmacs]
PS : n'étant pas
forcément toujours
en face de mon écran connecté à Twitter,
le rythme des « twits » ne
dépassera sans doute pas un ou deux
par jour
au maximum… Pas d'avalanches à craindre
avec le BdG.
PPS : nos fils RSS habituels continueront
bien entendu à vous avertir des nouveaux
articles de cette colonne.
PPPS : et si vous tombez
sur des nouvelles particulièrement
passionnantes qui pourraient être
partagées avec les lecteurs du
BdG, n'hésitez
pas à nous les faire parvenir !
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| 3/1/12 |
Site |
Maitres d'art |
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[Maitres d'art] Un
ami typographe (si, si, un vrai !) me
signale un excellent
site sur lequel on peut admirer
les
travaux des meilleurs artisans d'art...
dont bien évidemment
une série de personnages excellant dans
la pratique des métiers du livre. Ce site
regroupe les titulaires d'un diplôme de « Maitre
d'art » qui est décerné par
le Ministère de la Culture au gratin des
artistes de chaque domaine.
On découvre
ainsi la myriade de métiers
artisanaux dont, je dois avouer humblement,
la plupart m'étaient totalement inconnus.
Car qui connait encore aujourd'hui
le métier
d'évantailliste, de plumassière,
de plisseur, d'écailliste ou même
d'ornemaniste ? Même mon correcteur orthographique
en fait une crise cardiaque ! Pour tout
savoir sur chacun de ces "maitres d'art",
une petite présentation est faite de
leur métier,
souvent une galerie photo de leurs
réalisations
vous est proposée et de temps en temps
on trouve même une vidéo montrant
l'homme au travail et expliquant par
le menu en quoi ce qu'il produit est
hors du commun.
Régalez-vous de la vidéo
de François
Da Ros, typographe, de celle d'Yves
Benoit, gaufreur, imprimeur et façonneur
de velours ou de celle de René Taze,
taille doucier et graveur d'art,
qui parlent tous avec enthousiasme
de la pratique quotidienne de leur art
au plus haut niveau.
Et si vous vous sentez
attiré par l'un
d'eux, il est toujours possible d'entrer
en contact avec eux pour leur demander de
devenir leur élève,
bien qu'à mon avis, cela demande une
motivation de fer et une volonté d'acier
pour tenter de parvenir à leur niveau.
>[Aimé Treudard]
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| 1/1/12 |
2012 |
Bonne année |
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[Bonne année] Et
nous voici au début d’une nouvelle
année graphosienne et néanmoins
bloggesque, la quinzième pour ce qui est
de Graphos et la septième pour ce qui est
du Blog de Graphos. Sept ans, c’est l’âge
de raison dit-on, à tort pour le BdG j’espère !
Et
cette année, ce sera la fête pour
les graphosiens avec un programme tout
en réjouissances
et en événements exceptionnels concoctés
par notre maître à tous, des stages
hauts en couleur et en gastronomie, mais
aussi des visites en des lieux magiques
et des invités
talentueux qui nous transmettront dans
une ambiance amicale leur vision personnelle
de la lettre.
Bref, faisons la fête avant la fin du monde
!
Toute l’équipe se joint à moi
pour vous souhaiter une bonne année avec
son content de découvertes calligraphiques,
d’émerveillements typographiques
et de magnificence de la lettre dans
tous ses états
qu’elle soit tracée à la plume,
au calame ou au pinceau, peinte sur les
vitrines ou à la bombe, imprimée
au plomb, au laser ou à la patate, gravée
sur bois, sur pierre ou dans du polystyrène,
ou même impalpable faite de tracés
de lumière ou de pixels immatériels.
>[BdG]
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Décembre
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| 28/12/11 |
Book |
François Boltana |
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[François Boltana] Je
vous avais parlé il y a quelque temps d'un
livre paru aux Ateliers Perrousseaux
sous la plume de Franck Adebiaye et Suzanne Cardinal
et portant
le titre « François Boltana
et la naissance de la typographie numérique ».
J'ai enfin pris le temps de le parcourir,
et bien que Noël soit déjà passé,
je ne peux que vous le conseiller comme
cadeau (vraisemblablement de vous-même à vous-même
si vous lisez ces lignes).
François Boltana est un personnage qui n'a pas laissé une
grande réputation
dans le monde de la typographie, il
est mort assez jeune et n'a sans doute pas eu
le temps
de donner
la pleine mesure de sa créativité.
Mais comme cela faisait longtemps que
Thierry Garnier nous en parlait en
tant que son maître
en calligraphie, il était bien normal
de se renseigner sur le personnage. Il est
d'une génération intermédiaire,
plus jeune que les grands anciens (Zapf & co)
mais plus ancien que la nouvelle génération
de la calligraphie, il navigue entre
deux âges
et s'est trouvé à une époque
charnière sur bien des plans, que ce
soit dans le renouveau typographique français
ou dans celui de toutes les formes
d'écriture
dans les années 70-80, c'est-à-dire
la transition au tout numérique.
Formé au
tout début du Scriptorium
de Toulouse, dont ce livre retrace
les étapes
de la création, fort peu connue de
tout un chacun et donc de moi en particulier,
il a basé bon nombre de ses créations
typographiques sur une base calligraphique
comme le célébrissime établissement
toulousain l'enseignait. Le livre
nous montre d'ailleurs quelques-unes de ses
réalisations
calligraphiques et je pense qu'elle
font pâmer
d'admiration bien des calligraphes,
et moi en premier. Il a surtout été connu
pour la création de quelques polices
typographiques célèbres (Stilla
et surtout Champion) mais on retrouve
dans la plupart de ses créations
bien des traces d'inspiration illustres,
depuis la capitale romaine de l'empire
jusqu'à des
anglaises calligraphiées qui
conservent toujours cette souplesse de trait
et
cette légèreté des
formes que seule les caractères basés
sur la calligraphie peuvent créer.
Comme
bien des précurseurs, il a « essuyé les
plâtres » au niveau de
la technique typographie, depuis l'éphémère
photocomposition jusqu'aux premiers
formats de police numériques sur
Macintosh. Il a même
créé son chef d’œuvre,
le sublime Champion, une anglaise
subtile possédant
de nombreuses variantes avec diverses
formes de paraphes dans un format
de police aujourd'hui
obsolète ce qui nous empêche
d'en profiter sur nos modernes
traitements de textes,
et c'est bien dommage. S'il avait
connu l'opentype, que n'aurait-il
pas fait !
Il nous reste ce livre comme
témoignage
du remarquable talent de François
Boltana pour le dessin de caractère,
tant calligraphique que typographie
et de ci, de là, dans notre
quotidien typographique, quelques
traces de son passage (l'enseigne
de ma crêperie préférée
est en Stilla, une de ses créations).
Bref,
même si Noël est passé,
il ne vous reste plus qu'à vous
l'offrir sous un prétexte quelconque,
l'Epiphanie ou le nouvel an chinois, vous
pourrez ainsi découvrir
ou redécouvrir ce personnage à la
trajectoire hors du commun, Meilleur
Ouvrier de France en typographie, et dont
les travaux ne
pourront que vous inspirer !
>[Prosper Messager]
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| 24/12/11 |
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Nouvelles de l'espace |
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[Nouvelles de l'espace] Serait-ce
la proximité de Noël et la concurrence
délibérée avec le vieux barbu
et ses quatre rennes ou bien l'arrivée
de 2012, le changement de cycle des
Mayas et l'apocalypse prédite à cette
date, toujours est-il que les échanges
entre la terre et le ciel (enfin disons
l'orbite terrestre)
se sont intensifiés ces derniers temps.
Tout
d'abord le lancement
réussi du dernier-né des
satellites d'observation de la Terre,
le très
attendu Pléiades, qui permettra de nous
regarder depuis le ciel avec une précision
parfaite et une souplesse inégalée.
Prenez le temps de regarder les
images réalisées à l'occasion
de son lancement par une fusée Soyouz
depuis la Guyane française. Un satellite
semi-militaire français lancé par
une fusée
russe, la guerre froide semble bien
terminée...
Ensuite nos amis chinois ont également
démarré leur programme concurrent
au GPS par le lancement d'un premier
satellite Beidou.
Après le GPS américain,
le Glonass russe et le Galileo européen,
un nouvel arrivant dans la course
au positionnement global. Franchement,
on n'aurait
pas pu se mettre
un peu d'accord et utiliser ces montagnes
d'euros, de dollars, de roubles et
de yuans pour améliorer
le sort du reste de l'humanité ?
Mais,
contrairement aux préceptes chrétiens,
le ciel n'est pas la destination
finale de tous ces amas de haute
technologie, et tout ce qui
monte au ciel en redescend forcément
au bout d'un moment, Isaac Newton
nous l'a amplement
démontré. Et donc nous avons
au choix un
satellite russe Meridian dont
le lancement
s'est mal terminé et qui est retombé quelques
jours plus tard en Sibérie, manque
de chance, trouant le toit d'une
maison située...
rue des Cosmonautes (cela ne s'invente
pas !). Il y a aussi une étrange
boule retombée
en Namibie dont on se demande encore
de quel engin elle est le résidu.
Et il y a enfin la sonde Phobos-Grunt dont
on est actuellement sans
nouvelles sinon qu'étant donnée
l'orbite où elle
a été placée, elle
ne va pas tarder à nous retomber
sur la figure !
Bref, si le soir
de Noël vous entendez
du bruit sur le toit, ne courrez
pas vous précipiter
dans les bras de ce que vous croyez être
le Père Noël mais cachez-vous
plutôt
dans l'abri que vous avez préparé pour
la fin du monde de décembre prochain
!
Toute l'équipe de Graphos vous souhaite
un joyeux Noël, profitez-en bien,
c'est peut-être le dernier ?
>[BdG]
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| 20/12/11 |
Lost |
Institut d'Égypte |
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[Institut d'Égypte] Je
viens d'apprendre avec désolation l'incendie
de l'Institut d'Égypte au Caire. Fondé par
Napoléon pour permettre les recherches
sur la civilisation égyptienne, ses archives
renfermaient nombre de documents, livres
et cartes absolument uniques dont la disparition
laisse
un vide que bien souvent aucune autre
bibliothèque
ne pourra combler. Cet événement,
bien qu'aisément explicable étant
donné les événements actuels,
vient s'ajouter à une liste, malheureusement
fort longue, de diverses déprédation
ou disparition du patrimoine de l'humanité lors
des troubles, révolutions ou guerres qui
ensanglantent régulièrement les
pays de la région, depuis le pillage de
la plupart des musées archéologiques
lors de la guerre d'Irak, les nombreux
vols d'objets anciens commis au Musée Archéologique
du Caire ou la destruction à coup d'obus
des bouddhas
géants de Bamiyan par
les talibans afghans. Dans la plupart
des cas, les déprédations ont eu
lieu en toute conscience des pouvoirs
publics des pays,
au mieux avec leur
assentiment muet,
au pire de leur
propre volonté.
Alors que
faire ? L'homme est ainsi fait qu'il
reste dans une partie du monde d'une
irresponsabilité affligeante
et je ne pense pas qu'il soit possible
de lui insuffler la nécessité du
respect de ces témoignages uniques quand
il brandit une kalashnikov et hurle
des slogans vengeurs
souhaitant la mort (ou pire) à la moitié du
genre humain.
Faire comme le Royaume
Uni en son temps, c'est-à-dire ramener
les trésors égyptiens
au British Museum et surtout, surtout
ne pas les rendre quand le pays enfin
modernisé en
fait la demande ? Ou comme l'Allemagne
dont le Pergamon Museum à Berlin a
pu sauvegarder des dizaines de milliers de
tablettes
sumériennes
irremplaçables qui seraient aujourd'hui
détruites ou pillées avec celles
qui sont restées sur place ?
Pour les
documents, il est encore possible à tout
le moins de les numériser et d'en
garder une copie à l'abri au cas
où les
originaux se trouveraient détruits,
mais comment faire pour les bouddhas
de Bamiyan dont
certains mesurent plus de cinquante
mètre
de haut ? Réhabiliter le colonialisme
culturel et piller systématiquement
les patrimoines nationaux des pays
instables pour les ramener
chez nous ?
Je ne pense pas qu'il
y ait une réponse
unique et indiscutable à ce problème,
mais je crois que plutôt que de
numériser
les fonds de la BnF qui restent
de toute façon
bien au chaud dans les réserves,
peut-être
serait-il judicieux d'utiliser
un peu de ces budgets pour aller
numériser
les fonds les plus en danger
de par le monde. Il sera toujours
temps plus tard d'aller rouvrir les
portes
des réserves
de Tolbiac pour mettre à la disposition
des internautes tel ou tel volume
rare.
En tout cas, pour les documents de
l'Institut d'Égypte, il est trop
tard.
>[Papa Trimoine]
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| 16/12/11 |
Expo |
Tout le monde connait… |
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[Tout le monde connait Roger Excoffon] Oulamondieu,
je me rends compte que le temps passe
et que je ne vous ai toujours pas alerté sur
l'ouverture depuis le premier décembre
de l'exposition « Tout
le monde connait Roger Excoffon » au
Musée de l'Imprimerie à Lyon ! Eh
oui, maintenant que vous avez lu et relu
les deux livres (cadeaux
de Noël ?) qui ont été consacrés
cette année à ce remarquable créateur
de caractères qu'est Roger
Excoffon, il
est temps d'aller voir « en live » (comme
on dit maintenant) ses réalisations. Bon,
ce ne sera pas une première car comme l'indique
très explicitement le titre de l'exposition,
tout le monde connaît Roger Excoffon. Tout
le monde a vu de ci de là, à la
campagne ou à la ville, ses caractères
Banco ou
Antique
Olive sans forcément avoir attribué à cet
ancien Chancelier des Rencontres de Lure
les nombreux caractères qui peuplent encore
le quotidien graphique de tout un chacun.
Car la postérité de
ses créations est assurée très
largement même cinquante ans après
leur introduction par la perfection technique
avec laquelle il a œuvré. Le Mistral est
un exemple de scripte typographique qui
à mon avis n'a jamais été dépassé ni
même égalé dans la typographie
moderne. Il faut se rappeler en effet
que tous ces caractères ont été prévus
pour une technique d'impression au plomb
et que les réglages de l'interlettrage
se font de lettre à lettre et non pas comme
dans nos plus modernes fontes numériques
par des paires de crénage et autres astuces
« opentypistes. »
Bref, profitez du départ
de vos enfants chez leurs grands parents et de
votre époux
(épouse) chez votre belle-mère pour
vous faire une petite escapade lyonnaise
et aller voir non seulement cette exposition tant
attendue
mais aussi reparcourir avec délices la
collection permanente de ce magnifique
musée.
Pour ma part ce sera en janvier et je vous en
rendrai compte par le menu dans cette
colonne, promis !
>[Artémis Tralle]
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| 12/12/11 |
Livre |
Bonsaï et calligraphie |
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[Bonsaï et calligraphie] Vous
avez peut-être appris récemment la
sortie tant attendue du livre de notre
callidentiste graphosien « Bonsaï et
calligraphie » aux éditions
Arqa. Si j'ai mis tant de temps à vous
en parler c'est que je voulais absolument
l'avoir lu de bout en bout avant. Seulement, comme
je
m'en suis vite rendu compte dès la lecture
des premières pages, ce n'est pas un livre
qui se dévore en deux heures à l'instar
de nombreuses productions de la rentrée
littéraire du genre « easy reading ».
Non, ce livre, c'est du lourd et du profond.
Pas le genre à vous sortir de la tête
dès refermée la dernière
page. Si on veut en apprécier toute la
substantifique moelle, il faut le déguster,
le savourer, mot par mot, phrase par
phrase.
Et ce que Michel Fornasero nous expose
dans son livre, ce sont les deux visions
qu'il a de l'art de la calligraphie et
de l'art du bonsaï ainsi
que, et c'est là que cela devient encore
plus passionnant, les multiples correspondances,
passerelles et coïncidences qui existent
entre ces deux disciplines aussi exigentes
l'une que l'autre. Car seul Michel
aurait pu écrire
ce livre tant il faut être expert en ces
deux domaines, les avoir pratiqué pendant
de longues années, s'en être imprégné au
point d'atteindre l'excellence en chacun
d'eux pour en avoir intégré toutes
les subtilités au point de pouvoir les
fusionner au sein d'une même recherche
artistique. Et c'est à travers une prose
pleine de subtilité, de sensibilité et
de profondeur qu'il nous expose le
fruit de ses recherches. Ces pages
sont aérées
de quelques haïkus de sa composition et
d'une remarquable iconographie qui
font mieux comprendre,
qui par
la sensibilité poétique, qui par
l'esthétique visuelle, tout ce qu'il
est parfois difficile d'exprimer par
les mots.
Ne vous attendez pas à ce que je
vous parle du contenu de ce texte,
je ne pourrais qu'en produire
en quelques lignes qu'un bien pâle caricature.
Si vous voulez apprendre, parcourez
vous aussi ce chemin.
Noël approche et
vous aurez peut-être
quelques jours de vacances tranquilles
pour vous plonger dans cet ouvrage,
car c'est comme cela
qu'il faut le lire, par petites
bouchées, en plongée
profonde, pour en retirer vraiment
tout ce
qu'il peut offrir.
Surtout si vous
pensez qu'un bonsaïka n'est
qu'un « tortionnaire de nains. »
>[Casoellius]
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| 8/12/11 |
g |
Isaac Newton en ligne |
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[Isaac Newton en ligne] Les
anciens dont je suis ne peuvent pas manquer
de connaître Isaac Newton. Non que le « niveau » que
l'on nous dit éternellement « en
baisse » de nos études secondaires
ait été plus élevé à ce
sujet que celui d'aujourd'hui, non, si
nous connaissons tous Isaac Newton à partir
d'un certain âge
c'est à cause de la Rubrique
à Brac de Marcel Gotlib ! Eh oui, Isaac Newton est
une source perpétuelle de gags à base
de gravitation pomologique comme le bip-bip
et le coyote sont une perpétuelle source
de gags gravitationnels et explosifs.
Rendons ainsi
grâce à l'art décrié (à l'époque)
de la bande dessinée pour nous avoir
fait toucher du doigt l'histoire de
la science à l'aube
du XVIIIe siècle. Mais si Newton est
surtout connu pour sa pomme (à propos,
il semblerait que l'anecdote soit hautement
fantaisiste)
et pour la théorie de la gravitation
(comme quoi deux corps s'attirent en
raison de la masse de chacun d'eux
et en raison inverse du carré de
la distance qui les sépare, ce qui explique
la sexualité exacerbée des éléphants
de mer, est-il besoin de la rappeler
?), ce cher Isaac était aussi un alchimiste
bien loin de la mathématisation du réel
qu'il prône dans la plupart de ces ouvrages.
Eh oui, bien loin d'être le matérialiste
que nos professeurs de physique nous
laissaient imaginer, il a tenté sans
grand succès
de faire coïncider ses connaissances scientifiques
en physique, mécanique, optique et mathématique
avec les lois de l'alchimie et de la
théologie
qui, ma foi, s'y soumettaient assez
mal. Il fût,
au dire des spécialistes, un grand alchimiste
même si sa manie du secret nous empêche
encore aujourd'hui d'en connaitre la
plupart des achèvements.
Mais tout ceci
est en train de changer car la bibliothèque
de Cambridge se propose de mettre
en ligne une
version numérisée
de la plupart de ses carnets de notes
ainsi que de son exemplaire personnel
des Pricipiae Mathematicae,
l'ouvrage dans lequel il décrit ses
découvertes
scientifiques. Bien entendu, le premier
lot mis à la
disposition de la voracité des internautes
intéressés par le sujet relève
plutôt de ses études « sages »,
c'est-à-dire optique, physique et mathématique.
Mais j'espère qu'ils ne s'en tiendront
pas là et que bientôt viendront
les rejoindre ses carnets beaucoup
plus sulfureux où il décrit,
dit-on, ses essais de transmutations
diverses et ses approches
du grand œuvre. Comme ces carnets sont
en version originale sans traduction,
il vous faudra potasser
l'anglais mais aussi le latin et
le grec. Mais la connaissance de
l'intime de celui
qui fût
un des plus grands esprits de tous
les temps est à ce
prix.
>[Aristidès Othon Frédéric
Wilfrid]
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| 4/12/11 |
& glou… |
Banquet Graphos 2011 |
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[Banquet Graphos 2011] Nous
avons vécu dimanche dernier un très
beau stage de fin d'année, comme seule
la convivialité de Graphos peut en produire.
Henri Mérou nous avait fait l'honneur de
venir nous rejoindre avec non seulement
son humour à nul autre pareil mais aussi
avec moulte documentation, depuis une
ribambelle de livres de modèles
de peintre en lettres jusqu'à ses fameuses
enveloppes aller-retour qui ont une fois
de plus déchaîné des
fou-rires dans l'assistance.
Sur le thème
du mail art, nous avons envoyé à un
hôtel à Saint Valery en Caux une
série de lettres à remettre à une
date donnée à l'occupant anonyme
d'une chambre donnée. En dehors de l’enveloppe
magnifiquement calligraphiée et décorée
(je ne vous dis pas le niveau du graphosien
moyen en mail-art !), le courrier contient
un poème
de Baudelaire et une invitation pour
le susmentionné anonyme
destinataire à répondre à son
correspondant d'un jour. Gageons que
le tout suscitera suffisamment de curiosité pour
que le nombre de réponses
soit au rendez-vous.
Pour le traditionnel
banquet de midi, nous nous sommes
retrouvés
treize à table, ça
devient une habitude. Autre habitude,
les mets furent totalement délicieux
et les boissons abondantes mais choisies,
tout en restant dans
une consommation tout à fait modérée
comme le bon goût graphosien en est
le garant. Au cours du repas, Thierry,
notre maître à tous,
nous a présenté le
nouveau livre de Michel Formasero, notre
calli-dentiste-bonsaika, « Bonsai
et calligraphie » paru aux éditions
Arqa et tout frais sorti des presses.
L'auteur eut même la gentillesse de
nous faire la lecture d'un passage
de son texte,
déclenchant
une salve d'applaudissement nourris.
Dès
que j'aurai lu cet ouvrage qui s'annonce
passionnant, je vous en ferai le
compte rendu. Au vu de la profondeur
de pensée
et de la poésie
du texte, ne vous attendez cependant
pas à ce
que ce soit dans les prochains jours !
Bref, encore une excellente année
graphosienne qui se termine et
qui nous prépare à la
suivante, dont le programme nous
a été révélé à l'occasion.
Et il sera festif le programme
2012, avec l'invitation de Laurent Rébéna,
la visite de la fondation Louis
Jou aux Baux de Provence, le
stage de bâtarde flamande en la mythique
Chancellerie de Lurs, et d'autres
festivités
qui nous réserveront sans doute d'inoubliables
moments. Et oui, deux mille douze
sera l'année
des quinze ans de Graphos et aussi
des soixante ans des Rencontres
de Lure, c'est-à-dire
si le champagne va couler à flot !
C'est toujours ça de pris avant
la fin du monde en décembre prochain ?
>[BdG]
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Novembre
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| 27/11/11 |
Lire |
Eric Gill |
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[Eric Gill] Les éditions
Ypsilon semblent avoir la bonne idée de vouloir
se faire une spécialité de
la traduction et réédition de textes
fondateurs de la typographie dont la
plupart sont devenus totalement introuvables
avec les années
qui passent. Après le
livre de Gerrit Noordzij dont nous vous avions parlé ici, voici
qu'ils nous proposent le célèbre « Un
essai sur la typographie » d'Eric Gill.
Car en effet, seuls les anglophones avaient
pu jusqu'à ce jour profiter des enseignements
de ce grand ancien en faisant venir à grand
frais ce livre en anglais depuis les
lointaines librairies soit d'outre-Manche
soit même
d'outre-Atlantique.
Car bien que datant
des années 1930, ce
texte est tout simplement passionnant.
Eric Gill y résume sa conception de la
typographie et de la création de caractères
avec moultes illustrations, depuis
la forme du squelette des caractères
jusqu'aux diverses formes de composition
du texte et de
la page.
Certes, ce texte a près d'un siècle
mais il n'a rien perdu de sa pertinence,
même
si la forme technique de la création
de caractère a radicalement changé entre
le plomb de l'époque et la dématérialisation
des fontes actuelles. Mais loin d'être
un manuel purement technique ou esthétique,
l'auteur nous expose ici son mode de
pensée
sur les bouleversements qui traversaient
son époque,
sur l'irruption de l'industrialisation
dans le monde typographique et la disparition
de l’artisanat,
sur l'uniformisation des solutions
par rapport à la
diversité des problèmes ou sur
les nécessités de conserver le
facteur humain dans un monde de machines,
bref, toute un ensemble de considérations
encore largement d'actualité dans notre
XXIe siècle
informatisé. Bref, un petit ouvrage à lire
et à relire sans aucune modération.
Le
seul bémol qui a terni la joie de relire
ce texte, c'est la fabrication du
livre. Cela fait plusieurs fois que
je trouve des livres
de petit
format (celui-ci fait 11 cm sur 17
cm environ) qui sont imprimés sur du
beau papier plutôt
fort et donc rigide, au dos carré largement
encollé, ouvrages pour lesquels l'effort à faire
pour ouvrir les pages sans casser
le dos est proprement herculéen (bon,
je suis dans la région
de Marseille alors je vous avoue
que j'exagère
un petit peu...). Et l'exercice intense
de musculation que fait la main qui
tient le livre et les doigts
qui écartent les deux pages en vis-à-vis
est tel qu'au bout d'une petite demi-heure
de lecture, j'ai des crampes dans
la main qui me
forcent soit à lire à deux mains,
soit à fermer le livre et à me
rabattre sur une émission de divertissement
télévisuel
(horresco referens). Mais non, c'est
une blague, en fait je n'ai pas
la télé (au
grand dam de mes enfants). Et donc
je me rabats plutot sur un bon
vieux volume de la Pléiade qui pour
le même format mais le quintuple du
prix, offre un confort de lecture
absolument divin.
Pensez-y
donc, amis éditeurs, faites de plus
grands formats moins épais ou utilisez
du papier moins rigide, si vous ne
voulez pas
que vos lecteurs se retrouvent avec
des mains dignes des battoirs
de nos grand-mère lavandières.
>[Arnold Grossehaende]
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| 23/11/11 |
Jeu |
Shape me |
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[Shape me] Maintenant
que vous avez réussi plus de 95/100 au
petit jeu
de réglage des approches que
je vous ai proposé il y a quelques jours,
je vous suggère de continuer l’éducation
de votre œil calli-typo-graphique par un
autre exercice réalisé de façon
tout aussi magistrale par le même développeur
et qui porte cette fois-ci sur la forme
des lettres. « Quoi,
allez-vous me rétorquer, sachez, môssieur,
qu’en calligraphie la forme des lettres
s’obtient par l‘angle immuable du
bec carré de la plume et non pas à volonté comme
cela est possible en typographie ! » Certes,
vous répondrai-je mais qu’en est-il
de l’anglaise (que les graphosiens ont étudié dimanche
dernier) tracée à la plume pointue et
dont l'épaisseur du trait est entièrement
déterminée par la pression qu'exerce
la main du scribe ? Et, poursuivrai-je, ne
vous arrive-t-il pas de « twister » légèrement
votre automatic pen pour amincir un trait
? Ou d’appuyer un peu plus sur votre Braüse
pour mettre du poids là où vous
le désirez dans tel ou tel tracé ?
Donc, pas d’excuses foireuses, et au boulot !
Il
s’agit cette
fois de régler les
courbes englobantes d’un caractère
en tirant plus ou moins sur les ronds
bleus. Attention, parfois, il n’y a qu’une
seule tangente mais parfois il y en
a deux, et on peut régler à la
fois leur « tension » et
leur angle. Prenez votre temps, le
défi est à mon
avis bien plus difficile que celui
des approches, puisqu’il faut avoir beaucoup
d’intuition
pour retrouver ce que chaque créateur
a voulu mettre dans son caractère sans
voir le reste de l’alphabet. Mais, comme
la dernière
fois, votre œil en sortira beaucoup plus
agile dans le placement ou l’équilibrage
des pleins et des déliés.
Bonne
chance à tous !
>[Gaétan Gente]
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| 20/11/11 |
Hax |
Goncourt |
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[Goncourt] L'automne
littéraire me fait toujours penser à un
carnaval où chacun joue un rôle bien
au point, ce qui permet aux médias de s'en
donner à cœur joie dans les plus vils
potins mais aussi et surtout de créer du
sensationnel là où encore une fois,
il n'y a que de l'habituel : chaque automne
c'est la rentrée littéraire. Je
ne vous parlerai pas de telle ou telle
petite phrase assassine
en mode sniper, sur tel ou tel livre,
ni de tel ou tel élément sulfureux
apparu à point
nommé dans les quelques jours qui précèdent
l'attribution des prix littéraires les
plus renommés. Non, je voudrais juste évoquer
quelques éléments glanés
ici et là dans la presse au sujet du prix
Goncourt de cette année.
On nous serine, « quelle
performance, les x milliers d'exemplaire
du Goncourt ont été imprimés
en une nuit ! » Euh, vous nous
prenez pour des caves ? Huit jours
avant l'attribution du prix, quasiment
tout le monde
s'accordait à donner
comme favori Alexis Jenni et son « Art
français de la guerre », donc
si vous n'avez pas anticipé, messieurs
de chez Gallimard, je vous encourage à lire
un peu plus les journaux ! Et l'argument
de qualité du livre était complémenté par
le fait que nous fêtons les cent ans de
la maison et qu'il était imaginable que
de donner le Goncourt à un livre de chez
eux pouvait constituer un hommage à cette
prestigieuse maison d'édition. Non, je
ne crois franchement pas à la « performance
extraordinaire ».
Par
contre, cette histoire est un parfait
alibi pour une drastique réduction de coûts,
car le texte imprimé du dit Goncourt
est semble-t-il pourvu d'un nombre respectable
de coquilles et autres photes
d'aurtografe qui en ternissent la
splendeur, preuve que même pour le livre
le plus vendu de l’année, on rechigne à payer
un correcteur d’épreuves pour
qu’il
extirpe les dernières imperfections
d'un texte par ailleurs de grande
qualité. Heureusement, la communauté hacker
a immédiatement pris les choses en
main et a
produit (gratuitement !) une version
pirate de l'eBook en question dans
lequel toutes
les
fautes sont corrigées ! L’histoire
ne dit pas si les hackers sont de
bons correcteurs, s’ils ont aussi piraté un
logiciel de correction ou si des
correcteurs professionnels
se retrouvent le soir devant leur écran
pour exercer leur activité professionnelle
en sous-marin.
Eh oui, malgré ses cent
ans ce n'est pas de la maison Gallimard que
sortira cette année
la meilleure édition du Goncourt mais
bien de la mule, de bittorrent et des autres
darknets
en p2p ! Guy
Fawkes aurait été content…
>[Madmacs]
PS : que tout ceci ne vous empeche pas de
lire ce livre, avec ou sans les fautes,
de toutes part affluent les louanges
et nombre de critiques avisés assurent
qu'il s'agit d'un très bon cru. Au contraire
du beaujolais nouveau…
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| 17/11/11 |
Web |
Oui mais non… |
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[Oui mais non…] Le
Comic Sans MS, est non seulement la typo la
plus détestée
du Web, mais encore faut-il le dire - à juste
raison… Notre confrère Basile Lisible
en faisait un compte-rendu tout graphosien,
le 26 octobre 2010, sur le BdG (>voir archives – « Beurk
illisible ? »). Un de nos amis,
des plus anciens et des plus compétents,
en matières d’arts graphiques, nous
faisait passer hier, un lien internet
pour la promotion (?) de ce magnifique
alphabet, le « Comic »,
conçu
et réalisé comme nul ne l’ignore
par Vincent Connare. Ma souris n’ayant fait
qu’un tour, un projet, (voir ci-joint, colonne
de gauche - by Teg ©), fut immédiatement
réalisé selon les critères
du concours et ce : « afin de
rendre une affiche jolie même avec une police
Comic Sans MS » – Voir sur le
site.
Bonne chance donc à tous les amis lecteurs
du BdG, qui décideraient, eux aussi,
d’envoyer
une de leur production graphique réalisée
en Comic Sans. (Un challenge à la portée
des plus chtarbés, évidemment).
Pace Salute.
>[Omer Simpson]
PS // Selon la formule
consacrée, « à l’heure
où nous mettons sous presse »,
nous n’avons pas encore reçu
de retour-mail, du Webmaster dudit site
( ?), pour savoir
si notre participation a bien été retenue, … afin
de pouvoir orner la galerie de
présentation ?
PPS // (Je pousse
cependant un petit billet pour
parier que le doc. réalisé ne
verra pas le jour, sur le site
en question… ?).
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| 14/11/11 |
Jeu |
Kern me |
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[Kern me] La calligraphie
tout comme la typographie ne peut parvenir à la
perfection que par une longue et constante éducation
de l'œil. Tout apprentissage de ces arts
passe donc par l'observation des travaux
des maîtres afin d'en tirer la substantifique
moelle et d'arriver enfin à apprécier
une courbe bien tendue, des proportions équilibrées
et un squelette de la lettre en tout
point conforme aux canons de la beauté calli-
ou typo-graphique.
Mais l'observation est une
chose et la mise en pratique en est
une autre. A moins
de passer de longues heures à déplacer
des lettres découpées aux ciseaux
et de les scotcher en position puis
de les fixer au mur, de reculer de
trois mètres
et d'en analyser les approches, il
est difficile d'apprécier son propre
degré d'expérience
en cet art éminemment subjectif et
totalement rétif à une quelconque
mise en équation.
Heureusement, un bienfaiteur
de l'humanité a
pris le temps de proposer à tous
les internautes intéressés,
et gageons qu'ils seront nombreux, un
petit jeu très bien fait qui permettra à tout
un chacun de tester son sens des
approches. Eh oui, les jeux en
Flash ne servent pas qu'à distraire
les pré-adolescents en manque de
violence virtuelle sur les avions,
les chars d'assaut, les animaux
ou même
quelques-uns de leurs frères humains.
Ils permettent aussi de faire des
exercices intelligents
et interactifs
qui enrichiront au moins le joueur
sinon le programmeur, encore que
j'en doute, ce « jeu » est
en accès totalement libre.
Vous vous
trouvez donc devant une série
de mots dont il faut régler les
approches en cliquant sur les
lettres et
en les déplaçant
vers la droite ou vers la gauche.
Comme vous ne pouvez pas déplacer
ni la première
ni la dernière lettre du mot, le
but est que le mot tienne dans
l'espace qui vous
est alloué et que les lettres soient « convenablement » espacées
en fonction de leur nature, de
leur forme et bien entendu de
la police de caractères
choisie. Quand vous pensez avoir
correctement réglé vos approches,
proposez votre solution et l'ordinateur
vous notera sur
votre réussite. Ne pensez pas que
l'ordinateur soit plus « intelligent » que
vous dans ce domaine, il ne fait
que reproduire à la
lettre ce que le créateur de ces
caractères
a spécifié lors de la conception
de sa police. Bon amusement !
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PS : et n'oubliez pas que Frank Adebiaye
et Suzanne Cardinal vous présenteront
leur ouvrage : « François Boltana
et la naissance de la typographie numérique » édité chez
Atelier Perrousseaux, à l'occasion d'une
soirée dédicace à la librairie
Byblos le 18 novembre prochain à partir
de 17 h. Infos pratiques : 95, rue Blomet 75015
PARIS Métro : Vaugirard (ligne 12). Pour
les plus gourmands d'entre vous, un repas est
prévu en face au Tabac de la Mairie,
vous proposant de nombreuses spécialités
auvergnates. Je vous entretiendrai très
prochainement plus en détail du contenu
de cet ouvrage très attendu.
>[Irma Daubeflache]
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| 11/11/11 |
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Comment on fabrique… |
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[Comment on fabrique un livre à l'École
Estienne de Paris] Pour
les quelques lecteurs que les nombreux
articles de cette colonne à propos de la
culture typographique n’ont pas encore précipité dans
les rares ouvrages disponibles sur la
question, pour ceux que la curiosité n’a
pas encore poussé à aller déranger
tel ou tel ami conducteur de Heidelberg
ou pour ceux trop éloignés du musée
de l’imprimerie de Lyon pour y satisfaire
leur soif de connaissance, Christian
Paput, ancien graveur de poinçon de l’Imprimerie
Nationale, a retrouvé parmi les sombres
caves de l’INA un
petit joyau de film muet (c’est à la
mode !) qui explique
par le menu la naissance d’un livre à l’école
Estienne dans les années 1930. Expliquant
toutes les étapes par le menu, depuis la
gravure du poinçon jusqu’à la
reliure finale, ce petit film vous fera
comprendre visuellement et simplement
ce que sont exactement
un poinçon, une matrice, une fonte, un
composteur, une casse et tous ces termes
ici employés.
Vous constaterez aussi, à voir la mine
et les attitudes des personnes filmées
sur le vif, que l’ambiance qui règne
dans ces ateliers semble bien différente
de celle qui règne dans nos collèges
actuels ! O
tempora, o mores… comme dirait
notre bon vieux Cicéron, pour une fois
convoqué pour une autre citation des Catilinaires
que « Quousque
tandem abutere Catiline patientia nostra ».
Ce petit film sera un excellent
prélude également à votre
visite de l’exposition Histoire
de caractères à la
bibliothèque Méjanes qui vit ses
derniers jours et qu’il ne faut manquer
sous aucun prétexte ! Moi qui vous
parle, métaphoriquement, je l’ai
déjà vue trois fois et je ne m’en
lasse pas.
Et un grand merci à Christian Paput pour nous
avoir signalé une telle merveille !
>[Félicie Séron]
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| 7/11/11 |
† |
Blaise Monod |
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[Blaise Monod] Nous
apprenons avec tristesse le décès
de Blaise Monod le 26 octobre 2011. Blaise était
l’un des fils de Maximilien Vox (Samuel
Monod pour l’état civil), le fondateur
des Rencontres de Lure qui fêteront l’année
prochaine leurs 60 ans et qui continuent
chaque année de réunir les amoureux
de la lettre en fin d’élé dans
le cadre délicieux du petit village provençal
de Lurs. Blaise était graphiste et c’est
d’ailleurs à ces sessions d’été que
nous avions pu le rencontrer. Il était
venu en toute simplicité nous parler de
son père et nous conter quelques anecdotes
familiales qui ont mis un peu d’humanité dans
l’image hiératique que nous avions
de ce grand ancien. Il avait aussi hérité de
son père un talent pour la gravure sur
bois et j'ai retrouvé une de ses œuvres
au détour du feuilletage de « Caractère
Noël » (celui de l'année
de ma naissance par exemple) qui ornent
toutes les bonnes bibliothèques.
Nous adressons toutes nos
condoléances à sa
famille.
>[BdG]
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| 4/11/11 |
Sécu |
Only human… |
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[Only human…] Eh
oui, frères humains, maintenant que nos
machines sont totalement sécurisées,
régulièrement patchées, surveillées
en permanence par nos anti-virus, anti-malware
et autres pare-feu, que des myriades
de sociétés
de sécurité alertent le monde entier
dès que la moindre trace du prochain Stuxnet,
Duku ou Slammer apparait, dans ce monde
donc où l'information
est verrouillée (ou devrait l'être),
le point faible c'est vous !
Oui, vous qui
cliquez sur le lien d'un mail reçu d'on
ne sait qui proposant des logiciels à des
prix ridicules, des agrandissements
d'un organe que vous devinerez sans
peine, des caisses pleines de dollars abandonnées
par un dictateur africain, de pauvres
religieuses perdues à la merci des hordes
de barbares africains ou musulmans
déchaînées,
des montres de luxe pour épater vos voisins
au tarif d'une vulgaire tocante de
bas étage… Oui,
c'est vous qui allez vous même faire rentrer à l'intérieur
de votre forteresse informatique le
logiciel malveillant qui vous pourrira
la vie. Oui, vous qui allez
cliquer au hasard d'une publicité alléchante,
voir déshabillée (choisissez le
thème qui vous tient à cœur),
juste pour voir ou pour rigoler, et
dont une page du site restera discrètement
dans un coin de votre écran à noter
tous vos mots de passe. Oui, vous qui
cherchez à télécharger
ce film tout récent en haute définition
qui nécessite un décodeur spécial
qui n'est autre qu'un… cheval
de Troie !
Car les bonnes vieilles recettes sont toujours
les meilleures et l'Odyssée garde
toute son actualité en ce début
de XXIe siècle. On vous allèche
? On vous fait des propositions trop
belles pour être
honnêtes ? On vous propose des cadeaux
? En ce monde où la marchandise est
reine, timeo
danaos et dona ferentes nous rappelle
le vieux Virgile (non, pour les non
latinistes, il
ne s'agit pas de craindre ni Timéo
ni une courtisane espagnole, Donna
Ferentes, mais d'une maxime signifiant
je crains
les Grecs, même quand ils apportent des
cadeaux), car ce clic malheureux que
vous allez regretter pendant longtemps
sera votre assentiment à laisser
entrer le moyen le plus sûr de nos jours
pour infecter un ordinateur, le fameux
cheval de Troie (trojan horse ou trojan
tout court pour
nos amis anglophones).
Et je ne parle
même pas de cette nouvelle
mode qui fait fureur outre atlantique,
l'ingéniérie
sociale qui consiste à percevoir
tout être
humain ou toute organisation comme
un système
dont il s'agit de trouver et d'exploiter
les failles. Certes, cela
demande des moyens plus importants qu'une
campagne d'email
auprès de millions de boites innocentes
qui est virtuellement gratuite. L'ingéniérie
sociale est encore de nos jours réservée à des
cibles dont les informations sont de
grande valeur, comme les administrations,
la défense
ou les sociétés financières.
Cela commence parfois par « Allo
? c'est l'assistance Microsoft, nous
avons détecté un
virus sur votre machine et il faudrait
que vous fassiez telle ou telle manipulation… » qui
bien sûr se révélera bien moins
dans votre intérêt que vous ne
pourriez l'espérer. Une
série
d'articles récents décrit
par le menu comment une fausse visite
incendie permet en
quelques minutes de récupérer
une montagne de données confidentielles
par le simple fait de lorgner de ci
de là sur
les ordinateurs que la responsable
va proposer de sa propre volonté à l'inspection.
Un petit keylogger par
ci, un petit émetteur
wifi pirate par là et le tour est joué,
le cheval de Troie humain est tout
aussi efficace que sa contrepartie
logicielle.
Alors,
que faire sinon se lamenter sur
sa propre faiblesse et son incommensurable
naïveté ?
Les agents de Matrix nous le disent
pourtant clairement « Only
human… » « Vous
n'êtes
que des humains… » et Nietzsche
de renchérir « Humain, trop
humain… », c'est dans notre
nature que les plus malins tirent profit
des plus naïfs
et je ne suis pas sûr qu'en devenant totalement
paranoïaques, en développant notre
penchant à la suspicion envers tous
et toutes depuis nos hommes politiques
jusqu'à nos
voisins de palier en passant par les
journalistes ou les
garagistes, nous ne soyons pas en train
justement de perdre notre nature humaine.
Salut
et fraternité !
>[Madmacs]
PS : rappel aux aixois, samedi prochain
5 novembre à l'Institut du Livre, conférence
de Matthieu Cortat dans le cadre du 500e
anniversaire de Garamont !
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| 1/11/11 |
.;:,? |
Tire ta langue |
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[Tire ta langue] Où l'on
reparle d'Étienne
Dolet… La liste
typo pointait il y a quelques jours un
numéro
passionnant de l'émission « Tire
ta langue » sur le thème de
la ponctuation à la Renaissance. Mais que
cet intitulé, qui peut sembler un peu abscons
de prime abord, ne vous détourne pas d'écouter
cette émission car bien loin de pinailler
sur la date précise de l’apparition
du point virgule chez tel auteur, elle
expose de façon claire et néanmoins
précise
les buts de l'utilisation de la ponctuation
chez certains auteurs de ce merveilleux
XVIe siècle,
comme nous le trouvons nous qui n'y vivons
pas. Étienne
Dolet nous l’explique par exemple dans son
célèbre « De la punctuation
de la langue francoyse. Plus. Des accents
d'ycelle »,
il s’agit de rythmer la lecture et par la
même la pensée, donc de pratiquer
une rhétorique plus accessible. Mais vous
entendrez aussi Nathalie Dauvois vous
parler de la façon de travailler des ateliers
d'imprimeurs, des différentes manières
de ponctuer la poésie et ce que l'on peut
indiquer par là, ou bien même de
l'antagonisme entre misogynes et féministes
qui semble avoir atteint des sommets
de vigueur dans les propos à cette époque.
Bref,
ne manquez pas de consacrer une petite
demi-heure à écouter cette émission avant
que, d’ici quelque temps, elle n'aille
rejoindre ses milliers de congénères
dans les caves bien remplies de l'INA
!
>[Amédée Cripteur]
PS : pour ceux qui auraient des insomnies
en ce moment, ou tout simplement ceux
qui voudraient approfondir le sujet,
le livre de Nathalie Dauvois et Jacques
Dürrenmatt est présenté ici.
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Octobre
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| 29/10/11 |
pwnd |
Le manuscrit Copiale |
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[Le manuscrit Copiale] Un événement
sensationnel a agité ces derniers jours
le petit monde bien tranquille des décrypteurs
de manuscrits historiques. On
a décrypté le
manuscrit Copiale ! Ce manuscrit du XVIIIe
siècle,
nommé Copiale à cause d'une des
deux seules mentions non cryptées du document,
est composé en un étrange mélange
de caractères romains, grecs et de symboles
alchimiques, ornés parfois des accents
pour le moins inhabituels. L'équipe de
décrypteurs de l'Université de Californie
du sud, Kevin Knight et ses collègues Beáta
Megyesi et Christiane Schaefer, ont bien
entendu utilisé un ordinateur pour s'affranchir
des fastidieuses opérations de transcription
lettre à lettre des 105 pages de code,
mais en lisant attentivement leur
article,
on se rend vite compte que leur succès
est dû bien plus une série de fulgurantes
intuitions sur la nature du code et du
langage qu'il cache qu'à l'utilisation
de la force brute de décodage de l'ordinateur.
Une fois décodé, le manuscrit décrit
un rituel d'initiation et divers éléments
de théorie politique d'une société secrète
comme il en pullulait à cette époque,
et il fournit ainsi de précieuses données
aux historiens spécialisés. Et
ensuite, me direz-vous ? Il reste bien
entendu le manuscrit
Voynich, évoqué de
nombreuses fois ici même, mais dont la
nature du texte et le code employé font
toujours enrager les cryptographes
amateurs et
professionnels. D'abord
parce que contrairement au manuscrit
Copiale qui a été écrit
pour être
facilement déchiffrable à chaque
fois que l'on voulait un élément
de référence du rituel, le manuscrit
Voynich (et le codex
Seraphinianus dans
les années
1970) n'ont pas été fait pour être
lus mais bien pour proposer un code
indéchiffrable
qui est l'intérêt cryptographique
du manuscrit en soi. Pour le Copiale,
le code est ainsi une simple substitution
multiple, certes
difficile à retrouver sans la clé,
mais assez facilement lisible pour
un initié qui
en possèderait le secret. Alors que le
codex Seraphinianus, par exemple, n'est
pas fait pour être lu mais plutôt
pour l'aspect esthétique de cette écriture étrange
et des non moins étranges figures qui
l'accompagnent.
Alors,
même décrypté, le manuscrit
Copiale reste un
magnifique exemple de
calligraphie
régulière et d'imagination
créatrice
qui ne pâlit en rien devant ni le Voynich
ni le Seraphinianus.
>[Amédée Cripteur]
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| 26/10/11 |
Sécu |
Les hamburgers ont des oreilles |
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[Les hamburgers ont des oreilles] L’humain
moyen est tel que pour s’épargner
un effort parfois minime, il est prêt à prendre
des risques souvent importants voir même
gravissimes. Non, je ne parle pas de
ceux qui pour s’éviter de marcher
quelques mètres et d’attendre quelques
secondes traversent telle grande artère
en plein milieu de la circulation, remettant
leur vie entre
les mains de chauffeurs qu’ils espèrent
bienveillants. Non, je ne parle non plus
de ceux qui pour gagner quelques précieuses
secondes, vont doubler sans visibilité,
rouler à tombeau ouvert quitte à mettre
leurs économies, leurs points de permis
et même leur vie en danger pour quelques
miettes de temps dont on espère au moins
qu’ils les utiliseront de manière
particulièrement profitable. Non, je vous
parlerai aujourd'hui de ceux qui pour
s’éviter
de devoir brancher un câble entre leur « box » et
leur ordinateur, effectuent leurs achats,
leur gestion bancaire ou autre opération
privée à travers
leur liaison radio Wifi, au vu et au
su de tout le
quartier.
Mais oui, la radio est ainsi
faite que tout un chacun peut émettre
et recevoir, et que tout ce que vous émettez
peut être écouté et
donc entendu. Certains poussent l’inconscience
jusqu’à faire des achats sur internet à travers
des réseaux publics (MacDonald’s
et autres) ou ne mettent pas de mot
de passe à leur
propre réseau. Eh oui, même les
plus informés se laissent parfois aller à la
facilité, les irakiens ont ainsi pu récupérer
en temps réel les vidéos que
les drones américains envoyaient à leur
base parce qu’un informaticien paresseux
n’avait pas pris la peine de crypter leur
communication. Et même. On a appris il
y a quelques jours qu’un groupe de hackers
non identifiés a pu prendre
à plusieurs reprises le contrôle
de deux satellites civils d’observation (Terra
AM-1 et Landsat7). Certes ce n’est
pas à la portée de tout un chacun
et étant professionnellement du domaine,
je peux vous dire que connaitre les
fréquences,
les codes, les protocoles, les clés de
cryptage et les mots de passe est bien
plus complexe que télécharger
un programme à quelques
dollars (voire même gratuitement) pour
craquer la clé WEP du réseau du
voisin. Certes, ils ont été bienveillants
et n'ont rien fait de leur accès, ni
de leur demander de se désorbiter,
ni de griller leurs capteurs en leur
faisant regarder le soleil. Certes,
un traité datant
de la guerre froide interdit de placer
des armes en orbite
(ce traité est
quasiment respecté à l’exception
de quelques satellites tueurs de satellites), évitant
qu’un petit malin puisse rigoler à déclencher
une guerre nucléaire totale.
Donc, quand vous faites quelque chose d’important
sur votre ordinateur, même si vous
êtes sur un serveur prétendu sécurisé,
même si vous avez la meilleure clé 802.1X
du monde, ne le faites pas à travers
le wifi : branchez un câble, coupez
votre accès wifi
et évitez que tout les gens du quartier
(ou tous les amateurs de hamburgers
autour de vous) n’apprennent votre numéro
de carte bleue, ou votre mot de passe
bancaire, celui
de votre mail ou celui… de votre compte
Facebook !
Mais l’ordinateur n’est
pas le maillon le plus faible de la chaîne
de sécurité,
car vous verrez dans quelques jours
que ce maillon, c’est vous !
>[Madmacs]
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| 23/10/11 |
Reims |
Cybercallis et cyberbooks |
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[Cybercallis et cyberbooks] Amis
des bibliophiles et des carolingiens
bonjour !
Le blog de Graphos est heureux dans ce
post de vous convier à visiter (virtuellement
mais aussi à pédibus), le fonds
ancien de la bibliothèque municipale de
Reims (1) qui vient de faire l’objet d’une
numérisation attendue depuis plusieurs
années… Manuscrits…VIIIe et
IXe siècles dans le cadre du projet « European
Regia » qui consiste à mettre en
place une bibliothèque virtuelle de manuscrits
européens du Moyen Age et de la Renaissance
(2) – rien que ça !... Vous
y découvrirez, entre autres, 100 manuscrits
inédits et 66 enluminures ! Autrement
dit une mine d’or pour tous les apprentis
paléo-calligraphes et consorts…
Je
profite également de cette info pour
signaler à tous les lecteurs du BdG., fidèles
de Gallica et amis bibliophiles en quête
de serpents de mer et autres raretés que
vous pouvez maintenant commander à prix
sympa, grâce à la philanthropique
mais néanmoins rémunérée
société « The book édition » (3),
la réimpression d’un livre publié avant
1900 parmi les quelque 170 000 titres
aujourd’hui
disponibles chez Gallica ! > « Comment
faire ? > Sur la barre d'outils au-dessus du
document de votre choix, cliquez sur
le bouton « Commander » et
sélectionnez l'imprimeur partenaire de
la BnF dont l'offre vous convient le
mieux. Vous recevrez un livre imprimé à l’identique
de l’original, les délais, conditions
de ventes et tarifs sont propres à chaque
partenaire. » Voilà qui est
dit ! Alors à vos souris…
>[Jorge Luis Cyborg-Gesse]
(1) Bibliothèque
municipale de Reims
(2) « Depuis
le 26 juillet dernier, la société de
service Azentis a installé un atelier
de numérisation à la
Bibliothèque municipale de Reims, dans
le cadre d’un marché avec la BnF,
pour numériser entre 50 et 60 manuscrits
carolingiens, pour un total de 17.000
pages. Le projet « Europeana Regia »,
lancé début
2010, réunit cinq grandes bibliothèques
européennes (Bnf, Bibliothèque
Royale de Belgique, Bayerische Staatsbibliothek,
Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel et
Biblioteca historica de la Universitat
de Valencia) dans
le but de reconstituer une bibliothèque
virtuelle composée de l’essentiel
des documents royaux européens d’ici
fin 2012. Avec un budget de 3,4 millions
d’euros,
il est financé à 50% par la Commission
européenne. Le projet numérisera
plus de 300.000 pages, comprenant 426
manuscrits de l’Empire carolingien, 163
manuscrits de la Librairie du Louvre, à l’époque
de Charles V et sa famille, et 282
manuscrits de la bibliothèque des rois
aragonais de Naples. » (source ActuaLitté.)
(3) entre autres ici
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| 20/10/11 |
Sécu |
Noli me tangere |
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[Noli me tangere] Trois
faits divers récents m'incitent à vous
proposer trois articles sur la sécurité informatique
ou comment prévenir les dégâts
quand on a chez soi un ordinateur et
qu'on n'est pas du métier. Trois principes
simples qui vous éviteront bien des ennuis,
je l'espère.
Il y a quelques semaines, l'armée
américaine
a avoué avoir trouvé un virus
sur leur réseau informatique interne
et notamment sur les ordinateurs qui
permettent de
piloter les drones armés en Afghanistan
depuis le fin fond de la cambrousse
américaine.
Ce virus, un « keylogger » (enregistreur
de clavier) permet, chez M. Tout le
Monde, de noter le numéro de carte bleue
lorsqu'il effectue des paiements en
ligne ou de capturer
son mot de
passe quand il se connecte à sa banque.
Fait
inquiétant : le service de sécurité de
la base militaire en question avait
déjà repéré le
logiciel malveillant depuis plusieurs
semaines mais n'en avait pas parlé aux
autres membres du réseau pour ne pas
se ridiculiser, mettant ainsi en
danger tout les autres ordinateurs de
ce réseau. A priori, le virus est rentré par
l'intermédiaire d'une clé USB
sur laquelle se trouvait des cartes
d'une région
où se déroulent des opérations
en Afghanistan.
Fait rassurant : les
réseaux internes militaires
sont tous séparés des réseaux
publics par un « air gap » (un
intervalle d'air) c'est à dire qu'en
fait ils ne sont pas connectés physiquement,
ce qui fait que le petit virus
sur ce réseau
se retrouve tout seul sans personne
de qui recevoir des ordres ou à
qui renvoyer les informations
qu'il a glanées ici ou là.
C'est une pratique universelle,
et ceux qui prétendent
avoir pénétré « les
ordinateurs secrets de la CIA »,
quand ce ne sont pas des mythomanes,
se sont le plus
souvent laissé abuser par des « pots
de miel ».
Et dans la série « quand
les événements
nous dépassent, feignons de les
organiser »,
une fuite anonyme interne à l’armée
américaine prétendrait que
ce virus est en fait un moyen
de contrôle
de la hiérarchie
sur les opérateurs de drones. Ça
me fait doucement rigoler, s’ils
ont besoin d’un virus pour savoir
ce que font leurs opérateurs alors
c’est
que l’informatique
militaire américaine est vraiment
au fond du trou !
La leçon
de cette histoire est que nul
n'est à l'abri
d'une infection de nos jours,
le tout est qu'elle puisse faire le moins
de dégâts
possibles : sauvegardez vos
données
sur un disque externe que vous
brancherez le moins
souvent possible, quand vous
n'avez pas besoin de votre
ordinateur, éteignez-le
et surtout n'y mettez aucune
information que vous ne voulez
pas voir se retrouver un jour
dans la nature. Pas de numéro
de carte bancaire (les eCartes
Bleues sont
le seul moyen de faire des
achats sur internet à moindre
risque), n'utilisez le serveur
de votre banque
que s'il ne permet
aucune opération d'envoi d'argent
ailleurs que sur des comptes
que vous avez déclarés
(c'est par exemple ce que fait
la Banque Postale) et n'y laissez
aucune photo compromettante,
lettre privée ou autres données
confidentielles, imprimez-les
et effacez la copie numérique.
Un
jour ou l'autre, même si
vous êtes sûr d'être à l'abri, vous y
passerez, comme l'armée
américaine,
et moins il y aura de possibilité de
dégâts
mieux vous dormirez les jours
suivants.
Et
bientôt, je vous parlerai des
murs qui ont des oreilles…
>[Madmacs]
PS : attentions aux traductions fantaisistes et
sensationnelles parues
dans la presse française : ce
ne sont pas les drones qui ont été infectés,
mais les ordinateurs de pilotage et le
virus n'est ni « coriace » ni
« inconnu » puisqu'il a été détecté
et éliminé d'une partie des machines
concernées.
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| 17/10/11 |
WE |
Fête du Livre |
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[Fête du Livre] On
nous informe de tout côté de la tenue
d’une grande fête du livre à Forcalquier à partir
de vendredi prochain et pour tout le
week-end ! Vous qui vous demandiez que
faire avec la survenue
des premiers frimas en Provence, voilà une
activité toute trouvée qui comblera à la
fois votre sens esthétique et vos sensibilités
thermiques. Notez que le dimanche, normalement,
tous les habitués de Graphos ont rendez-vous à L’Angélus
pour notre stage de rentrée sur « du
monogramme à l’ex-libris » et
qu’ils devront donc se rabattre sur les
festivités du vendredi et du samedi.
En
fait, autour du livre, un grand nombre
d’activités
vous sont proposées sur le thème
de « l'image imprimée » :
expositions, visites guidées, ateliers
de démonstration mais aussi des événements
autour de la gravure sur bois, de la
linogravure, de l'image détournée,
de l’empreinte,
de la lithographie, de la taille-douce,
du gaufrage, des monotypes, des empreintes & des
haïkus… bref,
de quoi contenter les plus exigeants
! Il y aura entre autres Christian
Paput en personne pour
nous parler de l’extraordinaire travail
de Louis Jou, cet imprimeur des Baux
qui porta la typographie et l’art du livre à des
sommets rarement atteints (c’est mon idole).
Bref
mille raisons pour vous rendre ce week-end à Forcalquier
pour y fêter
le livre dans une ambiance à nulle autre
pareille. Le programme est disponible
ici et là,
ne manquez pas cet événement exceptionnel !
>[Mishima Jimprimé]
PS : on nous signale également la présence
de « La cuisine antique » dont
les spécialités méditérranéennes nous
régalent chaque été à Lurs. De quoi joindre
la gastronomie à la typographie, une
fois de plus !
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| 14/10/11 |
Clic |
Garamont, 500e |
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[Garamont, 500e] Ça
y est ! Le grand jour est enfin arrivé,
celui que nous attendions tous depuis
des lustres ! Impatients que nous étions
de découvrir
enfin, en ce 14 octobre, le tout nouveau… site
dédié aux célébrations
du 500e anniversaire de Claude Garamont !
Ah bon, vous pensiez à autre chose ?
l'iPhone 4S ? Mais vous rêvez !
Dans un monde où l'ancien fondateur d'Apple
(Woz, dit « le
survivant ») n'a rien de mieux pour
témoigner son amour à sa femme que
de faire la queue toute la nuit devant
un Apple Store pour être un des premiers à lui
offrir acheter ce nouveau modèle que tout
le monde va s'arracher, dans un monde
où l'avoir
(et l'affichage de ce que l'on a) a depuis
bien longtemps détrôné l'être,
il est bon de savoir qu'il reste des
havres de paix où la marchandise n'est
pas glorifiée,
sauf pour la moquer, comme sur le BdG
par exemple.
Et
donc, enfin, en ce jour, ce site créé par
le Ministère de la Culture est mis en
ligne… après
quelques péripéties informatiques.
Je ne vous cache pas que je tente de
m'y connecter plusieurs fois par jour
depuis une semaine et
que j'en ai vu des vertes et des pas
mûres, c'est le cas de le dire… Mais
le voici disponible aujourd'hui, fort
beau et en tout point informatiquement
(presque) parfait. On y trouve
un grand nombre de connaissances parmi
lesquelles même les plus érudits
d'entre nous trouveront quelques perles à y
recueillir, ainsi que de superbes photos
de caractères,
de livres et d'outils que tous les
amoureux de la belle typographie et
des impressions anciennes
ne pourront qu'apprécier. Une foule d'articles,
de photos et de video vous conteront
l'histoire de ce caractère, de son créateur
et les diverses péripéties qui
l'amèneront
en notre modernité du XXIe siècle.
Tout
cela pour vous recommander de cliquer
illico presto sur ici et
de parcourir ce site en long, en large
et en travers afin de vous imprégner de
toutes les merveilles ici assemblées.
>[Edgar Amon]
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| 11/10/11 |
SXB |
L'Europe des Esprits |
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[L'Europe des Esprits] Il
arrive parfois qu'au hasard d'un voyage,
on découvre
des merveilles, soit dont le monde entier
est au courant, auquel cas on se sent
bien bête,
soit que personne ne connaisse auquel
cas on se trouve tout à coup auréolé d'une
gloire de découvreur. Vous jugerez dans
quel cas je me trouve pour vous parler
d'une exposition qui vient de s'ouvrir à Strasbourg
et qui porte sur « l'Europe
des esprits ».
Point là d'esprit au sens de mot d'esprit
ni au sens d'esprit de vin, vous l'aurez
sans doute deviné, mais plutôt d'un
regroupement d'œuvres d'art inspirées
par les phénomènes
spirites ou les théories ésotériques
apparues au XIXe siècle et qui gardèrent
une mode durable jusqu'au milieu du XXe
siècle.
Ce qui me pousse à vous parler
de cette exposition, et donc bien entendu à vous
engager à la visiter à tout prix,
n'a sans doute rien à voir avec la calligraphie
ou la typographie encore qu'on puisse
y découvrir
de fort belles publications imprimées
et quelques lettrages, art nouveau
notamment, que n'auraient pas renié un
calligraphe de talent. Non, ce que
j'ai trouvé absolument
extraordinaire est la puissance d'évocation
de certaines œuvres.
N'ayant pas la contrainte de représenter
le réel et étant sans doute bien
plus portés par ces thèmes que
par ceux d'une représentation de commande,
les artistes donnent libre cours à une
utilisation des contrastes lumineux
absolument hors de toute mesure, ils
se laissent une totale liberté dans le
choix de leurs couleurs et osent des
formes totalement
nouvelles dont
l'impact d'ensemble sur le spectateur
est d'une force rarement atteinte.
Les peintures les plus
impressionnantes à mon goût sont
celles de la période romantique qui associent
le fantastique, le surnaturel et une
certaine dose d'horreur qui donnerait
des frissons dans
le dos du plus flegmatique des visiteurs.
Ce ne sont pas forcément les figures
les plus impressionnantes qui frappent
le plus, ce
ne sont
pas les sorcières les plus grimaçantes
ni les démons les plus cornus qui impressionnent,
c'est parfois simplement une jeune
fille dans un paysage tourmenté ou bien
un coucher de soleil sur des montagnes
hallucinées,
parfois un simple paysage maritime… Une
partie de l'exposition décrit le parcours
jusqu'à l'abstraction et il est remarquable
de voir que certains artistes n'ont
rien perdu de leur puissance d'évocation
en sortant du figuratif.
Il serait trop long
de vous parler
de la totalité de ce qui est donné à voir,
plus de cinq cents tableaux et œuvres
graphiques sur deux étages du Musée
d'art moderne et contemporain mais
je gage que nous
allons entendre
parler de cette exposition dans les
prochains temps, elle vient en effet
juste d'ouvrir le 8
octobre et je pense qu'elle gagnera
en notoriété au
fur et à mesure que plus de visiteurs
auront ressenti toute la puissance
de ces tableaux.
>[Hans im Schnockeloch]
PS : au moment où nous mettons sous presse,
métaphoriquement, j'apprends que France
Culture vient de consacrer une émission
de deux heures au sujet de cette exposition. Si
vous allez sur le site de l'émission « mauvais
genre » vous pourrez l'écouter
pendant encore six mois.
PPS : les lecteurs sédentaires pourront
trouver la motivation de se déplacer à Strasbourg
en explorant le site de l'exposition
ici et
les gourmands trouveront d'autres arguments là.
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| 8/10/11 |
† |
Steve Jobs (bis) |
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[Steve Jobs] Le
décès de Steve Jobs a remis à l’honneur
le fameux discours u’il avait
prononcée à Stanford lors de la
remise des diplômes de 2005.
Cette conférence
est édifiante. D’abord par le parcours
difficile de l’homme, bien loin d’une
certaine jeunesse dorée des « fils
de… », mais aussi par un
parcours totalement atypique qui
n’est
possible, à mon
avis, que dans un pays comme les États
Unis. Tout d’abord quitter l’université alors
que ses parents se saignent aux quatre
veines pour vous payer des études est
un choix qui mène chez nous bien plus
souvent au chômage et à la rue
qu’à la
présidence d’une multinationale.
Ensuite par une formation qui en
apparence n’a
rien de structuré, passant des arts à l’informatique,
touchant à tout les domaines poussé bien
plus par la curiosité et l’effet
de rencontre que par un plan de carrière
bien défini, ce qui chez nous vous
rejette immédiatement dans la catégorie
dilettante et donc dans les poubelles à CV.
Enfin par le fait absolument inconcevable
chez nous de commencer à faire des
ordinateurs dans un garage et de
finir en tant
que directeur d’un des plus gros vendeurs
d’électronique,
d’informatique et de musique mondiaux.
Chez nous, la recherche passe par
des circuits bien structurés, agences
nationales de valorisation n’aidant
que les grosses sociétés qui
pourront passer des mois à monter et
défendre leur dossier
devant des myriades de commissions,
sous-commissions et prétendus experts
du domaine, programmes de subvention étatiques
attribués
exclusivement à ceux qui pourront prouver
un cursus universitaire irréprochable,
bref, à part le concours Lépine,
rien n’est laissé à l’étincelle
de génie créateur qui sera issue
d’un autodidacte isolé ou d’une
très
petite entreprise innovante. Donc,
avis à nos
lecteurs étudiants : chez nous, ce
genre de comportement ne vous mènera à rien,
si vous voulez faire ça allez aux États
Unis !
Et c’est d’ailleurs ce que font
un certain nombre de nos cerveaux
les plus brillants à voir
la composition de la direction de
pas mal d’entreprises
etazuniennes les plus innovantes,
et Apple n’est
pas en reste sur ce point.
Mais cessons
de radoter et de nous apitoyer sur
l'impossibilité
de la vieille Europe à évoluer un tant
soit peu, ce qui m’amène à parler
de cette conférence c’est un passage
absolument passionnant (vers la quatrième
minute de la vidéo) au cours duquel Steve
Jobs explique qu’il a passé quelques
temps en tant qu’auditeur libre à apprendre
la calligraphie et la typographie « cet
art de l’invisible, rétif à toute
approche scientifique » et toute l’influence
que cela a eu sur sa façon de concevoir
les produits d’Apple. Remarquable également
de remarquer que de tels cours existent
dans les plus prestigieuses universités
américaines;
le MIT, une école à vocation scientifique,
je le rappelle, propose des cours de
typographie approfondis et pas vraiment
dans le cadre de loisirs créatifs.
Je pense qu’on peut retrouver toute la
philosophie de Jobs et donc d’Apple dans
ces quelques phrases, depuis l’art de
l’invisible
et les multiples détails hors de perception
de l'utilisateur qui le libèrent de l’aspect
bassement technique du fonctionnement
de la technologie, jusqu’à la
recherche fanatique de la perfection, « il
n’y a qu’un seul degré de
bien en typographie, la perfection » disait
Vox, le tout permettant une transposition
assez immédiate et totale de ce
tout qui fait la belle typographie
dans le domaine de la
conception
de produits informatiques.
Quel bon typographe aurait
sans doute été Steve
Jobs s’il ne s’était entiché de
faire de l’informatique !
Vous pouvez
voir une vidéo de cette conférence
sous-titrée en français ici et là une
version de meilleure qualité mais sans
les sous-titres. À voir, revoir et
méditer.
>[Madmacs]
En illustration, une affiche de la campagne de
publicité d'Apple sur le thème « pensez-différemment ».
À l'époque, ça voulait tout
dire. De nos jours, et grâce à Jobs,
les choses ont bien changé et choisir
Apple c'est le plus souvent faire comme
tout le monde !
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| 5/10/11 |
† |
Steve Jobs |
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[Steve Jobs] Comme
des millions de personnes, j'ai appris
ce matin le décès de Steve Jobs.
Comme des millions de personnes, j'ai reçu
la nouvelle sur une machine portant une pomme.
Comme quoi,
il y a des gens qui marquent leur époque.
Certes,
le monde Apple dans lequel j'évolue
depuis de nombreuses années n'est pas
tout rose. Le contact direct avec certains
ingénieurs
californiens a porté à mes oreilles
des anecdotes sur l'homme qui sont
pour le moins dérangeantes,
sur son exigence de travail de tous
les instants, sur son obsession de
perfection dont on ne sait
plus très bien si c'est une qualité poussée à son
paroxysme ou tout simplement un bien
gros défaut.
Et quand vous êtes le patron d'une société comme
Apple, que vous avez tous les pouvoirs
et que personne n'osera jamais contester
une de vos décisions,
le pire jouxte parfois avec le meilleur.
Sur
sa manie du secret, aussi. Incroyable
qu'une société comportant
autant d'employés, travaillant avec autant
de sous-traitants arrive à garder le
secret d'un téléphone comme l'iPhone
jusqu'à la
dernière seconde où Steve en parlera
sur scène au cours d'une de ses plus
mémorable
keynotes. J'ai pour ma part eu l'occasion
de travailler sur quelques prototypes
logiciels ou matériels
Apple, et le "NDA" (non disclosure
agreement, contrat de confidentialité) était
tellement restrictif et les sanctions
en cas de fuites tellement disproportionnées à la
faute que nous nous sommes demandés plus
d'une fois si c'était bien raisonnable
de s'engager dans cette voie.
Mais
tout revers de la médaille a aussi
son avers : moyens quasiment illimités
pour fignoler tel ou tel logiciel,
semaines tout frais payés passées à coder
vingt heures sur vingt quatre dans
de grands hôtels
de villes européennes, contact direct
des programmeurs quels qu'ils soient
(je travaillais dans une petite société provençale
de 8 personnes) avec les ingénieurs
du centre de recherches d'Apple qui à Cupertino
concevaient les merveilles qui un
jour éblouiraient
le monde. Rien n'était épargné pour
que le produit soit le meilleur lors
de sa mise en vente. Et ces méthodes
ont prouvé leur
efficacité jusqu'à nos jours
: chaque fois qu'Apple à sorti un appareil
quelconque ces dernières années,
il a immédiatement
raflé une énorme partie du marché.
Le Zune de Microsoft (abandonné il
y a quelques jours) n'a pas pu concurrencer
l'iPod
alors qu'il était soutenu par tout
le battage marketing de Microsoft, deux ou
trois
constructeurs
(et non des moindres) tentent désespérément
de produire une tablette qui puisse
tenter d'être
au niveau d' l'iPad, BlackBerry,
Samsung et autres Nokia essayent de regagner
quelques
pour-cents
de part de marché des téléphones
haut de gamme, le Mac tient actuellement
20% de parts de marché alors qu'il
en était à 2%
il y a dix ans...
Pourquoi ce succès
? Parce que "it
just works", cela fonctionne et c'est
tout. Pas d'écran bleu sur un Mac
(je n'en ai vu un que sur une version
spéciale
développeur
en 2001 et jamais plus depuis 10
ans), pas de « panneau
de configuration » sur
mon iPod pour se connecter au wifi,
on donne le mot de passe
et c'est tout. Ça
marche. Comme je le dis souvent,
j'ai un PC au boulot parce que
s'il a un problème
(et ça
lui arrive parfois) je suis payé pour
chaque minute que je passe à le remettre
en fonctionnement, alors que j'ai
un Mac à la
maison parce que je ne veux pas
prendre une minute sur mon
temps de loisir à le dépanner.
Alors
pour tout ça, merci Steve.
>[Madmacs]
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| 1/10/11 |
Book |
Typothéâtre |
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[Typothéâtre] Vous
allez me dire que je serine, que je ressasse,
que je gâtifie et que je commence à remplir
cette colonne de la même sempiternelle ritournelle,
mais j'affirme haut et fort que la fusion
de la culture calligraphique et la culture
typographique créent chez les pratiquants
de l'un et de l'autre art un bénéfice
mutuel, une synergie qui portent au pinacle
l'art de la lettre. Je n'en prendrai
que comme exemple
d'un
côté Albert Boton dont les réalisations
typographiques sont de renommée mondiale
et qui affirme que toutes ses lettres
sont à l'origine
calligraphiées ou bien Laurent Pflughaupt
dont les quelques travaux typographiques
n'ont rien à envier à ses éblouissants
travaux calligraphiques.
Alors, amis calligraphes,
pour vous y mettre sans douleur ou
sinon pour vous amis typographes,
pour approfondir votre science ou simplement
pour vous amuser un brin, je ne peux
que vous recommander
un ouvrage unique en son genre « Typothéâtre » conçu
par Susanne Stammbach, professeur de
typographie dans diverses écoles suisses
de renom qui est venue nous parler
de sa méthode
cet été à Lurs.
Pour elle, pour faire de la belle lettre,
il faut apprendre à voir, et pour apprendre à voir
dans la joie et la bonne humeur, elle
a une méthode
bien particulière. Son livre regroupe
en effet cinquante des petits « jeux » typographiques
qu'elle propose à ses étudiants
pour leur éduquer l'œil. L'un par
exemple, nous montre des lettres dont
une partie est cachée par un pansement
et il nous faut rétablir au crayon la
continuité des
courbes pour reconstituer la lettre
complète,
un autre nous propose un classique « trouvez
l'intrus » où des mots comportent
une ou plusieurs lettres d'une autre
police, il y a aussi celui qui montre
une liste de lettres
d'une série de police ainsi qu'une lettre
isolée que l'on doit replacer dans sa
famille. Là où ça se corse
c'est que beaucoup de ces exercices ne sont
pas
si faciles, ce dernier, par exemple,
n'utilise que des linéales.
Saurez-vous remettre avec ses congénères
un « t » de Futura, d'Helvetica,
d'Akzidenz Grotesk, d'Univers ou de
Gill Sans ?
Personnellement, je ne me lasse pas
de m'amuser à faire ces
exercices dont parfois certains reposent
sur la réponse à des
questions et qui donc une fois faits,
sont faits, mais dont la plupart
reposent totalement sur une créativité bien
orientée
et peuvent être refaits à l'envi
puisqu'aucune solution n'est véritablement
définitive.
Ce livre est trouvable sur
internet, et ne vous laissez pas
rebuter par sa qualification de livre étranger,
les textes sont en français,
allemand et italien, comme bon
nombre de livres suisses et les exercices
sont totalement
internationaux
(un beau travail de ce côté-là d'ailleurs).
>[Magali Néale]
PS : L'éditeur parle de son livre ici,
mais vous en trouverez facilement un
exemplaire chez
votre libraire préféré ou sur votre site
d'achats de livre en ligne habituel.
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Marchands du temple
et autres stratèges du
marketing, désolé il n’y a rien à vendre
ici…
Pas de pubs sur notre blog… sinon
les nôtres !



>André Bloggo
kidnappé le 20 janvier 1997 pour jeux de
mots approximatifs vient d’être relâché après
le versement d’une rançon du Pdg du
[BdG] de 800 000 €
news@leblogdegraphos.net

>Information légale.
Les expérimentations monstrueuses du professeur
Victor Bloggenstein sur le [BdG] ne sont effectuées
que sur son Webmaster.
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de tous les pays,
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au [blog] de graphos :
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>Pour
ceux qui l’aurait oublié, André Bloggo
vous rappelle que le Prix Nobel de la Paix de l’année
2009 a été attribué à Barack
Obama.
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quantique & sémiologie – Les Aphorismes
d’André Bloggo » à découvrir
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>« Qu'èi
shens duta ua "sotie", farça satirica
ont lo pòple se botava de mascas e de desguisaments
que permetevan, ne deishar la vergonha de costat,
de's trufar deus poderos e deus rics, e subretot
deus abats e deus monjas. »
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>Un fonds d’investissement serbo-taiwanais
vient de renflouer financièrement André Bloggo,
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>SCOOP [BdG] - Le Prix Nobel de Physique 2010 est
attribué à André Bloggo pour sa
loi de la « Relativité relative » selon
laquelle ce sont les trains qui regardent passer les
vaches.
news@leblogdegraphos.net


>Patrick
Bruel & André Bloggo, en finale du World
Poker Tour, sur le [BdG].
news@leblogdegraphos.net

>Information légale :
les expérimentations
monstrueuses du professeur Victor Bloggenstein sur
le [BdG] ne sont effectuées que sur son
Webmaster.
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(OQP) pour Brazil 7.0, baptisé « T’es
fait comme un rat la loose ! »,
Boogle a dévoilé l'une des nouvelles
fonctions de son OS mobile : la navigation
par « BMMN », Boogle Mortel
Maps Navigation.
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>Les aphorismes d’André Bloggo dans
la colonne de droite du BdG. commencent vraiment à me
saouler !
C’est quoi ces conneries à la fin ?
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>[BINGOBLOG] – un
jeu débile
qui vous rassure ! on ze [blog]
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>Authentification pour accéder
au [blog] de graphos :
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>Pour
ceux qui l’aurait oublié,
André Bloggo vous rappelle que le
Prix Nobel de la Paix de l’année 2009
a été attribué à Barack Obama.
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>Les aphorismes d’André Bloggo dans
la
colonne de droite du BdG. commencent vraiment à me
saouler !
C’est quoi
ces conneries à la fin ?
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>Pour éviter
toute contamination virale, grippes A, B, C, D,
E, F - Faites vacciner votre Blog d’urgence.
Après usage, un Pater et deux Avé,
noyez votre souris dans une solution hydro-alcoolique.
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>Ô Pinaise ! Exclu people sur le BdG !
Le secret de MS. de Secret Story 4 serait que : « Le
cousin germain de l’enfant caché d’André Bloggo
et de Simone de Beauvoir, aurait eu une relation
intra-utérine, avant fécondation in
vitro, sans rapport avec la date des dernières
règles de son propre père. »
news@leblogdegraphos.net


>[Journée
de la femme] – « Offrez à votre épouse « l’Equipe »,
une corne de brume et une chope de bière, ça
permettra les rapprochements sociologiques
et de dénouer les tensions ancestrales. »
- André Bloggo
news@leblogdegraphos.net

>Les aphorismes d’André Bloggo, professeur
de droit public à l’Université de
Paris X Nanterre sur le [BdG] c’est un peu
comme un string sans ficelle.
- vos commentaires :
news@leblogdegraphos.net


>Le
petit André Bloggo est attendu par ses parents
caisse 11.
Je répète, le petit André Bloggo
(…)
news@leblogdegraphos.net

>Bloggo, haricot,
Nicolas Hulot !
sur le [BdG].
Jeux de mots maître Capello !
news@leblogdegraphos.net


>André Bloggo
Président !
news@leblogdegraphos.net

>La République populaire de Chine menace
le [BdG] de sanctions économiques si ce dernier
persiste à maintenir un embargo sur les rillettes
du Mans,
(infos AFP).
news@leblogdegraphos.net


>SCOOP
[BdG] - Le Prix Nobel de Physique 2010 est attribué à André Bloggo
pour sa loi de la « Relativité relative » selon
laquelle ce sont les trains qui regardent passer
les vaches.
news@leblogdegraphos.net

>Le [BdG] victime de son succès !
En moyenne, 40% de PDM sur les ménagères
de moins de 50 ans et 60% de PDM sur les adolescentes
peroxydées, le [BdG] sera présenté,
en prime time, l’année prochaine, par
André Bloggo en personne !
news@leblogdegraphos.net


>« Si à 50
ans on n'a pas de solex, on a quand même raté sa vie. »
- André Bloggo
news@leblogdegraphos.net

>- Hé le BdG ? Avez vous l'adresse
de Google.fr svp ?
- T trop marrant jojo_A420,
tu veu bien aitre mon nami ?
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>Il
avait comme seul viatique pour surfer sur le net,
une paire de [Blogs], un 357 magnum & un brelan
d’as.
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>Les aphorismes d’André Bloggo, professeur
de droit public à l’Université de
Paris X Nanterre sur le [BdG] c’est un peu
comme un string sans ficelle.
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Il n’y a aucun copyright sur rien !
Alors reproduisez tout !
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>Demande confidentielle
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>Si
tu es un fidèle de ce [Blog], alors n’éteins
surtout pas ton ordi et ne bouge plus ta souris
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La prochaine info va bientôt
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de la mécanique quantique ?
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