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Je crois que la police de caractères la plus vendue et la plus utilisée dans le monde est le Garamond...
et ça, ça me donne confiance en l'avenir de l'humanité.
Adrian Frutiger

Dieu a fait des hommes grands et d'autres petits,
je les ai rendus
tous égaux.
Samuel Colt

Je préférerais me faire examiner la prostate en direct à la télévision par un type aux mains bien froides plutôt qu’avoir une page Facebook.
Georges Clooney

La typographie est un métier ancien et simple. Très simple. Aussi simple que de jouer du violon. Mais guère plus.
Maximilien Vox

Si Dieu voulait que nous soyions courageux, pourquoi nous a-t-il donné des jambes ?
Marvin Kitman

La poésie soulève le voile sur la beauté cachée du monde.
Sei Shonagon


Si hoc legere scis nimium eruditionis habes.
Anonyme


La typographie est le seul art ayant la discrétion pour principe.
Jérôme Peignot


Quand l'avenir a-t-il cessé d'être une promesse pour devenir une menace?
Chuck Palahniuk


L'imprimerie,
c'est l'artillerie
de la pensée.
Rivarol


On peut dire n’importe quoi
sur un blog.
J. Bové


Je parle pas aux cons, ça les instruit.
Michel Audiard


Sème le trouble et tu récolteras la lumière.
Maurice Dantec


Aucune poésie
n'est concevable sans la participation du diable.
William Blake


Si ayant frappé quelqu'un sur une joue, il te tend l'autre, frappe le sur la même, ça lui apprendra
à faire le malin.
Cavanna


La vie est la jeunesse de l'immortalité
Goethe


Choucroute ne s'écrit pas forcément en gothique…
Laurence


Ce monde ne fait que rêver,
il approche
de sa fin..
F. Rabelais


On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.
A. Nothomb


Un tueur est un individu qui s'investit davantage dans ses rencontres que le commun des mortels.
A. Nothomb


La mort est le moyen pour Dieu de nous rappeler de ne pas trop faire les malins.
/.

 

La règle du Je...

>[Le Blog de Graphos] est un endroit de liberté, ivre de plume et de peinture, de convivialité, d’amitié et de partage - sans aucune publicité d’aucune sorte – ni pop up… ni virus. >[Le Blog de Graphos] est consacré à la calligraphie latine, à l’enluminure, au mail art, aux écritures d’Orient et d’Occident, aux contre-écritures aussi comme dirait Jérome Peignot, du Tag au manuscrit de Voynich, des écritures mandingues à la Rustica du Ve siècle…, les membres de Graphos vous proposent de vous exprimer sur l’actualité du moment, de notre quotidien, de vos journées, livres, expos, films ou états d’âmes… Nos lectures, vos passions, nos coups de cœur, vos coups de gueules, retrouvez-les régulièrement sur >[Le Blog de Graphos]. Vous êtes artiste graphique ou simple passionné, calligraphe professionnel ou enlumineur, animateur, membre ou président d’une association, vous désirez nous faire partager vos envies, qu’elles soient tentations ou démangeaisons… >[Lire la suite...]
 
 

 Mai 
 
 12/5/13  Vite! Le scribe qui dessine

[Le scribe qui dessine] Par un hasard extraordinaire, je suis tombé sur l’annonce d’un documentaire sur Arte à propos des scribes égyptiens, « Le scribe qui dessine » diffusé samedi dernier. Heureusement, grâce à la magie d’internet, vous pouvez encore revoir cette émission passionnante pendant toute la semaine jusqu’à vendredi prochain, après quoi, le carrosse redeviendra citrouille et cette belle émission sera perdue.

Ce documentaire expose par le menu la vie des scribes de l’Égypte antique; il explique la façon dont les scribes dessinaient et peignaient sur les parois des tombes tous ces merveilleux textes illustrés qui ont gardé toute leur beauté malgré les presque cinq mille ans qui nous séparent de leur création. Grâce à des œuvres en cours de création mais n’ayant jamais été achevées et d’une façon similaire à celle qu’utilisent les paléographes médiévaux, les égyptologues reconstituent la façon de se former, de travailler de ces scribes ainsi que les techniques de réalisation de ces pentures gravures et sculptures, les pigments utilisés, les morceaux de pierre qui servaient d’exercices retrouvés près d’un village entièrement constitué de scribes et sévèrement gardé par les soldats du pharaon, bref, un émouvant récit de la vie de tous les jours de ces lointains ancêtres des calligraphes modernes. Des oreilles attentives pourront d’ailleurs déceler ici ou là de bien troublantes correspondances avec certains aspects plus contemporains de la pratique de l’art royal égyptien…

Bref, prenez le temps de vous réserver 52 minutes avant vendredi pour vous en régaler les yeux et les oreilles !

>[Agnès Cribe]

   
 11/5/13  CC Des manuscrits sous licence

[Des manuscrits médiévaux sous licence] Une bien étrange nouvelle trouvée sur internet : il semblerait que l'Institut de Recherche sur l'Histoire des Textes (IRHT, affilié au CNRS et de très honorable réputation) aie décidé de placer des numérisations de documents médiévaux sous droit d'auteur et par là de limiter leur diffusion gratuite alors… qu'ils ne sont pas les auteurs de ces documents ! Lors de l'accès à la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux, qui regroupe des numérisations d'excellente qualité d'un millier de manuscrits médiévaux, ll est en effet fort bizarre de voir apparaître une fenêtre contenant un avertissement insistant sur le fait que les documents accédés sont sous licence Creative Commons, "conformément à la décision du Comité scientifique de pilotage de la BVMM", une formule qui autorise "la reproduction des données sous condition de citation et uniquement pour des opérations non commerciales". Déjà, on peut se poser la question de savoir si le CNRS détient réellement les droits d'auteur d'un manuscrit datant de plus de cinq siècles qu'il n'a fait que numériser. Là où cela devient à mon avis nettement plus grave, c'est qu'il est fait mention que la licence est "susceptible d'évoluer en fonction des positions officielles que prendraient les Ministères de la Culture et de la Communication, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, ainsi que le CNRS, quant au droit de reproduction des œuvres du domaine public et quant au droit d'auteur". Si je comprends bien, un jour où le sus-mentionné ministère aura besoin d'argent, il pourra tout simplement rendre payant l'accès aux manuscrits, qui sont pourtant notre patrimoine national, et à leur version numérisée, qui s'est faite avec l'argent de nos impôts. Imaginez que vous preniez un ouvrage libre de droits quelconque, que vous vous fassiez payer pour le photocopier et que vous revendiez à ceux-là même qui vous ont payé les copies du dit ouvrage  En interdisant bien sûr d'en faire par vous même !

Quand le CNRS rue dans les brancards parce qu'on essaye de limiter les budgets qui lui sont affectés, sous prétexte que la recherche doit restée désintéressée et uniquement à la poursuite de la connaissance sans idée de profit, est-ce qu'il ne pourrait pas tout d'abord appliquer ce précepte à lui-même ?

>[Amélie Cense]

   
 10/5/13  Bolos La littérature en djeun's

[La littérature en djeun's] L'exercice est classique mais pas souvent réussi. Enfin, après les hilarantes versions en argot des Fables de La Fontaine ou de la Bible, après les synthèses en quelques mots de pavés de mille pages, un site internet nous propose les classiques de la littérature résumés en langage de djeun's, même si le trait soit parfois grossi. Je connais en effet pas mal de djeun's qui arrivent encore à comprendre certains mots de plus de trois syllabes ou intègrent parfaitement le sens d'une phrase comportant un adverbe, voir même une proposition subordonnée !

Explosez-vous donc les zygomatiques en parcourant Moby Dick, les Lettres persannes ou bien Ubu Roi (j'adore) dont je ne peux résister au plaisir de vous faire goûter un échantillon :

« il avait une p’tite teub et un gros bouli le père ubu c’est ça le gros tube de l’été 1973 HIT MACHINE tonton !!! moi mon blaze c’est charly et moi lulu !!! loool allez merdre fini de se taper des barres on est pas là pour chiller mais pour se l’ambiancer pépouze sur une pièce chanmax c’est le père ubu un daron izi life qu’a trop des titres de tarba style capitaine de dragon officier de confiance du roi venceslas décoré de l’ordre de l’aigle rouge de pologne et ancien roi d’aragon triple ballon d’or académicien champion de la ligue pokémon rien que ça mdr !!!! mais sa zouz la zouz ubu elle lui dit “daron ubu tu m’fous l’seum faut qu’on foute sa race à venceslas pour bouffer de la raclette en mode NON-STOP EATING tahu !!!” ».

(si vous voyiez la tête de mon correcteur orthographique, il en est rougeoyant d'indignation et manque de renoncer à sa tâche devant l'ampleur des dégâts)

En tant que non djeun's, j'apprécie d'autant plus la performance que j'y apprends pas mal de vocabulaire, ce qui me permet de mieux comprendre certaines conversations de mes enfants ! Par contre, loin de moi, et j'espère de vous également, l'idée d'utiliser ces tournures dans mon propos. On est bolos ou on ne l'est pas !

>[Mambo Losse]

   
 5/5/13  Blog Mes beaux dimanches

[Mes beaux dimanches] Je suis à peu près sûr de vous avoir déjà parlé du blog « Mes beaux dimanches » à propos d'un de ses articles portant sur le graphisme. Mais j'ai eu beau farfouiller dans les centaines d'articles du BdG de jadis ou naguère, j'ai été incapable de la retrouver.

Et je récidive donc pour vous signaler une section de ce blog fort plaisant qui est consacrée à l'alphabet sous toutes ses formes et notamment les plus innovatrices. Pourquoi en effet se limiter dans la conception des caractères à ces formes noires sur fond blanc, alors que l'informatique d'aujourd'hui nous permettrait de composer avec des éléments graphiques plus complexes, photos ou même éléments animés ? Ce sont quelques uns de ces alphabets étranges et même saugrenus mais toujours intéressants que nous propose la catégorie « Alphabets et abécédaires » de ce blog. Vous y découvrirez des alphabets de tout genres, récupérés sur des objets anciens et connotant parfaitement leur époques ou bien des créations contemporaines comme ce superbe alphabet construit à partir de silhouettes de nus à travers une vitre translucide, ou bien un alphabet animé (réservé aux adultes et NSFW) illustrant en mouvement des imbrications… colorées !

Faites quand même, tant que vous y êtes, un tour sur les autres sections du blog, vous y trouverez une multitude de créations graphiques fort bien inspirées qui valent bien le temps que vous y passerez !

>[Edmée Bodimenche]

   
 1/05/13  2B Mai de la Calligraphie

[Mai de la Calligraphie] Nous avons eu la chance d'accueillir il y a quelques années Amélie Dhesse au cours d'un stage graphosien d'été sur les lettrines. Elle était venus en Provence comme bon nombre d'habitants du nord de la France pour se ressourcer en chaleur ensoleillée… mais aussi en calligraphie. Car Amélie Dhesse est l'organisatrice d'un événement qui prend chaque année plus d'ampleur, le Mai de la Calligraphie de Saint Amand les Eaux, manifestation qui est à ma connaissance la seule à être entièrement dédiée à la calligraphie.

Après une décennie d’expositions couronnées de succès au Musée de la Tour Abbatiale, Le Mai de la Calligraphie devient un rendez-vous biennal amandinois, laissant place un an sur deux à une résidence d’artiste calligraphe. Mettant à la disposition d’un professionnel invité un lieu d’exposition, de création, et de résidence, la médiathèque (en collaboration avec le musée) accueille en 2013 Stéphanie Devaux. Vous connaissez peut-être cette calligraphe qui allie un virtuose art de la plume à des compositions textiles tout à fait étonnantes. La trame de l'écriture et celle du tissus se marient, s'interpénètrent et entrent en résonance pour un très bel effet graphique.

Au cours du mois de mai, ateliers et temps d’échanges avec le grand public rythmeront la quinzaine calligraphique, ainsi qu’une sensibilisation des scolaires à l’art de la belle écriture. La restitution de ce projet viendra s’intégrer au programme plus vaste du traditionnel Mai de la Calligraphie en 2014.

Bref, amis lecteurs qui avez la possibilité de vous rendre à Saint Amand les Eaux sans avoir à produire moultes kilotonnes de gaz à effet de serre, profitez-en, de toute façon en ce moment le soleil provençal est parti ailleurs. Vous trouverez toutes les informations ici. Et si vous avez envie de nous envoyer un petit mot nous racontant ce que vous avez vu, n'hésitez pas à nous le faire parvenir que nous en fassions profiter tous nos lecteurs !

>[Edmée de la Calligraphie]

   
 Avril 
 
 28/04/13  Lire Mon nom est rouge

[Mon nom est rouge] C'est un petit bijou que je vous recommande de lire durant les quelques longs week-ends que cette fin d'année scolaire va nous offrir, il s'agit de « Mon nom est Rouge » d'Orhan Pamuk.

L'histoire se passe dans l’atmosphère beaucoup moins feutrée que l'on pourrait s'imaginer des ateliers d'enluminure et de miniatures turcs, au milieu de ce microcosme de peintres et de calligraphes qui produisent les plus grands chef d’œuvres pour un sultan de l'Empire ottoman au sommet de sa gloire. Un crime mystérieux est le prétexte à un époustouflante réflexion sur l'art de peindre et d'écrire, sur le style, la cécité et la nature de l'art en général. Car oui, il faut le dire, cette histoire de crime et l'histoire d'amour qui l'accompagne sont une trame bien fine qui sert surtout à supporter de nombreuses digressions philosophique de ces artistes, dont la retranscription du monde réel en un monde idéal, « tel que vu par Dieu », est en passe de se faire concurrencer par le travail à la vénitienne qui privilégie l'exacte reproduction de la réalité, la perspective et la ressemblance fondamentale avec le réel.

Et ce n'est qu'un des nombreux sujets abordés, tous aussi passionnants les uns que les autres pour qui s'intéresse à l'art, sa fonction et son rapport au réel et à la vérité, écrit dans une langue d'une richesse qui n'a d'égale que celle des miniatures turques (bravo l'auteur et le traducteur) et sous une forme qui joue constamment à intriguer, interpeller et désarçonner le lecteur, tant est si bien que j'ai eu chaque soir du mal à mettre mon marque page en place et à laisser fermé ce livre pour la nuit.

Mais c'est aussi un livre dans lequel on retrouve toute la verve et tout le style brillantissime des « Mille-et-une nuits » dont on imagine bien qu'il puisse être un des ouvrages réalisés dans cet atelier, avec ses histoires enchâssées unes dans les autres et ses subtiles correspondances et échos d'un personnage, d'une histoire à l'autre. A lire absolument. Et à méditer.

>[Kamal od-Din Bihzad]

   
 24/04/13  $€£¥ Yes we can !

[Yes we can !] « I want you », proclamait l'Oncle Sam en 1917, « Yes we can » lance Obama en écho à presque un siècle de distance. L'appel aux bonnes volontés est bien plus fréquemment utilisé chez nos amis anglo-saxons que dans notre beau pays de France où l'on se repose plutôt à la fois sur un individualisme forcené, et ça ne s'arrange pas ces derniers temps avec le consumérisme effréné qui l'accompagne, ou bien à l'autre extrême, on se tourne vers l'état pour tout et le reste, en lui demandant à la fois une loi pour éviter que mon boulanger fasse du pain trop salé et une autre pour contrer les tendances individualistes… de mon voisin qui a réussi à planquer de l'argent à l'étranger tout à fait légalement, ce que j'enrage de ne pouvoir faire.

Bref, tout ceci pour vous annoncer que la Chancellerie de Lurs va mal, qu'elle a besoin de nous et que nous pouvons y faire quelque chose. Car en ces temps de restrictions, d'austérité et de serrage de ceinture, il est difficile de demander à un organisme bancaire de financer ce genre de travaux, sans se retrouver… à la merci du dit organisme et obligé de faire tout ce qu'il demande, comme l'état français semble le découvrir bien tardivement après trente ans de budgets en déficit croissant.

Donc pour éviter cela, les Rencontres de Lure font appel à notre porte-monnaie, un petit peu amaigri certes ces derniers temps, pour financer 3500 euros de travaux qui sont immédiatement nécessaire. Et les participants au stage Graphos que nous avons fait l'année dernière sur place seront les premiers à en témoigner, il faut faire quelque chose, car les eaux d'en haut se sont déversées sur nous avec une telle rage que le bâtiment ne tiendra pas longtemps si cela se reproduit. Voici ce qui nous en est dit et la manière d'y remédier :

«  Chèr-e-s ami-e-s des Rencontres de Lure,

Un infolure qui nous vient de la chancellerie (la maison des Rencontres) et qui sonne comme un appel à l'aide. En effet, la Chancellerie ne chancelle pas, mais a besoin de travaux urgents de conservation et de mise en sécurité pour pouvoir accueillir du public (nous !) cet été. L'investissement dans les murs de la Chancellerie, (lieu fondateur et vivant au centre des activités des rencontres), a déjà commencé en 2012 avec la rénovation des fenêtres du dortoir notamment. La dégradation de la couverture et d'un auvent à l'arrière compromet cependant l'accueil du public et nous devons trouver les moyens d'intervenir en urgence. Dû à l'usure d'une maison ancienne et aux violents orages de mai 2012, l'eau se glisse par les tuiles disjointes et inonde l'intérieur de la maison. Ceci entraîne des dégâts et fragilise la bâtisse. Plus urgent, l'auvent de la terrasse du dortoir menace de s'écrouler et représente un réel danger pour ceux qui l'occupent et pour le voisinage.Le coût des travaux s'élève à 15 000 euros.

L'association peut financer 50% des travaux. Reste donc 7 500 EUR

Face à cette situation, une réponse collective s'impose ! Selon l'esprit libre et contradictoire de Lure, l'association lance une opération de crowdfunding (appel à dons) autonome ! En effet, il existe des plateformes permettant de collecter de l'argent, toutefois ces dernières prélèvent une commission.

L'association, indépendante comme toujours, a donc choisi d'échapper à ce système en comptant davantage sur le maillage de Lure, c'est-à-dire vous ! 3 moyens de faire un don : par virement, par chèque, sur place, le 25 mai 2013 au Puces typo #3 (Bagnolet).

Chaque émetteur de don, recevra un titre de don 100% lure et soigneusement personnalisé !

Pour en savoir plus et faire un don --> ici  »

Toute l'équipe du BdG a fait briller la joncaille, a fait péter le grisbi et a sorti les brouzoufs, et j'espère bien que tous nos lecteurs en feront autant, même pour des petites sommes, dans la mesure de leurs moyens ! Soyez généreux !

>[Amédée Zeuros]

   
 20/04/13  Ms Recettes du XIIe

[Recettes du XIIe] Ah heureusement que certains heureux mortels ont bien le temps de baguenauder de ci de là sur internet pour nous signaler les pépites les plus remarquables, les joyaux les plus brillants, bref les articles les plus intéressants du réseau mondial afin que je vous en fasse part au plus vite et que vous puissiez vous aussi vous en régaler.

Ainsi en est-il pour une nouvelle qui était passée totalement inaperçue des médias d'informations de masse, et pour cause, il s'agit de la découverte du plus ancien livre de recettes culinaires médiévales, un ouvrage qui date du XIIe siècle ! Bon, si vous suivez les articles de cette colonne depuis quelque temps déjà, ou si vous avez participé à quelques rencontres Graphos ou assimilées, vous n'êtes pas sans savoir que la gastronomie est une part importante de nos relations entre calligraphes graphosiens. Durant bien des agapes dominicales, les conversations tournent autour de la meilleure recette de daube, de la façon dont un des participants prépare cette délicieuse soupe de châtaignes au foie gras ou bien quel ingrédient secret contribue à nous régaler de telle quiche ou de telle tarte. Bref, en tant qu'issus de la tradition française, la nourriture fait partie intégrante de notre démarche calligraphique. Et ce n'est pas le livre « Le ventre de la lettre » paru aux éditions Arqa qui va prouver le contraire !

Les recettes retrouvées dans cet ancien manuscrit, dont beaucoup servaient à la fois de nourriture et de médicament, semblent, au dire de l'article, n'être pas forcément restées au goût du jour et cela se conçoit aisément pour qui a déjà parcouru un ouvrage un peu plus tardif comme le « Mesnagier de Paris » qui date du XIVe et dont pas mal de recettes mettraient en feu des papilles modernes tant les épices sont nombreuses et abondantes dans certains plats. D'autres au contraire sont restés tout a fait praticables et ce sont ceux dont on nous régale encore de nos jours dans les restaurants dédiés à la cuisine de cette époque.

Espérons que nous trouverons bientôt une édition traduite de ces recettes pour pouvoir se plonger encore plus complètement dans l'atmosphère des scriptoria médiévaux !

>[Laure Setteculinère]

   
 16/04/13  Book Processus créatifs

[Processus créatifs] Pour faire suite à ce que je vous disais sur mon manque de créativité, j’ai récemment trouvé un livre tout a fait intéressant sur le processus créatif des graphistes en tout genre, ouvrage qui a l'intérêt de présenter l’entièreté du processus de réalisation d’un projet du début à la fin, du cahier des charges de départ (le brief en langage technique) à la livraison finale, et ce par vingt graphistes dont certains sont parmi les plus connus. Chacun explique sa méthode, sa façon de traiter les projets, les diverses (nombreuses !) étapes du travail, les esquisses, les essais mis à la poubelle ou les idées rejetées par le client.

Et là, c’est une découverte : non seulement ces graphistes sont créatifs dans la solution qu’ils apportent au problème du client, mais pas un seul de ces vingt cas n’est résolu de la même manière ! Ils sont donc au moins aussi créatifs dans le processus de résolution du problème que dans la solution qu’ils apportent au dit problème !

Au final, si comme moi vous vous intéressez à ce monde mystérieux sans en faire partie, si comme moi vous en admirez les réalisations sans avoir la moindre idée sur la façon dont on peut à chaque fois arriver à trouver autant d’idées lumineuses et diverses, alors lisez ce livre qui vous éclairera tout aussi bien sur les vingt pour-cent d’inspiration que sur les quatre vingt pour-cent de transpiration qui constituent le travail quotidien du graphiste.

Seul bémol à la clé, ne sont décrit que des projets particulièrement « intéressants » dans des domaines valorisants comme la signalétique, les événements culturels ou de la communication d’entreprise. Pas un seul cas de packaging de céréales ou de d’affiche pour le club de gym local, projets dans lesquels la créativité débridée est bien plus difficile à faire accepter, mais domaines où elle est bien plus nécessaire pour aboutir à quelque chose de différent (think different fut un temps la pub d’Apple). Et c’est peut être dans ces projets qui polluent chaque jour notre environnement visuel qu’on en aurait le plus besoin !

>[Esmée Ledoidenleuil]

   
 13/04/13  id Tapis persans

[Tapis persans] J’admire les gens créatifs. Pour ma part, je ne le suis absolument pas, je sais très bien résoudre un problème qu’on me pose, mais arriver à faire « quelque chose » à partir des matériaux à ma disposition sans but précis ou sans voie tracée, j’en suis incapable. Prenez par exemple les images satellitaires. Cela fait plus de dix ans que je travaille sur le sujet professionnellement et je n’ai jamais eu la moindre idée d’utilisation autre que celle dont mes clients ont besoin, voir vite et bien ces énormes images à l’autre bout du monde, à travers de tout petits canaux de communication. Alors qu’il y a déjà quelques années, un typographe avait eu la géniale idée de créer une police à partir des différents immeubles de formes si diverses qui remplissent les images des villes du monde. Un immeuble en forme de X ou de S ont parfois attiré mon attention par leurs formes inhabituelles, mais je n’aurais jamais eu l’idée d’en faire une police.

Une autre idée tout aussi géniale a été de créer des pseudos « tapis persans » à partir de symétries construites depuis une image satellite issue de Google Maps. Le processus consiste à faire un peu comme dans un kaléidoscope et à dupliquer une partie d’image en symétrie horizontale ou verticale. Si l’image est bien choisie, on a une impression absolument bluffante de se trouver devant un tapis finement dessiné dont les formes certes assez inhabituelles qui éveille juste assez l’attention pour en faire ressortir le côté bizarre tout en laissant intacte la beauté et la finesse de l’ensemble.

Chacun ses capacités, mais cela n’empêche pas d’envier celles des autres, et de travailler à essayer de palier ses insuffisances !

>[Madmacs]

   
 10/04/13  Live Christiane Milekitch

[Christiane Milekitch on ze Net] Pour ceux qui ne connaissent pas encore Christiane Milekitch, voici venu le moment de la découvrir. On peut la rencontrer « in the real life » dans la région de Forcalquier où elle est présente à quasiment tous les événements autour de l'écriture en général mais aussi de la calligraphie en particulier. Jusqu'à présent, arriver à voir quelques uns de ses travaux était réservé à un petit cercle restreint, quoiqu'elle ait officié à grand renfort de calligraphie gestuelle lors de la fête du  livre de Forcalquier de l'automne dernier.

Ce qu'elle nous propose aujourd'hui est d'un tout autre calibre, car il s’agit ni plus ni moins que d'une vidéo sur DailyMotion où elle montre un extrait de son spectacle de quarante cinq minutes de calligraphie non-stop, "Voyelles", au cours duquel on peut la voir utiliser nombre de techniques et d'outils pour le moins difficiles ! Divers genres d'écritures sont abordés, calligraphie hébreu ou latine en passant par les runes. On la voit utiliser avec bonheur plume, cola-pen et autres pipettes dans des calligraphies de tout style et de tout genre. Mais ce qui m'a laissé baba, je dois dire, c'est sa maîtrise de la technique du Révérend Catich pour tracer des capitales romaines de l'époque trajane au pinceau, avec une parfaite prise en main des formes, pourtant pas simples du tout, de la modulation des graisses, subtiles et pas du tout intuitives, des empattements si caractéristiques et le tout pour des lettres dont le module doit bien faire ses vingt à trente centimètres de haut. Ouah ! J'attends avec une grande impatience une nouvelle séance de ce spectacle dans la région pour pouvoir admirer ça en direct live !

>[Rebecca Titche]

   
 Mars 
 
 28/03/13  Graf Interview de Massoudi

[Interview de Massoudi] Il y a deux ans, nous avions eu l'audace de faire un stage graphosien sur le thème du graf' du tag bref de l'écriture murale en toute liberté. Bien qu'initialement dubitatifs, les participants s'étaient vite rendu compte que loin de s'assimiler à du vandalisme urbain, l'art de l'écriture dans la rue a ses artistes et que bien des recherches de forme, de style ou même de mise en page murale pouvaient être source d'inspiration pour nous autres calligraphes plus "sages". Quant au grand format et à l'utilisation de la bombe (à peinture bien entendu) je n'aurai qu'un mot pour les décrire : jouissifs. Je conseille à tous les calligraphes d'essayer un jour d'utiliser ces outils, le geste léger et aérien offre au pratiquant une sensation de toute puissance inédite avec les outils plus contraignants dans leur maniement.

Tout ceci pour vous signaler que la calligraphie « classique » ou même « sage » a aussi éveillé des échos chez nos amis graffeurs puisque c'est un des sites consacré à cette pratique, Factcap (grosse capsule, c'est la partie de la bombe qui forme le jet de peinture), que vous trouverez une interview du célébrissime Hassan Massoudi qui lui aussi fait le pont entre les deux pratiques. Prenez le temps aussi de visiter le reste du site, vous y trouverez des exemples de peinture murale très recherchés tant au niveau de la forme que des couleurs, travaux qui vous feront sans doute changer d'avis sur cet art, bien loin du « jobard » qui défigure le mur de mon voisin, à la bombe noire vaguement gestuel, mais plutôt version mollassonne type spaghetti si vous voyez ce que je veux dire. Dans la rue, comme en calligraphie, il y a de tout. Quatre vingt pour cent de n'importe quoi est de la m... disait Théodore Sturgeon, et avec raison. Mais les vingt pour cent qui restent... sont sur ce site !

>[Ruy Blaze]

   
 24/03/13  EdC Histoire de l'@

[Histoire de l'@] Je me souviens que lors du stage sur les oubliés de la calligraphie, nous avions eu un long échange sur l'origine de l'arobase, le symbole @, queue de singe ou escargt pour les uns, a enroulé ou aronde pour certains, ad médiéval pour d'autres… Moultes versions de l'origine de ce signe avaient été explicitées, mais aucune n'émanait d'une autorité suffisante pour emporter l'adhésion de tous. Bien souvent, il s'agissait plutôt de « j'ai entendu à la télé… » ou bien « ma concierge à qui j'en parlais justement… ». Bref, rien de convainquant, de solide ou de définitif et chacun était reparti avec sous le bras sa propre conviction, mais également le doute sur son exactitude.

Et bien, après quelques années de doute, d'errements et pour tout dire d'incertitude, voici qu'enfin une source autorisée nous donne une version définitive (?). Il s'agit de rien de moins que d'un professeur de la célébrissime École des Chartes qui consacre à ce glyphe plus d'une heure de conférence et comme l'érudition des membres de l'École des Chartes n'a d'égal que leur générosité, cette vidéo est disponible en ligne sur leur site.

Une fois que vous aurez pu mesurer la qualité de l'enseignement de cette école, parcourez son site à la recherche de tout ce qui touche à la paléographie, depuis les cours en ligne (si, si !) jusqu'aux manuscrits annotés également proposés à la libre consultation, en passant par diverses vidéos et textes de conférences tous plus passionnants les uns que les autres. Bref, si l'histoire de l'écriture vous intéresse, et si vous lisez ce blog vous devez sans doute au moins y être sensibles sinon même peut-être enthousiastes, vous en aurez pour un moment avant d'avoir épuisé toutes les informations qui s'offrent à vous. Bon surf… et ne vous couchez pas trop tard !

>[Richard Robase]

   
 21/03/13  Oh! Vérités et mensonges…

[La magie de la vérité, des mensonges... et des iPods] Quand je vois la majorité de la jeune génération qui passe son temps à scruter leur téléphone dès qu'ils ont dix secondes d'inactivité, quand je les vois passer des heures devant les divers écrans qui peuplent toute résidence imprégnée de modernité (combien d'écrans chez vous ? chez nous plus d'une dizaine... pour quatre personnes !) je me dis que les relations d'humain à humain sans intermédiaire électronique sont bien mal en point. Et cependant, l'homme étant éternellement créatif je suis tombé sur une petite vidéo qui me réconcilie avec ces passe-temps que je trouverai plus approprié d'appeler des « perd-temps ».

Lors d'une conférence de la TED, le magicien Marco Tempest s'est efforcé de montrer que, comme le disait si bien un célèbre auteur de science fiction, la haute technologie est semblable à la magie pour ceux qui n'en connaissent pas les arcanes. Et c'est bien sur ce point que joue ce magicien pour nous montrer une utilisation ô combien magnifique de trois iPods qui semblent former une triade magique pour notre plus grand bonheur.

Alors, si la technologie ça sert à nous faire rêver plutôt qu'à remplir nos moments de calme d'un babillage indigent, je dis vive la technologie !

>[Emma Gissien]

   
 18/03/13  10! D'or et de pigments

[D'or et de pigments] Les plus anciens graphosiens, dont votre serviteur, se souviennent sans aucun doute de Sylvie Constantin. Elle fut notre compagne de souffrance sur les diaboliques modèles que nous proposaient nos maîtres il y a quelques années et sur l'assimilation desquels nous passions, et pour certain nous passons encore, un dimanche par mois. Elle nous montrait parfois, mais vu sa discrétion tout de même assez rarement, des enluminures d'une finesse extraordinaires et d'une harmonie colorée tout à fait exceptionnelle sur lesquelles nous nous sommes longuement extasiés à chaque fois que nous avons eu la chance de pouvoir les voir de près. Sa passion des pigments et de leur fabrication, de leurs mélanges et de leur utilisation nous fascinaient tout autant que de voir les merveilles qu'elle arrivait à en tirer.

Et puis Sylvie Constantin a fondé l'association « d'Or et de pigments » pour se consacrer à la diffusion et à l'enseignement de cet art de l'enluminure, et je l'ai croisé une fois ou l'autre dans diverses manifestations autour de l'écriture ou du moyen-âge, toujours accompagnée d'une ribambelle de bocaux et de boites diverses pour présenter les différents types de pigments et leur utilisation, expliquant à chacun et à tous les longs processus qui pouvaient mener de la pierre brute ou des végétaux fraîchement ramassés à ces coloris intenses et si peu habituels. Elle montrait aussi des enluminures qu'elles avait réalisées et qui en ébahissaient plus d'un.

Ceci ne nous rajeunit pas, comme on dit chez les vieux, puisque je reçois justement une invitation à une exposition qui fête les dix ans de son association ! Dix ans déjà ! En tout cas, pour ceux qui ne la connaissent pas ou qui ne connaissent pas son travail, et même pour ceux qui la connaissent d'ailleurs, ne manquez pas cette événement samedi prochain 23 mars de 14h à 19h30 à l'Atelier de Conti, sur la route des Alpes au nord d'Aix en Provence, si vous voulez voir ce que je considère être le top du top de l'enluminure, réservez votre après-midi et rendez vous sur place !

>[Bertrand Lumineur]

   
 14/03/13  Book Architecture et typo

[Architecture et typographie] En me baladant sur le site des éditions B42, dont je pense vous avoir déjà parlé, je suis tombé par hasard ou presque sur un petit ouvrage dont le thème m'a tout de suite interpellé puisqu'il porte sur « Architecture et typographie ». Comme j'avais un autre livre à acheter sur le site de B42, je me suis laissé tenter d'ajouter par un simple clic ce nouvel achat à mon petit panier.

Et bien je n'ai pas été déçu. En en discutant avec une congénère graphosienne fort portée sur le domaine de l'architecture, nous avions moultes fois apprécié les correspondances entre les deux domaines et les convergences entre l’esthétique de l’écriture en général ou de la mise en page en particulier et la conception des bâtiments, avec la gestion des contrastes entre les pleins et les vides (les noirs et les blancs), de la forme générale de l'ouvrage d'art (et de la page) ou bien du bon équilibre entre fonctionnel et ornementation (lisibilité et paraphes). Bref une vraie convergence, pour laquelle chacun des domaines a de quoi apprendre à l'autre.

Dans ce petit ouvrage collectif constitué d'articles de quelques pages, on trouve non seulement des rappels historiques sur les diverses tendances architecturales qui ont eu des répercussions sur la typographie, comme le Bauhaus, bien entendu mais aussi et surtout un article magnifiquement illustré et totalement passionnant intitulé « Les lieux et les mots » sur l'introduction de l'architecture dans les frontispices des livres de la renaissance, tout d'abord la construction de la page de titre en tant que lieu et donc l'influence de l'architecture sur sa composition, mais aussi plus visiblement l'utilisation d'éléments d'architecture, colonnes, entablements ou bas reliefs gravés pour souligner l'effet de monument que devient le livre à l'époque de l'humanisme. Un article brillant et qui ouvre à une multitudes de sens.

Bref, pour une somme modique, lisez cet ouvrage qui aborde un thème inhabituel mais qui réserve bien des surprises et ouvre à bien des réflexions sur les deux domaines de l'architecture en tant que typographie et la typographie en tant qu'architecture.

>[Bernard Chitecte]

   
 10/03/13  Expo Papiers poèmes

[Papiers poèmes] Je vous avais déjà parlé de l'Hôtel de Gallifet, ce délicieux hôtel particulier du quartier Mazarin à Aix, superbe endroit qui abrite la galerie d'art éponyme. Cet été, il faisait bon s'y prélasser sous les arbres du parc (en plein centre ville d'Aix !) pour siroter un petit thé ou grignoter une petite salade après s'être régalé les yeux et la tête en visitant les expositions du lieu. Le propriétaire y était fort accueillant et ne ménageait pas sa peine pour expliquer le sens du travail des artistes, afin que nous en comprenions toutes les subtilités. L'Hôtel de Gallifet avait récidivé en étant partie prenante de la série d'expositions du Parcours d’Art Contemporain en abritant dans son parc une des œuvres les plus réussies de cet ensemble mais aussi « Safari » une exposition de photographies d'Olivier Chapelle qui ne peut pas laisser indifférent !

Eh bien, je vous invite à y faire à nouveau une petite visite pour vous régaler d'une exposition de travaux entièrement réalisés en papier. Et contrairement à ce qu'on pourrait supposer, les œuvres exposées sont très diverses, depuis un traitement extrêmement subtil et aérien à base de papier de cigarette jusqu’aux matières tourmentées issues de livres entiers découpés, collés jusqu'à former des blocs compacts et néanmoins délicatement découpés.
Bien entendu, une petite salle vous permettra de goûter à l'atmosphère calme et tranquille du lieu en dégustant un petit thé ou... un potage de courge (?) tout en s'imprégnant de certains des travaux les plus réussis. Un excellent moment passé dans ce lieu d'exception à voir des œuvres tout aussi exceptionnelles.

Cette exposition est la troisième proposée dans le cadre de PaperART, un cycle d'événements « labellisés MP2013 » (c'est vous dire le sérieux de la chose) dont je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de visiter les deux premières. Mais je le regrette au vu de celle-ci ! Vous trouverez tous les renseignements sur ce cycle d'expositions ainsi que quelques photos sur le programme édité le Gudgi, une association regroupant des galeries d'art de la région aixoise, organisme qui est à l’initiative de ce cycle d'expositions dont vous trouverez le programme ici.

>[Zappata Papier]

   
 06/03/13  Jou Exposition à Marseille

[Exposition à Marseille] Pour les amoureux de la belle typographie en général et de celle de Louis Jou en particulier, apprenez qu'une exposition aura lieu à partir de jeudi prochain 7 mars à la librairie Liber de Marseille sous l'égide de Pierre Brillard, libraire ancien à Tarascon, et ce jusqu'au 16 mars. Profitez-en si vous n'avez jamais eu l'occasion d'approcher les ouvrages de ce typographe et graveur d'exception, vous aurez la possibilité d'admirer de près des chefs d’œuvres tels que son Évangile selon Saint Matthieu, Les Amours de Psyché et de Cupidon de La Fontaine, et le Don Quichotte de Cervantès pour n'en citer que quelques-uns. A l'occasion de cette exposition seront également présentés quelques ouvrages d'artistes réalisés par notre ami Gilbert Bonnet, imprimeur à Marseille.

Ne manquez pas de vous y rendre, la plupart de ces ouvrages sont en général uniquement visibles derrière une vitrine, ce qui vous empêche d'en apprécier la finesse du trait, le grain du papier ou les quelques réminiscences de l'odeur de l'encre.

Vous trouverez toutes les informations nécessaires pour vous y rendre en consultant le blog de cette librairie, mais pensez également à visiter le blog de Pierre Brillard ici, vous pourrez en profiter pour vous régaler les yeux de belle typographie, de belles illustrations et de beaux livres en général, accompagné de notes particulièrement recherchées.

>[Alex Posé]

   
 03/03/13  Sun Pierre de soleil

[Pierre de soleil] Il en est parfois des connaissances comme d'une chaîne, elle se transmet de maillon en maillon jusqu'au jour où... elle se perd. On croit parfois que nos ancêtres étaient des brutes ignorantes, incapable de toute innovation et se remettant à la force brute pour résoudre tous les problèmes. Mais rien n'est plus faux. Prenons un exemple récent, les vikings. Si vous avez vu les quelques films les représentant, depuis le célèbre film de Richard Fleischer jusqu'au dernier Asterix, ils nous sont représentés sous la forme de barbares ignorants de la peur, razziant les malheureuses populations qui avaient le malheur de tomber sous leur regard. Rien n'est plus faux, semble-t-il.

On savait depuis quelques années qu'il semble bien qu'Erik le Rouge et ses marins aient été les premiers européens à fouler le sol de l'Amérique du nord, on a retrouvé au Canada des restes de campements qui semblent bien prouver qu'ils ont réussi cet exploit bien avant Christophe Colomb. Mais on a également retrouvé un bien étrange cristal dans les restes d'un drakkar ayant coulé depuis bien des siècles. Après bien des hypothèses et des analyses, il semblerait qu'il s'agisse d'un exemplaire d'une « pierre de soleil » dont il est fait mentions dans les sagas nordiques, pierre qui servait à pouvoir naviguer les jours sans soleils, à une époque où aucune boussole ne s'était approchée à moins de dix mille kilomètres de l'Europe. Les vikings utilisaient une propriété unique du cristal de calcite qui est connue sous le doux nom de biréfringence, ce qui veut dire, en langage usuel, qu'en regardant à travers cette pierre, on voit doublez, sans avoir eu besoin d'abuser de quelque boisson alcoolisée que ce soit. Une autre propriété bien moins visible pour un œil non averti est que suivant la polarisation de la lumière, les deux images ne sont pas tout à fait identiques, l'une est plus lumineuse que l'autre. Et c'est cette propriété qu'utilisaient les vikings : en effet, le soleil diffuse une lumière qui reste polarisée même à travers les nuages, et cette pierre permet ainsi de trouver la direction du soleil même quand le ciel est uniformément gris, donc de naviguer en toute quiétude.

Il a fallu toute l’astuce d'une équipe de scientifiques modernes, utilisant des appareils dont le plus modeste équivaut à des mois de salaire d'un ouvrier, pour arriver à retrouver ce que les vikings avaient découvert tous seuls, sans le moindre appareil, juste avec leur jugeote et un solide sens de l'observation. Et vous allez encore me dire que c'étaient des barbares ignorants ?

>[Grossebaf]

   
 Février 
 
 28/2/13  Sic Gloire médiatique

[Gloire médiatique] Alors là, ça m'agace un peu. Bon, pas de chance, deux hommes célèbres meurent à quelques heures d'intervalle, Stéphane Hessel et Henri Caillavet. Il allait y avoir dilemme dans les médias, qui mettre en première page ?

D'un côté un résistant célèbre, membre du CNR, ambassadeur, qui fit paraître en 2010 un livre qui eut un fort impact sur des millions de lecteurs, et qui poussa à l'indignation et donc dans la rue, une bonne partie de la population européenne. Manifestations dont on peut se demander si elles eurent un effet autre que d'enfler l'ego des participants, tant la démocratie moderne a, une fois encore, prouvé son imperméabilité à l'opinion du peuple, qui continue de toute façon à voter pour les mêmes, et tant les banques et autres institutions financières plastronnent aujourd'hui avec toute l'arrogance des milliards et de l'absolution de tous leurs travers accordés par l'État.

De l'autre un homme qui a été de tous les combats humanistes depuis soixante ans. Oh, on ne le voyait pas bien souvent à la télévision. Plutôt discret, il a œuvré au parlement pour la dépénalisation de l'homosexualité, pour le droit à l'avortement, pour le divorce par consentement mutuel, la loi sur les greffes d'organes, sur l'avancement de l'idée d'euthanasie et la limitation de l'acharnement thérapeutique, j'en passe et des meilleures. Il a agit, pas parlé. Et ce qu'il a fait a des effets encore aujourd'hui sur des millions de gens, et pas seulement sur leur ego.

Et quel est celui qui gagna la course à la présence médiatique ? Regardez la première page de vos journaux et vous constaterez par vous même. Il y a quelques jours, un journaliste tentait de justifier le virage tabloid qu'est en train de prendre la presse quotidienne en expliquant qu'on disait aux gens ce qu'ils veulent entendre. La presse n'est plus d'information, elle est passée à la brosse à reluire l'ego. Dont acte.

>[Amédée Zinformation]

   
 24/2/13  Argh! Take your pleasure…

[Take your pleasure seriously] Séquence admiration. Jusqu'à il y a quelques jours, je croyais me débrouiller à peu près pour la calligraphie au pinceau. Après trois stages et un peu de pratique à la maison et sur quelques enveloppes, je me disais que bon, je me débrouillais.

C'était avant qu'une lectrice bas-alpine du BdG m'envoie un lien sur une vidéo de Luca Barcellona, dont nous avions déjà parlé dans cette colonne il y a fort longtemps, le 29 juin 2010, vidéo qui le montre en train de calligraphier avec cet instrument redoutable. En quelques minutes, il déploie une maitrise de l'outil qui m'a laissé tout simplement béat d'admiration. La lenteur de l'exécution permet de voir le contrôle proprement incroyable qu'il a sur la pointe de l'outil sachant qu'il ne manipule que le manche et qu'entre les deux, les poils, certes nerveux, amènent leur propre part de tension et de déformation du geste. Bref, en regardant cela, j'ai eu un grand moment de solitude, comme disent les jeunes d'aujourd'hui.

Et si vous trouvez ça génial, comme je pense vous serez un grand nombre à le faire, vous pouvez vous offrir son livre, un peu cher sans doute, mais dont la qualité, si elle s'approche de ce qu'il nous montre dans sa vidéo, vaudra amplement les soiwante huit euros de son prix d'achat. Enfin pour les plus fortunés de nos lecteurs... qui doivent se faire rares en ce moment... bref, vous voyez ce que je veux dire.

Vous trouverez d'autres vidéos de Luca Barcellona ici.

>[Gaétan Duhamort]

   
 20/2/13  Oh! 3Doodler

[3Doodler] On vit vraiment une époque formidable. Il ne se passe pas un mois sans qu'une petite société totalement inconnue le mois d'avant vienne au devant de la scène nous étonner avec une invention qui ne peut que nous faire nous exclamer : mais comment personne ne l'avait trouvé avant !

Voyez par exemple 3Doodler. Elle s'est lancée sur KickStarter, le site qui permet à des anonymes tels que vous et moi, pour peu que nous ayons une idée géniale, de se faire financer par d'autre citoyens anonymes, petite somme par petite somme, en offrant à ses généreux donateurs les tous premiers exemplaires de leur invention, dont le financement aura permis de réaliser les prototypes. Combien de sociétés commerciales se sont ainsi créées sans aucune intervention des banques, des venture capitalistes ou des agences de valorisation de la recherche, depuis l'ampoule multicolore contrôlable à distance depuis n'importe quel ordinateur jusqu'à Ouya une petite console de jeu qui a levé pas moins de 8 millions de dollars sur une simple idée, mais quelle idée ! Et donc parmi tous ces beaux projets qui ne peuvent que soulever l'enthousiasme, notre fameux 3Doodler qui n'est ni plus ni moins qu'un « stylo » qui écrit... dans l'air ! A la base, un petit pistolet à colle chauffant dont on remplace la matière première par une filet de plastique coloré à séchage ultra-rapide, simple me direz-vous, mais il fallait encore le réaliser et le présenter ! Et là, je dois dire que mon sang de calligraphe n'a fait qu'une tour en voyant les possibilités de l'engin : imaginez dessiner de superbes lettres sur une feuille plus les assembler d'un simple mouvement pour en faire des sculptures aériennes quasi immatérielles. Et mieux, dessiner « en l'air » et voir ses gestes matérialisés en 3D ! Imaginez cet engin dans la main de XXX - mettez ici le nom de votre calligraphe préféré(e) !

Noël est encore loin, mais je ne sais pas si je pourrai attendre !

>[Amédée Cinenlère]

   
 16/2/13  Ms Les manuscrits de Tombouctou

[Les manuscrits de Tombouctou] Si vous n'êtes pas resté au fond de votre lit depuis un mois, à cause de la grippe ambiante ou d'une grosse fatigue, vous devez savoir qu'au Mali, le torchon brûle entre les infâmes terroristes d'AQMI et le monde libre. Car oui, comme leur frères talibans en Afghanistan, ces fous d'Allah comptent bien détruire toute trace de culture (et les humains correspondants) n'ayant pas le blanc seing "conforme à l'Islam", qu'il s'agisse des Bouddhas de Bâmiyân ou des mausolées de Tombouctou. Bon, de nombreuses traces existent de ces monuments et grâce à un peu de carton pâte ou de béton armé, on pourra les reconstruire à l'identique sans que le touriste de passage ne puisse y voir supercherie.

Là où cela devient plus grave, c'est que ce gens s'attaquent également à des trésors qu'il serait bien difficile de reconstituer, et je veux parler des nombreuses bibliothèques qui ont le malheur de contenir autre chose que le Coran et ses divers commentaires. Tombouctou héberge ainsi entre ses murs de nombreuses bibliothèques publiques ou privées où dorment bien à l'abri des manuscrits datant pour certains de l'époque de ce qui fut chez nous le Moyen-âge, manuscrits qui ont l'inconvénient de pouvoir partir extrêmement rapidement en fumée tout en étant définitivement perdus si cela arrive, puisque rien ne permettrait de les reconstituer sinon plusieurs dizaines d'années à une armée de copistes et d’enlumineurs.

Alors que faire quand la guerre et son cortège de destructions s'approche de la ville ? Que faire quand on se doute que les occupants temporaires de la ville pratiqueront la politique de la terre (et de la bibliothèque) brûlée quand ils seront acculés à la retraite ? Eh bien, ce qu'il faut faire, vous le découvrirez dans le passionnant numéro de cette semaine de Télérama, qui prouve une fois de plus que cela vaut la peine d'y être abonné, même quand on n'a pas la télévision, comme c'est mon cas. Vous pouvez encore vous précipiter auprès de votre marchand de journaux préféré pour acheter à l'unité le numéro de la semaine, et pour ceux qui auront laissé passer le coche, vous contenter d'un succédané de cette superbe épopée, pleine de ruse, de suspense et d'espoir en vous rendant sur cette page web. Mais sachez que l'article complet vaut largement un bon roman d'aventure !

>[Emma Nuscrit]

PS : je vous conseille également, à ce sujet, de suivre la passionnante enquête de Caroline Fourest sur les réseaux de l’extrême diffusée tous les mardis sur TV5 et disponible sur le site de la chaîne durant la semaine suivant sa diffusion.

   
 13/2/13  Typo Le printemps de la typo

[Le printemps de la typo] Le programme de l'édition 2013 du « Printemps de la typo », organisé par l'école Estienne, est en ligne ! Chanceux amis de la typographie franciliens profitez de cette manifestation pour rencontrer enfin toutes vos idoles, et cette année il y en a pléthore ! Sur le thème de « devenir typographe », avec des conférences sur des sujets aussi alléchants que « Vers une fonderie collaborative en ligne » et la présence de nombreuses fonderies, éditeurs dans le monde de la typo ou même Sterenn et Adeline des Rencontres de Lure in real life, ces deux jours, 28 février et 1er mars, vous permettront de vous plonger jusqu'au cou dans le monde merveilleux de la création de caractères. Rien qu'à voir l'affiche qui démontre une fois de plus l'importance du blanc dans la création graphique, j'en ai les neurones qui pétillent !

Vous qui avez la chance de ne pas être trop éloigné de l'école Estienne, réservez dès maintenant vos places !

>[Arletty Pau]

   
 10/2/13  22 Une bien belle histoire

[Une bien belle histoire] Même si en France, patrie d'Arsène Lupin, de Fantômas ou de Jacques Mesrine, on n'aime pas trop la police, en général tant qu'on ne s'est pas fait voler sa voiture ou cambrioler son appartement, il faut bien lui reconnaître quelques vertus. Une récente histoire redore le blason de ces policiers mal aimés. Une femme écrivain, aveugle mais ne connaissant sans doute pas le braille, avait inventé un brillant système pour pouvoir écrire sans trop de souci, en installant un cache fortement en relief sur une feuille de papier, ce qui lui permettait d'écrire normalement dans les interstices du cache et d'obtenir ainsi une page à peu près régulièrement lignée qu'il était ensuite facile de transcrire sur ordinateur. Son fils venait la voir chaque semaine et se chargeait de cette besogne, pas si désagréable sans doute car elle lui permettait d'être ainsi tenu constamment au courant de l’évolution de l'histoire voir même peut-être d'en influencer le cours par quelques petites remarques judicieusement placées dans la conversation. En tout cas, c'est ce que j'aurais fait si j'avais été à sa place.

Tout semblait devoir se passer du mieux possible dans le meilleur des mondes, mais voici qu'un grain de sable mit à bas ce bel édifice : le stylo tomba en panne, faute d'encre pour l'alimenter. Hélas, trois fois hélas, notre pauvre écrivain ne s'en rendit bien entendu pas compte, et elle continua ainsi à écrire 26 pages de son ouvrage avant que son fils la visite  enfin et se rende compte du désastre littéraire.

Désolés d'une telle perte (enfin vu que le livre n'a pas encore été publié, il est difficile exactement de juger la perte que cela représente), le tandem écrivain et collationneur se sont rendus au commissariat le plus proche est espérant voir sous leur yeux les miracles que peuvent accomplir en matière de recherches les experts de la police, qu'il regardent ans doute à la télévision chaque semaine dans la série éponyme. Les policiers, attendris sans doute par ces deux admirateurs en détresse, prirent sur leur pause déjeuner et restèrent un peu plus tard le soir pour utiliser toutes les ressources de leur science pour arriver à retrouver le texte perdu. Et on nous apprend qu’ils y travaillèrent cinq mois entiers et qu’ils arrivèrent à retrouver le texte des 26 pages à l'exception d'une unique ligne.

Et c'est ainsi que se termine une bien belle histoire dont un élément qui me semble de première importance a été omis : quel est la teneur du texte en question ? Les policiers en ont-ils vraiment retranscrit l'intégralité ou ont-ils modifié ou même censuré certains passages qu'ils ne trouvaient pas à leur goût ? L'histoire ne le dit pas mais, même si la qualité du livre n'est pas au rendez-vous, l'image de la police en aura tellement été améliorée que leurs efforts n'auront de toute façon pas été faits en vain !

>[Antoine Bourrel]

   
 6/2/13  Quelques mots…

[Quelques mots de Roger Willems] Quelques mots de Roger Willems sur son travail, à l’occasion du premier festival de calligraphie contemporaine à Nogent sur Marne en 2006 (1).

« J’ai le privilège, étant retraité, de n’avoir plus d’impératifs de commandes par rapport à la calligraphie. C’est donc en toute liberté que je peux m’y consacrer, en me préoccupant essentiellement d’exprimer ma personnalité, ce qui est peut-être un des meilleurs moyens pour faire connaître le métier de calligraphe comme un métier artistique à part entière. Graphiste de profession, je m’intéressais particulièrement à la lettre typographique. Or, pour dessiner des lettres, les déformer, en faire des logos ou des sigles, il est intéressant d’avoir pratiqué l’art de la calligraphie, qui vous apprend par quel processus les lettres sont formées, selon quel ductus elles sont tracées, ainsi que leur évolution au cours du temps. Dans les écoles de beaux-arts, à l’époque où j’ai fait mes études en Belgique, on ne formait qu’à la peinture, ce qui ne me passionnait pas trop. Je m’intéressais plutôt au dessin et à la composition qui me semblaient plus importants. Maintenant, que j’ai trouvé mon support d’expression, il ne m’intéresse plus de savoir si c’est réellement la calligraphie ou plutôt la peinture. Dernièrement à l’une de mes expositions, j’ai rencontré le calligraphe allemand Werner Schneider, lequel a réagi immédiatement. Il constatait que les calligraphes en Allemagne restent très « classiques ». Tout ce qu’il voyait dans mes travaux était pour lui de la calligraphie. Il insistait disant que ce qui était primordial, c’était de tendre vers un ensemble harmonieux, plus que vers une lisibilité conventionnelle.

J’ai découvert la calligraphie pour la première fois en 1981, année pendant laquelle j’ai fait de la calligraphie chinoise, par curiosité et par volonté de découvrir autre chose. La tenue du pinceau m’a tellement séduit que je faisais du dessin de personnages en tenant mon pinceau comme les Chinois. Je n’ai abordé la calligraphie occidentale qu’en 1983. Je n’ai jamais suivi de cours mais j’ai eu la chance de participer à des stages organisés par de grands calligraphes : Michel Derre, Claude Médiavilla, Jovica Veljovic - que je considère comme un très grand - Gottfried Pott, Thomas Ingmire, Karlgeorg Hoefer, Albert Small, etc.

Grâce à eux j’ai compris que calligraphier c’est retrouver l’esprit de la lettre, du geste pour la tracer, c’est jouer avec l’espace et le temps, les formes et les rythmes, l’ombre et la lumière. Après avoir essayé différents outils, propre à la calligraphie, j’ai choisi de privilégier presque exclusivement le pinceau chinois que je manie, non pas à la verticale comme le font les chinois ou les Japonais, mais incliné, comme en Occident. Cela me permet de soigner la trace, jeu sans fin qui donne mille visages à la même lettre, créant ainsi son propre langage abstrait, mettant en mouvement le blanc fascinant du papier.

Je n’aime pas les outils plats ; plume, pinceau ou calame. Le pinceau chinois se prête à tout, instrument docile et complexe qui me mène au bout de moi-même. Je peux le mouvoir à mon gré dans toutes les directions, le faire danser sur la feuille, se tordre, s ‘envoler, s’aplatir, tracer un fil d’encre ténu, fragile, pour s’épanouir ensuite en courbes grasses et généreuses, monter, descendre, virevolter avec légèreté.

Au début, je notais dans un carnet spécial les textes qui m’inspiraient. Je les consultais très souvent, surtout certains d’entre eux, parce qu’ils définissaient assez bien ce que je ressentais. Je vous les livre en vrac : « Ecrire peu de mots dans un grand silence » Etty Hilsum (les mots doivent accentuer le silence). Un autre exemple de Chilida : « Le dialogue entre les formes, quelles qu’elles soient, est plus important, de beaucoup, que ces formes mêmes. » Baudelaire m’a séduit par cette phrase : « La poésie est ce qu’il y a de plus réel, c’est ce qui n’est complètement vrai que dans un autre monde. » et enfin ces mots de Guy Cadou : « J’écoute, c’est bien moi. »

La sélection que chacun fait de ses textes marque sa personnalité. Pour ma part, je ne les ai jamais calligraphiés, sauf celui de Paul Eluard : « Donne à la raison des ailes vagabondes. » Une première fois, j’ai écrit entièrement la phrase (pour moi c’était lisible). Finalement, je me suis contenté du seul « vagabondes », et c’est fou ce que ce mot peut donner de possibilité. Calligraphier, c’est donner une personnalité, une âme à la lettre, à travers un geste sans cesse renouvelé, varié à l’infini. Cent mille fois tracé, un même mot prendra cent mille formes différentes, envoutant, hypnotique.

Un autre truc que j’ai appliqué, c’est d’avoir deux classeurs. Dans un je range toute la série de modèles classiques et dans l’autre, je mets les calligraphies contemporaines qui me plaisent plus particulièrement. En feuilletant ce dernier classeur, encore et encore, chacun peut voir inconsciemment où il met la barre. Une bonne calligraphie est une calligraphie qui impose son espace, en dépit du format et quel que soit le médium utilisé.

Pour un nouveau défi et une exploration plus approfondie, depuis un ou deux ans, je me suis appuyé sur une langue et des caractères que je ne connaissais pas, ce qui m’a donné la possibilité et la liberté de pouvoir choisir, au hasard, les lettres ou les parties de lettres qui allaient servir à ma composition, sans souci du sens.

Aujourd’hui, bien que toutes ces formes procèdent de la lettre, j’aime bien qu’on ne les reconnaisse pas et cela me conduit jusqu’à faire des simulacres de taches ou bien encore à enchevêtrer les lettres au seul bénéfice de la composition et de l’équilibre. Il n’y a que le pinceau chinois qui me permette cette liberté dont je n’ai pas encore exploré et découvert toutes les facettes.

Par habitude et bien que cela ne soit pas un parti pris que je respecte systématiquement, je préfère installer les bases de ma composition avant de me préoccuper du fond. De cette manière, grâce aux propriétés couvrantes de la peinture acrylique, je peux privilégier certains traits qui sont très forts, les mettre en valeur et ainsi noyer les parties moins importantes dans le fond. Elles n’apparaissent plus alors qu’en filigrane, donnant texture et matière à l’ensemble.

« Musicien du silence » pour reprendre ces mots de Mallarmé qui me paraissent être la définition même du calligraphe. J’ai le bonheur immense de disposer d’un très grand atelier. J’y suis presque tous les jours parce que j’ai besoin de travailler beaucoup pour que la composition vienne spontanément. À chacun son rythme ! Mais l’important, comme le dit Oscar Wilde, « c’est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit ».

>[Roger Willems]

(1) Sincères remerciements de TEG à Sophie Verbeek, pour la transmission de ce très beau texte de Roger Willems pour tous les lecteurs du BdG.

   
 2/2/13  Lyon Type Display

[Type Display] Il y a mille manières d'amener le grand public à la typographie, pour leur éduquer l’œil et les sensibiliser à la lettre, sans quoi n'importe quelle daube plus ou moins exubérante ou gigotante les agréera et le monde deviendra à l'image de ce qu'ils préfèrent... autant dire que moi, dans ce cas, je préférerai habiter sur Mars ! Les éditions 205 font partie de ces studios qui ont une activité éducative du grand public, d'abord par certaines de leurs réalisations à prix accessible à tous, pour que chacun puisse en profiter mais aussi par leur participation aux manifestations autour de la lettre, plus il y a de monde, plus on en parle et plus le grand public peut être amené à découvrir les merveilles que ces jeunes typographes peuvent nous concocter.

C'est donc pour faire suite à un mail de Noël proposant un jeu des neuf familles typographiques que je vous conseille, que j'ai reçu l'autre jour un mail de début d'année annonçant la tenue à Lyon d'un événement autour de la lettre "Type Display". Bon, autant vous avertir tout de suite, je ne sais pas ce que fera Marseille capitale de la Culture autour de la typographie, mais là Lyon frappe vite et fort. Car dès le 4 février prochain, nombre d'expositions, de résidences, de conférences, de rencontres et autres monstrations de belles typographies sont au rendez-vous jusqu'au 6 avril, et ce dans toute la région puisqu'aussi bien Saint Étienne sera de la partie. Les galeries, les (nombreuses) librairies lyonnaises et les Beaux Arts ne sont pas en reste en hébergeant une partie de ces événements. Les noms des participants sont trop nombreux pour tous les citer, et si j'en oublie je vais me créer des inimitiés, mais sachez que tout le gratin de la typographie, et surtout la jeune génération, sera au rendez-vous.

Notez vite sur votre agenda les différentes manifestations organisées pour cet événement, vous trouverez tous les renseignements sur leur page Facebook qui pour une fois ne vous demande pas d'entrer dans la secte pour avoir accès à l'information !

>[Eudes Sancinque] 

PS : FLASH SPÉCIAL ! L'émission « Empreintes sur TV5 avec Fabienne Verdier est visible quelques jours seulement sur Pluzz ! Si vous ne l'avez pas vue en «Live », n'attendez pas qu'elle parte à l'INA et cliquez vite ici !!! Et merci au lecteur du BdG qui m'a fait passer l'info !

   
 
 
 

 
 

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